Rencontres Chorégraphiques de Casablanca 2026 : la danse contemporaine traverse les frontières
Du 7 au 11 octobre à Casablanca, puis du 12 au 14 octobre à Rabat, les Rencontres Chorégraphiques de Casablanca célèbrent leur 12ᵉ édition. Avec une vingtaine de spectacles, des artistes venus d’Afrique, du monde arabe et d’Europe, mais aussi des résidences, formations et rencontres professionnelles, le festival confirme sa vocation : faire de la danse un espace de circulation, de création et de rencontre entre les territoires et les publics.
Pendant huit jours, les corps vont circuler d’une scène à l’autre, d’une ville à l’autre et d’un continent à l’autre. Du 7 au 11 octobre, Casablanca accueille la 12ᵉ édition des Rencontres Chorégraphiques de Casablanca (RCC), avant de laisser place à Rabat, qui prendra le relais du 12 au 14 octobre avec une « Escale Rbatia ».Sous l’égide du Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication et portées par la Compagnie Col'Jam, les RCC poursuivent leur travail de fond en faveur de la danse contemporaine. Douze ans après leur création, elles se sont imposées comme un rendez-vous important de la création chorégraphique en Afrique et dans le monde arabe.L’Afrique au centre de la scèneCette 12ᵉ édition place l’Afrique au cœur de sa programmation. Des chorégraphes, danseurs et compagnies venus notamment du Burkina Faso, du Mali, de Côte d’Ivoire, de Tunisie et du Maroc se retrouveront à Casablanca.L’enjeu dépasse la simple présence d’artistes venus de différents pays. Le festival veut favoriser une véritable circulation des œuvres et des pratiques au sein du continent, en encourageant les échanges directs entre artistes et professionnels africains.Cette dynamique Sud-Sud constitue l’un des marqueurs forts des RCC : permettre aux créateurs de se rencontrer, de confronter leurs expériences et de construire des collaborations sans nécessairement passer par les circuits traditionnels de diffusion.L’Arab Dance Platform mise sur les réseauxCette volonté de créer de nouvelles passerelles s’étend au monde arabe avec l’Arab Dance Platform, réseau dédié à la circulation des artistes arabes.Chorégraphes émergents et confirmés y rencontrent des festivals partenaires et des institutions internationales afin de développer de nouvelles collaborations et de renforcer leur mobilité professionnelle.L’objectif est aussi de s’attaquer à un problème structurel : les frontières géographiques et les disparités entre territoires continuent de limiter la circulation des artistes. En créant des réseaux, la plateforme cherche à transformer les rencontres ponctuelles en relations professionnelles durables.Une vingtaine de spectacles pour raconter le présentLa programmation réunira près d’une vingtaine de spectacles. Des artistes du Burkina Faso, du Mali, de Côte d’Ivoire, de Tunisie et du Maroc côtoieront des créateurs venus du Liban, de Syrie, de France, d’Italie, d’Espagne et de Suisse.Cette diversité géographique se traduit par une multiplicité d’écritures chorégraphiques. Chaque création apporte son propre regard sur les réalités contemporaines, leurs tensions, leurs bouleversements, mais aussi leurs espoirs et leurs beautés.Sur scène, les corps deviennent ainsi des espaces de récit. Ils racontent ce que les mots ne suffisent parfois pas à dire et mettent en dialogue des expériences issues de territoires et de cultures différents.La danse sort de la scèneLe festival entend également s’adresser à ceux qui ne fréquentent pas habituellement les salles de spectacle.Un Bal chorégraphique inclusif, porté avec le Centre Chorégraphique National de Nantes, invitera tous les publics à entrer dans la danse. L’initiative traduit une volonté assumée de faire tomber les barrières et de considérer la pratique chorégraphique comme une expérience collective accessible au plus grand nombre.Cette démarche se prolonge avec des résidences, ateliers, masterclasses et formations destinés aux danseurs marocains et aux artistes invités. Pour les RCC, la transmission n’est pas un volet secondaire : elle constitue l’un des moyens de faire vivre la création au-delà du festival et de contribuer à la formation de nouvelles générations d’artistes.Créer des opportunités au-delà du festivalLa professionnalisation occupe également une place importante dans cette édition. Des rencontres réuniront directeurs de structures, programmateurs et représentants de réseaux autour des enjeux de mobilité, de production et de diffusion.L’ambition est de créer des passerelles concrètes entre les artistes et les acteurs susceptibles d’accompagner leurs projets. Car faire circuler une œuvre suppose aussi de construire les conditions économiques et professionnelles de cette circulation.À travers ces différents dispositifs, les RCC défendent ainsi une conception du festival qui dépasse la seule programmation : un lieu où les artistes se rencontrent, où les projets prennent forme et où de nouveaux réseaux peuvent émerger.Douze ans après, une même convictionAprès douze éditions, les Rencontres Chorégraphiques de Casablanca restent fidèles à une conviction fondatrice : la danse contemporaine doit pouvoir circuler et rencontrer tous les publics.Du 7 au 11 octobre à Casablanca, puis du 12 au 14 octobre à Rabat, le festival fera dialoguer l’Afrique, le monde arabe et l’Europe, tout en ouvrant ses scènes à ceux qui souhaitent simplement entrer dans le mouvement.Une manière, pour les RCC, de rappeler que la danse ne connaît pas de frontières fixes : elle voyage avec les artistes, se transforme au contact des territoires et crée, le temps d’un geste, un espace commun.