Festival Gnaoua d'Essaouira : une ouverture magistrale entre traditions, fusions et ferveur populaire
Lors du concert d'ouverture de la 27e édition du Festival Gnaoua d'Essaouira, Mehdi Nassouli a livré une prestation époustouflante en compagnie de la Troupe rawandaise i Buhoro sur la scène Moulay Hassan.

Sous les applaudissements des festivaliers, la 27e édition du Festival Gnaoua et Musiques du Monde a été officiellement lancée, jeudi 25 juin 2026, à Essaouira. De la traditionnelle parade inaugurale aux grandes fusions musicales de la scène Moulay Hassan, en passant par les concerts intimistes de Dar Souiri et Bayt Dakira, cette première soirée a offert un condensé de ce qui fait l'âme du festival : la rencontre entre les héritages gnaouis et les musiques du monde.

Dès la fin de l'après-midi, la médina d'Essaouira s'est transformée en une immense scène vivante. Fidèle à la tradition, la grande parade d'ouverture a réuni les Maâlems Gnaoua, leurs troupes, des artistes invités ainsi que des musiciens venus de plusieurs pays. Au rythme des qraqeb, des tambours et des chants, le cortège a serpenté dans les ruelles historiques de la cité des Alizés jusqu'à la place Moulay Hassan, où une foule compacte attendait le début des concerts.Cette procession festive, devenue l'un des moments emblématiques du festival, a une nouvelle fois donné le ton d'une édition placée sous le signe du dialogue des cultures et du partage.Mehdi Nassouli ouvre le bal avec une création multiculturellePremier temps fort de la soirée sur la scène Moulay Hassan, le Maâlem Mehdi Nassouli a proposé une création originale illustrant parfaitement l'esprit du Festival Gnaoua. Entouré de la Troupe rawandaise i Buhoro, de la chanteuse marocaine Sara Moullablad, de la vocaliste indienne Ganavya et du flûtiste irlandais Sylvain Barou, il a donné naissance à une fusion où les rythmes gnaouis ont dialogué avec les traditions musicales africaines, nordiques, indiennes et celtiques.Une performance riche en émotions, où le guembri, les voix et les instruments traditionnels ont construit un langage musical universel.Une succession de concerts entre héritage et ouvertureLa soirée s'est poursuivie avec le concert du Maâlem Mohamed Kouyou, qui a replongé le public dans la profondeur spirituelle et festive du répertoire gnaoui, avant de laisser place au groupe Badume's Band et à la chanteuse éthiopienne Selamnesh Zéméné.Leur prestation, nourrie de sonorités africaines contemporaines et d'influences traditionnelles, a préparé le terrain pour une nouvelle rencontre artistique : la fusion entre le Maâlem Mohammed Montari et Badume's Band, accompagnés de Selamnesh Zéméné. Une création où les rythmes gnaouis se sont mêlés aux musiques d'Afrique de l'Ouest et aux chants éthiopiens dans un dialogue musical intense.Pour clôturer cette première grande soirée sur la scène Moulay Hassan, le groupe Hoba Hoba Spirit a livré un concert explosif, enchaînant ses titres les plus populaires dans une ambiance électrique. Le public, conquis, a repris en chœur les refrains du groupe casablancais, concluant cette ouverture sur une note résolument festive.Des nuits gnaouies plus intimistes à Dar Souiri et Bayt DakiraÀ partir de 23 heures, le festival s'est poursuivi dans une atmosphère plus recueillie avec les traditionnels concerts Gnaoua organisés dans des lieux patrimoniaux de la ville.À Dar Souiri, le Maâlem Abdelkader Haddada a ouvert la soirée avant de céder la place au Maâlem Abdenbi El Gadari, offrant au public des performances ancrées dans la tradition authentique du répertoire gnaoui.À Bayt Dakira, les festivaliers ont assisté au concert du Maâlem Khalid Izoubaz, suivi d'une prestation du Maâlem Taieb Dhibi, dans le cadre intimiste de ce haut lieu du dialogue des cultures.Ces concerts nocturnes ont permis aux amateurs de vivre une expérience plus proche de l'esprit originel des lila, dans une ambiance propice à l'écoute et à la transmission.Une première soirée fidèle à l'esprit du Festival GnaouaEntre la ferveur populaire de la parade, les créations inédites réunissant artistes marocains et musiciens internationaux, les concerts des Maâlems et les performances plus intimistes proposées jusque tard dans la nuit, cette soirée inaugurale a parfaitement incarné la philosophie du Festival Gnaoua et Musiques du Monde.Pour cette 27e édition, Essaouira confirme une nouvelle fois son statut de carrefour des cultures, où les traditions séculaires continuent de dialoguer avec les expressions musicales contemporaines, offrant au public une expérience artistique aussi singulière qu'universelle.