Prix du Maroc du Livre 2025 : les voix de l’excellence littéraire récompensées
La 56ᵉ édition du Prix du Maroc du Livre a consacré, jeudi à Rabat, les auteurs, chercheurs et traducteurs qui se sont distingués par la qualité et la portée de leurs œuvres. Organisée par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, cette cérémonie a mis en lumière la richesse de la production intellectuelle marocaine et confirmé le rôle de cette distinction comme référence incontournable du paysage culturel national.
Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a procédé, jeudi à Rabat, à la remise des Prix du Maroc du Livre au titre de l’année 2025. Rythmée par des prestations musicales et des lectures d’extraits des ouvrages récompensés, la cérémonie s’est déroulée en présence du ministre Mohamed Mehdi Bensaid ainsi que de nombreuses personnalités du monde de la culture, des lettres et des arts.À cette occasion, le président du jury, Abdallah Saaf, a rappelé que le Prix du Maroc du Livre s’est imposé, au fil des décennies, comme une institution solidement ancrée dans le paysage culturel national. Il a souligné que les procédures de sélection et d’évaluation, fondées sur la rigueur, la transparence et l’indépendance des jurys, contribuent à renforcer la crédibilité et la portée symbolique de cette distinction.Le président du jury a également salué le travail des différentes commissions sectorielles, qui ont examiné avec compétence et impartialité les 162 ouvrages en lice, représentant une diversité de disciplines et d’expressions littéraires.Une moisson de talentsLe Prix du Maroc de la poésie a été attribué ex æquo à Mokhlis Saghir pour son recueil Al-Ard Al-Mawboo'ah (La Terre pestiférée), publié par l’Institution arabe des études et de l’édition à Beyrouth, et à Mounir Serhani pour Nasita hidha'aka ya abi (Papa, tu as oublié tes chaussures), publié aux éditions Khotoot Wa Dilal à Amman.Dans la catégorie récit et narration, les honneurs sont revenus, également ex æquo, à Anis Al-Rafei pour son roman Jamee'uhum yatakallamoona min famee (Ils parlent tous en mon nom) et à Jamal Bendahmane pour Mihnat Ibn Al-Lisan (L’Épreuve d’Ibn Al-Lisan).Le Prix du Maroc des sciences humaines a distingué Abdelkader Mellouk pour son étude consacrée à la philosophie de Moïse Maïmonide et à l’influence de la pensée islamique, ainsi que Brahim Mjidila pour son ouvrage consacré à l’humanisme dans le personnalisme de Mohamed Aziz Lahbabi. Les deux ouvrages ont été publiés par le Centre arabe de recherches et d’études politiques à Beyrouth.Le Prix des études littéraires, artistiques et linguistiques a été décerné à Abdelali Demiani pour son ouvrage Le discours de l’altérité dans le récit de voyage français au Maroc (tomes I et II), publié par les éditions Al Madariss à Casablanca.Dans la catégorie traduction, Jamal Abernous a été récompensé pour sa traduction en arabe de l’ouvrage Essai sur la littérature des Berbères d’Henri Basset, publiée par l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM).Une reconnaissance de la diversité culturelleLe Prix des études dans le domaine de la culture amazighe a été attribué à Fatima Chibli pour son ouvrage L’assimilation des coronales dans le parler amazighe des Ayt Sgougou (Moyen-Atlas), publié par l’IRCAM.Le Prix de la littérature amazighe est revenu à Salah Ait Salah pour son roman Sept couleurs du ressentiment, publié par l’association Tirra (Alliance des écrivains en amazighe), saluant ainsi la vitalité de la création littéraire dans cette langue.Quant au Prix de la littérature pour enfants et adolescents, il a été décerné ex æquo à Abdelatif Ait Nila pour L’aiguille d’or lugubre et d’autres histoires, publié par l’Association Afaq à Marrakech, et à Ahmed Sbiaa pour Un album photo vide, paru chez Dar Shaan à Amman.En revanche, le jury a choisi de ne pas attribuer le Prix du Maroc des sciences sociales au titre de cette édition.Une institution au service du rayonnement culturelLes commissions sectorielles étaient présidées par Hassan Mekhafi (poésie), Chouaib Halifi (récit et narration), Ahmed Chaouki Binebine (sciences humaines), Idriss El Karoui (sciences sociales), Noureddine Zouitni (traduction), Hassan Bahraoui (études littéraires, artistiques et linguistiques), Karim Bensoukas (littérature et études amazighes) et Abdessamia Bensaber (littérature pour enfants et adolescents).À travers cette 56ᵉ édition, le Prix du Maroc du Livre confirme sa vocation de promouvoir l’excellence intellectuelle, d’encourager la création sous toutes ses formes et de faire rayonner une scène éditoriale marocaine riche de sa pluralité linguistique, culturelle et artistique.