Afrique subsaharienne : les prévisions de la BERD pour 2026
La croissance des économies d’Afrique subsaharienne financées par la BERD devrait ralentir en 2026.
Selon le rapport Regional Economic Prospects publié le 3 juin par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, les six pays africains où l’institution intervient — le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria, le Kenya et le Sénégal — devraient enregistrer une croissance moyenne de 4,7 % en 2026, contre 5,2 % en 2025.Cette décélération est attribuée à plusieurs facteurs, notamment la hausse des prix de l’énergie, les perturbations du commerce mondial liées au conflit au Moyen-Orient et la faiblesse des investissements au Sénégal. Une légère reprise est toutefois attendue en 2027, avec une croissance moyenne projetée à 4,8 %, soutenue par les investissements et les secteurs extractifs.Le Bénin conserve la têteLe Bénin devrait demeurer l’économie la plus dynamique du groupe avec une croissance de 7 % en 2026, après 8,1 % en 2025. Les performances du pays reposent sur la vigueur de la construction, de l’agriculture, de l’industrie manufacturière et des services. L’amélioration des finances publiques et le recul de l’inflation renforcent également les perspectives, même si les défis sécuritaires dans les régions frontalières du nord demeurent une source de préoccupation.La Côte d’Ivoire maintient un rythme soutenuLa croissance ivoirienne devrait atteindre 6,1 % en 2026 avant de remonter à 6,5 % en 2027. L’économie continue de bénéficier du dynamisme de l’agriculture, du secteur de la construction et des exportations. Les efforts de mobilisation fiscale ont permis de ramener le déficit budgétaire au seuil communautaire fixé par l’UEMOA, tandis que l’inflation reste globalement maîtrisée.Le Sénégal face à un net ralentissementLe Sénégal apparaît comme le pays connaissant la plus forte décélération. Après une croissance de 6,7 % en 2025 portée par la production du champ pétrolier Sangomar, l’économie devrait ralentir à 2,5 % en 2026 puis à 2,7 % en 2027.Si les exportations d’hydrocarbures ont contribué à réduire les déficits extérieur et budgétaire, le niveau élevé de la dette publique et les interrogations liées aux finances publiques continuent de peser sur les perspectives. La récente dégradation de la notation souveraine du pays par Standard & Poor’s illustre ces préoccupations.Ghana, Kenya et Nigeria : des trajectoires contrastéesAu Ghana, la croissance devrait ralentir à 5 % en 2026 et 2027 après avoir atteint 6 % en 2025. Les difficultés persistantes du secteur cacaoyer et les incertitudes internationales devraient peser sur l’activité, malgré les effets positifs attendus d’une inflation plus faible et d’un cedi plus stable.Le Kenya devrait maintenir une croissance de 4,6 % en 2026 avant une légère accélération à 4,9 % en 2027. Les secteurs des services, de la construction et des mines devraient continuer de soutenir l’activité économique.Au Nigeria, la croissance est attendue à 4,1 % en 2026 contre 4 % l’année précédente. La résilience des secteurs non pétroliers et la stabilité de la production d’hydrocarbures soutiennent les perspectives, même si l’inflation et les incertitudes électorales demeurent des facteurs de risque importants.Selon la BERD, les économies concernées restent globalement résilientes, mais demeurent exposées aux tensions géopolitiques, à la volatilité des matières premières et aux pressions budgétaires qui pourraient freiner leur dynamique de croissance au cours des prochaines années.**related_articles[21968- Croissance : Abidjan affiche ses ambitions]**