La soirée de vendredi à Jazzablanca a tenu toutes ses promesses. Entre la pop-rock latino de Juanes et les retrouvailles très attendues de Lauryn Hill et Wyclef Jean, Anfa Park a vécu deux concerts aux identités radicalement différentes mais complémentaires. D'un côté, une célébration lumineuse des grands classiques latino-américains ; de l'autre, un voyage entre hip-hop, soul, reggae et mémoire des Fugees, porté par une distribution familiale et générationnelle qui a marqué l'un des temps forts de cette 19e édition.
Il y a des soirées qui résument à elles seules l'esprit d'un festival. Celle de vendredi à Jazzablanca appartient à cette catégorie. En réunissant la star colombienne Juanes puis Ms. Lauryn Hill et Wyclef Jean, accompagnés de YG Marley et Zion Marley, le festival a proposé un véritable dialogue entre les continents, les générations et les styles musicaux. Une programmation ambitieuse qui a transformé Anfa Park en immense carrefour des musiques du monde.
Juanes en parfaite communion avec un public nostalgique à Jazzablanca.
La soirée s'est ouverte avec Juanes, fidèle à la réputation qui en fait l'un des ambassadeurs les plus populaires de la musique colombienne. Guitare en bandoulière, l'artista a rapidement installé une atmosphère chaleureuse, alternant énergie rock et mélodies latines. Les premiers accords de ses titres emblématiques ont immédiatement trouvé un écho auprès d'un public qui chantait en chœur, créant cette proximité qui caractérise les concerts de l'artista.Sans artifices superflus, Juanes a privilégié la musique. Son groupe, parfaitement en place, a déroulé un répertoire où les rythmes colombiens se mêlent au rock et à la pop, avec cette capacité à passer d'un morceau festif à une ballade plus intimiste sans jamais rompre le lien avec la foule. Les refrains de La Camisa Negra, A Dios le Pido, Es por Ti ou encore Me Enamora ont suscité les plus fortes ovations, dans une ambiance où l'on dansait autant que l'on chantait.Lauryn Hill et Wyclef Jean, entre héritage et transmission
Après cette première partie baignée de chaleur latino, Jazzablanca a changé de décor.L'arrivée de Ms. Lauryn Hill et de Wyclef Jean constituait l'un des rendez-vous les plus attendus de cette édition. Annoncée comme un événement exceptionnel, leur prestation marquait leur première apparition commune au Maroc dans le cadre du festival, avec la participation de YG Marley et Zion Marley.
L'énergie des Fugees ressuscitée par Lauryn Hill et Wyclef Jean sous le ciel de Jazzablanca-2026.
Le changement d'atmosphère a été immédiat. Là où Juanes privilégiait la fluidité et les refrains fédérateurs, Lauryn Hill a imposé une intensité plus brute, alternant soul, hip-hop et reggae. Sa voix, toujours singulière, a porté les morceaux qui ont fait d'elle une référence de la musique contemporaine, tandis que Wyclef Jean apportait son énergie communicative, multipliant les interactions avec le public et insufflant une dimension festive à l'ensemble.Les moments les plus marquants sont venus lorsque les deux artistes se sont retrouvés côte à côte, réveillant l'héritage des Fugees. Sans chercher à reproduire le passé, ils ont rappelé pourquoi leur association demeure l'une des plus marquantes de l'histoire du hip-hop et du R&B. Chaque apparition commune a été accueillie avec enthousiasme par un public conscient d'assister à une réunion rare.
Lauryn Hill, l'icône soul et hip-hop en majesté à Jazzablanca 2026.
La présence de YG Marley et de Zion Marley a, elle aussi, donné une coloration particulière au spectacle. Les deux représentants de la nouvelle génération ont prolongé l'héritage musical de leurs familles respectives en insufflant une énergie plus contemporaine, reliant reggae, hip-hop et soul dans une même dynamique.Au-delà des performances individuelles, cette soirée a surtout illustré la philosophie de Jazzablanca : faire cohabiter des univers artistiques qui, sur le papier, semblent éloignés mais qui, sur scène, se répondent naturellement. De la pop-rock latino de Juanes aux sonorités afro-américaines de Lauryn Hill et Wyclef Jean, le public a voyagé sans quitter Casablanca.
Lauryn Hill, entre émotion brute et puissance musicale. Jazzablanca 2026.
Vendredi, Anfa Park n'a pas seulement accueilli deux concerts. Il a offert deux façons de raconter la musique : l'une solaire, portée par les hymnes populaires de Juanes ; l'autre plus introspective et engagée, nourrie par l'héritage de Lauryn Hill, l'énergie de Wyclef Jean et la relève incarnée par les Marley. Une soirée dense, généreuse et résolument internationale, qui s'inscrit parmi les grands moments de cette édition 2026 de Jazzablanca.