À Salé, le cinéma au féminin prépare son grand rendez-vous
La 19e édition du Festival international du film de femmes de Salé aura lieu du 28 septembre au 3 octobre 2026.

Du 28 septembre au 3 octobre 2026, le Festival international du film de femme de Salé revient pour une 19e édition placée sous le signe de la création, du dialogue et de la réflexion sur la place des femmes dans le cinéma. Entre compétitions, hommages et rencontres, le rendez-vous entend une nouvelle fois faire de Salé un espace de regards croisés sur les mutations du septième art.

À l’approche de sa 19e édition, le Festival international du film de femmes de Salé (FIFFS) s’apprête à retrouver les écrans de la ville du 28 septembre au 3 octobre 2026. Organisé par l’Association Bouregreg, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le festival poursuit une aventure engagée depuis 2004 autour d’une question centrale : quelle place le cinéma accorde-t-il aux femmes, devant comme derrière la caméra ?Cette nouvelle édition intervient dans la continuité d’un festival qui a progressivement élargi son champ de réflexion. Au-delà de la célébration des réalisatrices, comédiennes, productrices et professionnelles du secteur, le FIFFS s’est imposé comme un espace de discussion sur les représentations, les rapports de genre et les conditions de création dans l’industrie cinématographique.Un festival qui veut élargir les regardsPour cette 19e édition, l’organisation annonce la volonté de poursuivre l’ouverture du festival sur son environnement, en explorant les évolutions du cinéma contemporain et les questions liées à la condition des femmes dans le septième art.Le festival entend notamment offrir une plateforme de rencontres aux cinéastes venues du monde arabe, d’Afrique et d’autres horizons internationaux. L’objectif est de favoriser les échanges autour des réalités professionnelles, des expériences de création et des représentations féminines à l’écran.Cette orientation prolonge l’identité du FIFFS : faire du cinéma non seulement un objet artistique, mais également un outil de réflexion sur les transformations sociales et culturelles.Des compétitions au cœur de l’événementLa compétition constitue traditionnellement l’un des principaux moteurs du festival. Le FIFFS distingue notamment les œuvres de fiction et les documentaires, tout en accordant une place particulière au jeune public et à la création marocaine.Le règlement et les inscriptions de la 19e édition ont été ouverts au printemps 2026. Les inscriptions sont désormais closes, tandis que la programmation détaillée doit être dévoilée par les organisateurs.Le festival devrait ainsi prolonger son travail de découverte de nouvelles écritures cinématographiques, en faisant dialoguer des œuvres issues de différents territoires et traditions cinématographiques.L’édition précédente avait donné la mesure de cette diversité. En 2025, le Grand Prix de la compétition des longs métrages avait été attribué à Moon, de la réalisatrice autrichienne Kurdwin Ayub. Le festival avait également récompensé Petit Rempart, d’Ève Duchemin, dans la compétition documentaire.Six personnalités à l’honneurLa 19e édition accordera également une place importante aux hommages, tradition du festival destinée à saluer des parcours artistiques et professionnels marquants.Six personnalités figurent d’ores et déjà parmi les hommages annoncés : les Marocains Mohammed Abderrahman Tazi, Amal Ayouch, Ibtissam Laaroussi, Aïcha Benkhedra et Meryem Zaïmi, ainsi que la cinéaste canadienne Anaïs Barbeau-Lavalette.Ce choix dessine un panorama qui traverse plusieurs générations et plusieurs métiers du cinéma. Il rappelle également que la présence des femmes dans le septième art ne se limite pas à la réalisation : elle s’exprime dans le jeu, la production, l’écriture, la transmission et l’ensemble des métiers qui façonnent une œuvre.Le cinéma comme espace de débatAu fil de ses éditions, le FIFFS a développé une programmation parallèle destinée à prolonger les projections par la discussion et l’analyse.Séminaires, rencontres avec les cinéastes, dialogues professionnels et échanges autour de la critique cinématographique ont contribué à installer le festival comme un lieu de réflexion sur le cinéma et ses représentations. Lors des précédentes éditions, ces rendez-vous ont notamment abordé la critique de cinéma, la parité, la représentation des femmes et les rapports entre personnages féminins et masculins.Cette dimension réflexive constitue l’une des signatures du festival : à Salé, le film n’est jamais seulement projeté. Il devient un point de départ pour interroger les sociétés qui le produisent et les regards qu’elles portent sur les femmes.Salé, territoire de cinémaEn près de deux décennies, le FIFFS a contribué à inscrire Salé sur la carte des grands rendez-vous cinématographiques consacrés à la création féminine.Créé en 2004 par l’Association Bouregreg, le festival a connu ses premières éditions à intervalles irréguliers avant d’adopter un rythme annuel à partir de 2009, avec une interruption liée à la pandémie. Son histoire est désormais jalonnée de rencontres internationales, de découvertes cinématographiques et de nombreux hommages.Son évolution témoigne aussi d’un déplacement du regard : initialement centré sur la création des femmes, le festival s’est progressivement affirmé comme un espace où se confrontent les points de vue sur les femmes, le cinéma et la société.Une 19e édition encore en constructionÀ quelques semaines de l’ouverture, le cadre de cette 19e édition est donc posé : six jours de cinéma, des compétitions internationales, des hommages et des rencontres destinées à faire dialoguer création artistique et réflexion sur la place des femmes dans le septième art.La programmation complète de l’édition 2026 - sélection des films, jurys, pays ou cinéma invité et calendrier détaillé des rencontres - n’est pas encore entièrement publiée dans les sources officielles consultées. Le festival indique pour l’heure que cette programmation sera annoncée ultérieurement.Une chose est néanmoins acquise : du 28 septembre au 3 octobre, Salé redeviendra un carrefour de regards, de récits et de voix féminines. Une scène où le cinéma se regarde autant qu’il regarde le monde.