Brahim Benjelloun Touimi : «Passer d’une culture de la publication à une culture du dialogue»

Organisé par Bourse News, le premier Symposium de l’information financière s’est tenu mercredi 1er juillet 2026 au Hyatt. Dans son allocution, Brahim Benjelloun-Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, a plaidé pour une communication financière plus lisible, plus prospective et davantage tournée vers le dialogue avec les investisseurs.

La modernisation du marché financier marocain ne peut pas reposer uniquement sur de nouvelles infrastructures. Elle suppose aussi une évolution des pratiques de communication, de gouvernance et de relation avec les investisseurs. C’est l’un des principaux messages portés par Brahim Benjelloun-Touimi, président du Conseil d’administration de la Bourse de Casablanca, à l’occasion du premier Symposium de l’information financière, organisé par Bourse News, mercredi 1er juillet 2026 au Hyatt.Dans son allocution, Brahim Benjelloun-Touimi a d’abord salué l’initiative de Bourse News, estimant que ce rendez-vous « répond à une véritable attente » de l’écosystème. La présence de responsables du Trésor et des Finances extérieures, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux, de l’ACAPS, de la Supervision bancaire et de la Bourse de Casablanca situe la portée du débat. Il s’agit moins d’un exercice de communication institutionnelle que d’une réflexion sur les standards attendus d’un marché appelé à gagner en profondeur, en lisibilité et en attractivité.Le propos intervient dans une séquence de transformation pour la place casablancaise. Brahim Benjelloun-Touimi a rappelé le lancement du Marché à Terme, la mise en service de la Chambre de Compensation en avril 2026 et, plus largement, la modernisation des infrastructures de marché. Ces avancées marquent, selon lui, une étape importante du développement de la Bourse de Casablanca. Mais elles ne sauraient suffire à elles seules.C’est là que se situe le cœur de son intervention. La communication financière, a-t-il souligné, est désormais « bien davantage qu’un simple exercice de conformité ». Elle constitue, selon ses termes, « un levier stratégique de création de valeur et de confiance ». Un marché financier ne vit donc pas seulement de résultats solides ou de bilans robustes. Il dépend aussi de la qualité du dialogue entre les entreprises et les investisseurs.Cette exigence implique un changement de posture. La communication financière doit être plus prospective. Elle doit partager des objectifs crédibles, des hypothèses explicites et une vision de moyen terme. Brahim Benjelloun-Touimi a également insisté sur le trilinguisme, en arabe, en français et en anglais, appelé à devenir un standard. Il a résumé cette exigence autour de quatre qualités. Une communication financière exemplaire doit être « claire, concise, cohérente et crédible ».Le discours a aussi élargi le sujet aux dimensions environnementales, sociales et de gouvernance. Pour Brahim Benjelloun-Touimi, l’ESG ne doit plus être perçu comme une contrainte supplémentaire, mais comme « un véritable récit de création de valeur ». Il a cité, dans ce cadre, la transition énergétique du Maroc, son engagement en faveur du développement durable, la finance inclusive et la présence de groupes marocains sur le continent africain.À l’approche de 2030, il a estimé que la reclassification du Maroc par MSCI en tant que marché émergent devait intervenir « dans les meilleurs délais ». L’objectif est présenté comme un chantier technique, mais aussi comme un projet de transformation culturelle. D’où la formule qui donne son titre à cet article. Le principal défi, a-t-il affirmé, est de « passer d’une culture de la publication à une culture du dialogue, d’une logique de conformité à une logique de conviction, d’une communication défensive à une communication créatrice de confiance ».Cette phrase résume la portée de l’intervention. Elle ne se limite pas à appeler les émetteurs à publier davantage. Elle les invite à mieux expliquer, à mieux anticiper et à mieux construire la relation avec le marché. Dans cette logique, Brahim Benjelloun-Touimi a défendu l’idée d’une Bourse de Casablanca appelée à devenir une plateforme permanente de dialogue, de pédagogie et de diffusion des meilleures pratiques.Son vœu est que ce Symposium devienne un rendez-vous annuel de référence de la communication financière au Maroc. L’ambition, désormais, sera de traduire cette exigence dans les pratiques des émetteurs et des acteurs du marché. Car l’information financière ne gagne en valeur que lorsqu’elle cesse d’être seulement publiée pour devenir comprise, partagée et discutée.**related_articles[21486-Rencontres de l’Université Euromed à Fès. Brahim Benjelloun Touimi projette Casablanca en hub africain de confiance pour l’IA]**