Révélations sur Hicham Jerando : un journaliste canadien dénonce le silence persistant des enquêteurs de son pays 

Des fuites d’Atlas Hacks mettent clairement en cause le "youtubeur" Hicham Jerando dans des relations directes avec des trafiquants de drogue, des circuits mafieux internationaux et des réseaux transnationaux de trafic de migrants. Le journaliste canadien spécialisé, Daniel Robson, interpelle ouvertement les autorités de son pays à travers une longue alerte parue le 29 août 2026 dans le média canadien Western Standard.

Comment expliquer qu’un tel volume de documents, d’enregistrements et de communications impliquant Hicham Jerando, qui opère depuis le Canada, puisse continuer à émerger sans réaction visible de la Gendarmerie royale du Canada ? C’est, en substance, la question que pose le journaliste canadien Daniel Robson dans une longue alerte publiée dans le Western Standard.

Alors que les autorités marocaines ont arrêté plusieurs individus présentés comme des relais ou intermédiaires d’un réseau gravitant autour de Hicham Jerando, aucune enquête fédérale comparable n’est, selon lui, apparue publiquement au Canada, s’étonne le journaliste indépendant, qui est spécialisé dans l'extrémisme, le crime organisé et les politiques de sécurité publique.

Robson rappelle les nombreuses révélations sur Hicham Jerando, issue d’une série de communications privées diffusées récemment par le groupe Atlas Hacks. Ces enregistrements montreraient le mis en cause entretenant, depuis le Canada, des relations avec des personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants au Maroc, recourant à des intermédiaires pour recueillir des informations, exercer des pressions et du chantage sur certaines cibles, organiser des paiements à l’étranger, entre autres.

Le journaliste décrit également un système dans lequel la plateforme du «youtubeur» Hicham Jerando sert les intérêts de trafiquants souhaitant affaiblir des concurrents. Des noms, photographies et informations ont été publiés dans ce cadre afin d’alimenter des campagnes publiques contre des rivaux, tandis que certains échanges évoqueraient des négociations financières pour interrompre des publications ou retirer des contenus.

Le volet financier retient particulièrement l’attention de l’auteur. Il cite notamment un arrangement portant sur 20 millions de centimes marocains, soit environ 30.000 dollars canadiens, dont le paiement aurait été dirigé vers un intermédiaire en Turquie et non directement vers Jerando au Canada. D’autres conversations évoquent même une rémunération indexée sur les profits d’activités de contrebande.

La Turquie apparaît aussi dans un autre pan du dossier. Selon les enregistrements évoqués par Robson, une partie des fonds provenant de personnes liées au trafic de drogue aurait été destinée à financer des dispositifs de passage clandestin de migrants vers l’Europe, notamment des Marocains et des Syriens.

Pour Daniel Robson, ces éléments suffisent à justifier une vaste enquête canadienne, portant notamment sur les communications de Jerando, ses circuits financiers, ses activités commerciales et ses éventuels liens avec le crime organisé.

L’auteur insiste d’autant plus sur cette absence de réaction que la GRC avait elle-même récemment qualifié le Maroc de partenaire important dans la lutte contre le crime organisé, le trafic de drogue, la fraude et la criminalité économique. Elle avait également rappelé que « le crime n’a pas de frontières ».

D’où la conclusion du journaliste : si les autorités canadiennes continuent de rester silencieuses alors que les autorités étrangères démantèlent des éléments d’un réseau présumé coordonné depuis leur territoire, le scandale, estime-t-il, ne concernera plus seulement Hicham Jerando, mais aussi les institutions canadiennes qui disposaient des informations et des moyens nécessaires pour agir, mais préfèrent encore garder le silence.**related_articles[22274-Le Canada doit clarifier]**