Le Maroc présidera la nouvelle union arabe de l’énergie et des mines
La création de l'AUEM marque une nouvelle étape dans la coopération arabe, avec l'ambition de renforcer les investissements, la sécurité énergétique et le développement des secteurs de l'énergie et des mines.

Face aux nouveaux enjeux énergétiques mondiaux, le secteur privé arabe se dote d'une nouvelle structure de coopération. Lancée à Rabat, l’Union Arabe de l’Énergie et des Mines sera présidée par le Maroc, avec un siège permanent installé à Casablanca.

Réunis à Rabat, des représentants du secteur privé de plusieurs pays arabes ont officialisé la création de l’Union Arabe de l’Énergie et des Mines (AUEM), une organisation indépendante appelée à devenir une plateforme de concertation, d’investissement et de coopération régionale.L’assemblée générale constitutive a rassemblé des dirigeants d’entreprises, des experts et des décideurs économiques venus de plusieurs pays arabes. À l’issue des travaux, les membres fondateurs ont adopté les statuts de l’organisation, dévoilé sa feuille de route stratégique pour la période 2026-2030 et procédé à l’élection de sa gouvernance. Le Maroc a été choisi pour assurer la présidence de cette nouvelle Union, tandis que le secrétariat général sera confié à un représentant de la République arabe d’Égypte.Une réponse aux nouveaux enjeux énergétiquesPour Salah Eddine El Badri, président de l’Union Arabe de l’Énergie et des Mines, cette initiative répond avant tout aux profondes transformations que connaît aujourd’hui le secteur énergétique. « Nous avons finalisé l’assemblée générale de création de l’Union Arabe de l’Énergie et des Mines. Elle rassemble plusieurs intervenants du secteur privé dans un domaine hautement stratégique », a-t-il déclaré.Selon lui, les tensions géopolitiques et les mutations que traverse actuellement la région arabe ont convaincu les opérateurs économiques de créer un cadre permanent de concertation. « Les acteurs arabes ont décidé de créer un rassemblement sectoriel du secteur privé afin de renforcer la coopération dans l’énergie et les mines », explique-t-il. L’organisation réunit ainsi des entreprises majeures opérant dans les secteurs pétrolier, gazier, minier et des énergies renouvelables.Pourquoi le Maroc ?Le choix du Royaume ne relève pas du hasard. Les membres fondateurs ont mis en avant la stabilité du pays, son positionnement géographique ainsi que son rôle croissant dans la transition énergétique. « Ils ont choisi le Royaume du Maroc grâce à sa position dans ce secteur stratégique », souligne Salah Eddine El Badri.L'Union installera d'ailleurs son siège régional à Casablanca, qui accueillera également un bureau permanent chargé de coordonner les activités de l'organisation.Cette décision s'inscrit dans la continuité de la stratégie marocaine en matière d'énergies renouvelables, d'hydrogène vert et de développement des filières minières, mais aussi de son rôle de passerelle entre le monde arabe et le continent africain.Au-delà de son rôle institutionnel, l'Union ambitionne de devenir un véritable centre de réflexion et d'action au service des entreprises arabes. « L'objectif principal est de créer des partenariats stratégiques entre les pays arabes afin de renforcer la coopération et les échanges dans les secteurs de l'énergie et des mines », insiste le président de l'Union.Priorités stratégiquesLa feuille de route 2026-2030 de l'Union s'articule autour de plusieurs priorités stratégiques : stimuler les investissements arabes et internationaux, accélérer la transition énergétique à travers le développement des énergies renouvelables et de l'hydrogène vert, moderniser les filières minières selon les standards internationaux, encourager la recherche, l'innovation et le transfert de technologies, tout en renforçant la sécurité énergétique des pays arabes.L'AUEM entend également travailler avec les principales institutions régionales et internationales, parmi lesquelles la Ligue des États arabes, l'Organisation arabe pour le développement industriel, la Banque islamique de développement, la Banque africaine de développement ou encore l'Union africaine.En choisissant Casablanca comme siège et en confiant la présidence au Maroc, les membres fondateurs affichent leur volonté de faire de cette Union un instrument de coopération économique durable.