L’Afrique s’impose comme nouveau hub mondial des data centers 

Les investissements dans les data centers en Afrique devraient augmenter de 8,76 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2031, selon un rapport publié le 24 juin 2026 par le cabinet Arizton Advisory & Intelligence.

Cette dynamique est portée par l’essor de la connectivité, la généralisation du cloud et de l’intelligence artificielle (IA), la demande croissante de traitement local des données, ainsi que les investissements dans les énergies renouvelables et les câbles sous-marins.Intitulée « Africa Data Center Market Landscape 2026–2031 », l’étude indique que ce marché connaîtra une croissance annuelle moyenne de 15,76 %. Le segment de la colocation se démarquera particulièrement avec un taux de croissance estimé à 23,74 %, les entreprises privilégiant des infrastructures flexibles et neutres vis-à-vis des opérateurs.Les investissements resteront concentrés dans les principaux hubs que sont l’Afrique du Sud, le Kenya, le Nigeria et l’Égypte, qui bénéficient d’écosystèmes numériques avancés, d’une connectivité internationale solide et d’une forte demande en services cloud. L’Égypte apparaît comme l’un des marchés les plus attractifs du continent, avec des coûts de construction estimés entre 8 et 10 dollars par watt.Parallèlement, de nouveaux pôles émergent en Afrique du Nord et subsaharienne. Le Maroc et la Tunisie attirent l’attention grâce à leur proximité avec l’Europe et leur rôle stratégique dans les câbles sous-marins. D’autres pays comme le Ghana, le Mozambique, le Gabon ou encore l’Éthiopie devraient, à eux seuls, capter environ 1,36 milliard de dollars d’investissements d’ici 2031.La montée en puissance de l’IA, du machine learning, du big data et de l’Internet des objets accélère également la demande en infrastructures dites « AI-ready ». Plusieurs géants technologiques, dont Microsoft et Google, investissent massivement dans ces capacités en Afrique.Cette évolution entraîne aussi une transformation technique des infrastructures. Les data centers, désormais conçus pour des charges de travail intensives basées sur les GPU, nécessitent de nouveaux systèmes de refroidissement, notamment par liquide ou immersion, afin de gérer des densités énergétiques de plus en plus élevées.L’énergie devient un enjeu central. Face à la hausse des besoins, les opérateurs se tournent vers les énergies renouvelables comme le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité afin de réduire les coûts et sécuriser l’alimentation des infrastructures.Enfin, le développement des câbles sous-marins renforce la position stratégique de plusieurs pays africains. L’Égypte, avec ses 17 câbles opérationnels, s’impose comme un hub majeur reliant l’Afrique à l’Europe, au Moyen-Orient et à l’Asie. Le Kenya et d’autres pays renforcent également leur connectivité. Les pannes enregistrées en Afrique de l’Ouest en 2024 ont mis en évidence l’importance cruciale de la redondance des réseaux, désormais devenue un critère déterminant pour les investisseurs.**related_articles[22246- Cloud, IA, données : le virage technologique de l’Égypte]**