Élections du 23 septembre. L’Istiqlal décline son projet en cinq priorités
À l’approche du scrutin du 23 septembre 2026, le Parti de l’Istiqlal remet au centre du débat son projet politique et socio-économique. Pouvoir d’achat, emploi des jeunes, moralisation de la vie publique, renforcement des services publics et souveraineté stratégique : le manifeste du parti s’articule autour de cinq axes et d’une série de réformes couvrant aussi bien l’économie que les politiques sociales et institutionnelles.
À quelques semaines du scrutin du 23 septembre 2026, le Parti de l’Istiqlal (PI) présente une feuille de route structurée autour de cinq grands axes. Le programme défend une approche combinant soutien social, régulation économique, réforme de l’administration et renforcement de la souveraineté nationale dans plusieurs secteurs jugés stratégiques.Au total, le manifeste rassemble plusieurs dizaines de mesures qui ciblent aussi bien les ménages que les entreprises, les jeunes, les services publics et l’organisation de l’économie nationale.La famille et la cohésion sociale en première ligneLe premier axe du programme place la famille, la jeunesse et la préservation des valeurs culturelles au cœur des priorités du parti. Parmi les propositions avancées figure notamment l’octroi d'une aide pouvant aller jusqu'à 5.000 dirhams aux jeunes candidats au mariage, ainsi qu'un renforcement du soutien financier direct aux familles vulnérables.Le programme prévoit également un système de congé payé flexible pour la garde des enfants et des mesures fiscales portant sur les dépenses de scolarité.Sur le plan éducatif et culturel, le PI propose notamment le développement d'un projet baptisé « École de l'appartenance » ou Madrasat Al Intimaa, tout en mettant l'accent sur le renforcement de l'enseignement de l'arabe et de l'amazigh.La santé mentale figure également parmi les priorités affichées. Le parti préconise l'intégration des consultations psychologiques dans la couverture médicale obligatoire et la reconnaissance de l'addiction comme maladie chronique, avec le développement de l'addictologie comme spécialité médicale.Moralisation de la vie publique et lutte contre la renteLe deuxième axe s'attaque directement aux questions de gouvernance et de régulation économique.Le Parti de l'Istiqlal propose notamment l'adoption d'une loi spécifique sur les conflits d'intérêts, l'élargissement du champ de la déclaration du patrimoine et le renforcement du principe de responsabilité dans le cadre de la reddition des comptes.Le programme cible également les situations de concentration économique. Le parti envisage ainsi l'application d'un taux d'impôt sur les sociétés de 40% dans les situations de monopole, parallèlement à un renforcement des prérogatives du Conseil de la concurrence.Le soutien public aux entreprises serait, quant à lui, davantage conditionné à des engagements contractualisés.L'administration constitue un autre volet de cet axe. Le PI propose de simplifier les procédures en privilégiant le cahier des charges au système d'autorisation préalable et en renforçant l'application du principe selon lequel le silence de l'administration vaut accord.L'intelligence artificielle pourrait également être mobilisée pour évaluer et auditer la gouvernance des politiques publiques.Pouvoir d'achat et classe moyenne : la régulation au cœur des propositionsFace aux préoccupations liées au coût de la vie, le troisième axe du programme se concentre sur le pouvoir d'achat, la lutte contre la pauvreté et le soutien à la classe moyenne.Le parti propose notamment la création de sociétés régionales chargées de l'achat, du stockage et de la distribution de produits agricoles. L'objectif est d'améliorer l'organisation des circuits d'approvisionnement et de renforcer la régulation des marchés.Le manifeste prévoit également la mise en place d'un mécanisme national de suivi des marges bénéficiaires sur les produits de base.L'augmentation progressive du SMIG et des pensions de retraite fait également partie des propositions avancées. Sur la question du logement, le PI mise sur la mobilisation du foncier public pour favoriser la production de logements abordables à des prix maîtrisés. Le programme prévoit aussi une loi spécifique consacrée à l'urbanisme et à la construction en milieu rural.L'ensemble serait accompagné d'un « Contrat social de sortie de la pauvreté », reposant notamment sur une carte familiale unique. Le parti annonce également une stratégie visant à renforcer la classe moyenne à l'horizon 2031.Services publics : l'éducation, la santé et l'emploi des jeunesLe quatrième axe rassemble les propositions relatives aux services publics et à l'insertion professionnelle.Dans le domaine de l'éducation, le parti prévoit la création d'une plateforme nationale dédiée à l'apprentissage numérique et à l'intelligence artificielle. Le programme propose également un encadrement des frais de scolarité dans l'enseignement privé ainsi qu'un système numérique de mesure de la qualité des établissements.La santé constitue un autre chantier important. Le PI propose la création d'une Agence nationale des urgences, qui serait encadrée par une législation spécifique. Le programme prévoit également une meilleure organisation du parcours de soins autour du médecin référent et une révision des mécanismes de partenariat entre les secteurs public et privé.Pour l'emploi des jeunes, plusieurs programmes sont annoncés. Le dispositif Tajribati viserait à faciliter l'accès à une première expérience professionnelle, tandis que le programme Afaq serait destiné à accélérer l'insertion des jeunes.Le parti propose également un programme baptisé « 100.000 talents numériques », destiné à former et intégrer davantage de jeunes dans les métiers liés à l'économie numérique.La souveraineté comme fil conducteur économiqueLe dernier axe du manifeste porte sur la souveraineté nationale, appliquée à plusieurs secteurs considérés comme stratégiques. Le parti propose notamment la création d'une « boussole souveraine nationale », destinée à cartographier les dépendances du Maroc dans les secteurs sensibles.La préférence nationale figure également parmi les propositions économiques. Le PI envisage d'introduire un critère exigeant 30% de valeur produite au Maroc dans la commande publique.Dans le secteur de l'énergie, l'objectif affiché est de porter la part du contenu local des projets à 50% d'ici 2031.Le programme prévoit par ailleurs le développement d'une industrie nationale de défense ainsi que la création d'un pôle industriel consacré à la production de principes actifs et de vaccins.De l'eau à la diasporaLa sécurité alimentaire et la gestion de l'eau occupent également une place importante dans cette vision de la souveraineté. Le manifeste propose une loi-cadre sur le stockage stratégique des produits considérés comme vitaux, ainsi qu'un programme national consacré au développement des semences hybrides.La gestion des ressources hydriques repose, quant à elle, sur le principe affiché de « L'eau d'abord », qui devrait guider les arbitrages dans les secteurs consommateurs de ressources hydriques.Sur le plan international, le Parti de l'Istiqlal défend l'opérationnalisation du corridor Atlantique et propose la création d'une flotte marchande nationale.La diaspora marocaine constitue également un volet du programme avec l'idée d'une « Charte des Marocains du monde », destinée à renforcer la place des compétences et des investissements de la communauté marocaine à l'étranger dans la stratégie nationale.