Blé tendre. Le Maroc réactive le soutien aux importations à partir du 16 septembre
Après une suspension estivale destinée à favoriser la commercialisation de la production nationale, le Maroc remettra en place, à partir du 16 septembre 2026, le mécanisme de restitution à l'importation du blé tendre meunier. Le dispositif restera en vigueur jusqu'au 31 décembre prochain.
Le Maroc s'apprête à rouvrir une nouvelle phase dans la gestion de son approvisionnement en blé tendre. L'Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) a annoncé la réactivation du mécanisme de restitution à l'importation du blé tendre destiné à la minoterie industrielle.Le dispositif entrera en vigueur le 16 septembre 2026 et se poursuivra jusqu'au 31 décembre 2026.Cette décision intervient après une période de suspension temporaire des aides à l'importation, mise en place durant l'été afin de donner la priorité à la collecte et à l'écoulement de la production céréalière nationale.À l'approche de l'automne, la priorité évolue. La reconstitution des stocks et l'approvisionnement des minoteries nécessitent une reprise progressive des importations, dans un contexte où le blé tendre reste une matière première essentielle pour la production de farine et, plus largement, pour l'approvisionnement du marché national.Un mécanisme destiné à accompagner les importateursLe système de restitution mis en place par l'ONICL constitue un mécanisme de compensation destiné à tenir compte de l'écart entre le coût d'acquisition du blé sur les marchés internationaux et les conditions d'approvisionnement du marché intérieur.Concrètement, le montant de la restitution peut être ajusté en fonction de l'évolution des cours internationaux et des coûts liés à l'importation. L'objectif est de permettre aux opérateurs — négociants, organismes stockeurs et minoteries — de sécuriser leurs approvisionnements tout en limitant l'impact des fluctuations des marchés internationaux sur la filière nationale.La réactivation du dispositif à partir de la mi-septembre devrait ainsi relancer les opérations d'achat à l'international pour répondre aux besoins des prochains mois.Malgré les efforts engagés pour renforcer la production céréalière nationale, le Maroc reste structurellement dépendant des marchés internationaux pour couvrir une partie de ses besoins, particulièrement lors des campagnes agricoles affectées par le déficit pluviométrique.Les prévisions disponibles pour la campagne 2026-2027 font état de besoins importants en importations de blé, avec des estimations autour de plusieurs millions de tonnes sur l'ensemble de la campagne.La question de l'approvisionnement dépasse ainsi la seule gestion des volumes. Elle implique également la constitution de stocks suffisants et la diversification des origines afin de réduire l'exposition aux fluctuations des prix et aux perturbations logistiques internationales.Une diversification des fournisseursPour sécuriser ses approvisionnements, le Maroc s'appuie traditionnellement sur plusieurs marchés fournisseurs.L'Europe, et notamment la France, demeure l'une des principales zones d'approvisionnement en raison de sa proximité géographique et de ses relations commerciales historiques avec le Royaume.Les pays de la région de la mer Noire, dont la Russie, occupent également une place croissante dans les échanges mondiaux de céréales et constituent une source potentielle d'approvisionnement pour les importateurs marocains.Le Maroc peut également se tourner vers d'autres origines, notamment américaines, en fonction de la disponibilité des céréales, des conditions de prix et des coûts de transport.Cette diversification permet aux opérateurs marocains d'arbitrer entre les différentes offres disponibles sur le marché mondial.