Profession d’avocat : Rabat maintient la grève, Casablanca s’en démarque
Alors que l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) a décidé de prolonger l’arrêt des prestations professionnelles jusqu’à nouvel ordre, le barreau de Rabat a annoncé son adhésion au mouvement, réaffirmant son attachement à « l’unité du corps professionnel ». À l’inverse, le barreau de Casablanca a choisi de poursuivre l’exercice normal de ses activités.
Réuni dimanche 21 juin en session extraordinaire, le Conseil de l’Ordre des avocats de Rabat a indiqué, dans un communiqué, se conformer à la décision de l’ABAM de poursuivre le boycott des prestations professionnelles. Cette position intervient à l’issue de « discussions approfondies » marquées, selon le texte, par « la clarté, le sens des responsabilités et une prise de conscience de l’ampleur des défis auxquels est confrontée la profession ».Dans son communiqué, le Conseil affirme avoir évalué de manière détaillée les différentes formes de mobilisation engagées par l’Association des barreaux du Maroc, ainsi que de leur efficacité et de leur capacité à préserver la cohésion de la profession dans cette phase jugée décisive du processus législatif.Saluant la décision du bureau de l’ABAM de maintenir sa grève, le barreau de Rabat a souligné son adhésion à cette démarche relevant de sa volonté de « renforcer les liens de solidarité et de préserver l’unité du corps professionnel ». Qualifiant l’ABAM de « cadre historique » de la profession, le Conseil a insisté sur la nécessité d’adopter une méthodologie garantissant la cohésion des avocats et évitant les réactions dictées par « les pressions et contraintes des dernières étapes du processus législatif ».Aziz Rouibeh, le bâtonnier du barreau de Rabat, a par ailleurs appelé les avocats relevant de son ressort à poursuivre l’arrêt des prestations jusqu’à nouvel ordre. Le Conseil de l’Ordre a par ailleurs décidé de maintenir sa réunion ouverte « au regard de la sensibilité de cette étape ».Casablanca maintient l’activitéCette position tranche avec celle adoptée la veille par le Conseil de l’Ordre des avocats de Casablanca. Réuni en session extraordinaire le 20 juin, celui-ci a choisi de maintenir l’exercice normal de la profession tout en réaffirmant son respect des choix opérés par les autres barreaux, conformément au principe d’autonomie de chaque instance.Les membres du Conseil ont examiné les développements liés au projet de loi actuellement en discussion au Parlement et pris connaissance des conclusions de la réunion du bureau de l’ABAM du 19 juin. À l’issue de leurs travaux, ils ont confirmé leur décision de ne pas participer au mouvement de grève, tout en maintenant leur réunion ouverte afin de suivre l’évolution des débats au sein de la Chambre des conseillers.La fronde de l’ABAM Vendredi dernier, l’Association des barreaux du Maroc avait annoncé la poursuite du mouvement de grève lancé durant la semaine écoulée, estimant que celui-ci avait connu une large adhésion des avocates et avocats à travers le Royaume. L’ABAM a également exprimé ses inquiétudes quant à l’évolution du projet de loi et critiqué le ministre de la Justice pour avoir, selon elle, déplacé le débat vers des questions secondaires au détriment des dossiers liés à l’indépendance, à l’immunité et à l’autorégulation de la profession.L'association a en outre dénoncé ce qu’elle considère comme une remise en cause des accords précédemment conclus et appelé le Chef du gouvernement à intervenir afin de garantir leur respect, tout en annonçant le maintien de la mobilisation et de ses réunions ouvertes.