Santé numérique : le Maroc lance le dossier médical national
Le gouvernement vient d'adopter un projet de loi qui pose les bases d'un système national intégré d'information sanitaire. Dossier médical partagé, identifiant national de santé, plateforme centralisée des données et création d'une agence dédiée : cette réforme entend connecter l'ensemble des acteurs du secteur pour améliorer la qualité des soins, fluidifier les parcours des patients et renforcer le pilotage du système de santé.
Le Maroc vient de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son système de santé. Réuni le 22 juillet 2026 sous la présidence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi n°05.26 relatif au système national intégré d'information sanitaire. Un texte qui pose les bases de la future architecture numérique du secteur et qui ambitionne de connecter l'ensemble des acteurs de la santé autour d'une même plateforme.Présenté par le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, ce projet s'inscrit dans la continuité de la réforme engagée du système national de santé. Au-delà de la simple digitalisation des procédures, il marque la volonté de faire des données de santé un véritable levier d'amélioration de la qualité des soins, de pilotage des politiques publiques et d'optimisation des parcours des patients.Une infrastructure unifiéeSi aujourd'hui, les établissements de santé fonctionnent avec des systèmes d'information souvent fragmentés, peu compatibles entre eux et ne permettant pas une circulation fluide des données, le nouveau projet de loi entend mettre fin à cette dispersion. Ceci en créant un système national intégré qui servira de référentiel unique pour la collecte, la gestion et le partage des informations médicales.Cette infrastructure reposera sur plusieurs piliers : une plateforme nationale centralisant les données de santé, un dossier médical partagé accessible tout au long du parcours du patient, un identifiant national de santé permettant d'assurer une identification unique des usagers, ainsi qu'un système d'information hospitalier unifié pour les établissements publics.Objectif ? Permettre aux professionnels de santé d'accéder aux informations dont ils ont besoin, au bon moment, tout en garantissant la continuité des soins et une meilleure coordination entre les différents intervenants.Mieux exploiter les donnéesAu-delà de l'interconnexion des systèmes, le texte met l'accent sur la gouvernance et la sécurisation des données de santé, particulièrement sensibles. Ce projet de loi vise à instaurer un cadre juridique destiné à garantir la confidentialité, l'intégrité et la sécurité des informations personnelles, tout en facilitant leur exploitation à des fins de planification sanitaire et d'aide à la décision.L'enjeu est double : améliorer la qualité des services rendus aux citoyens grâce à des données plus fiables, mais aussi doter les pouvoirs publics d'outils permettant d'anticiper les besoins, d'allouer plus efficacement les ressources et de piloter les politiques de santé sur la base d'indicateurs consolidés.Une agence dédiéeLe projet prévoit également la création de l'Agence nationale de la numérisation du système de santé. Dotée de la personnalité morale et de l'autonomie financière, cette nouvelle structure sera chargée de mettre en œuvre la stratégie nationale de santé numérique.Sa mission ? Assurer la conception, le déploiement, l'exploitation et l'évolution du système national intégré d'information sanitaire. L’agence accompagnera également les établissements de santé publics et privés dans leur raccordement à cette nouvelle infrastructure et veillera à assurer l'interopérabilité entre les différents systèmes existants.