Avocats : la grève maintenue jusqu’au 7 octobre
Une reprise temporaire...

Les avocats n’en démordent pas et prolongent leur grève jusqu’au 7 octobre. Ils ne concèdent qu’une suspension provisoire en renvoyant la balle au futur gouvernement pour rectifier le tir et préserver l’indépendance de la profession.

Le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM) maintient la suspension des prestations professionnelles jusqu’au 7 octobre 2026, avant de suspendre provisoirement cette décision à compter de cette date. Une décision présentée comme une étape de préparation à la suite du processus, sans renoncement aux revendications de la profession.Réuni en session ordinaire le 20 septembre à Rabat, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc a décidé de poursuivre la suspension des prestations professionnelles jusqu’au 7 octobre 2026, tout en prévoyant une suspension provisoire de cette décision à compter de cette date.Cette décision intervient après « une discussion approfondie et une analyse précise de l’ensemble des données liées aux évolutions de la question de la profession d’avocat », indique le communiqué publié à l’issue de la réunion. L’ABAM revient notamment sur les quatre mois de suspension totale des prestations professionnelles, une mobilisation que les avocats ont maintenue, selon le communiqué, « malgré les difficultés financières et morales » qu’elle leur impose. Le Bureau souligne également que cette position s’inscrit dans le cadre d’une coordination avec les syndicats et les différents barreaux du Royaume.Juste une suspensionDans son communiqué, l’Association insiste sur le caractère provisoire de la décision annoncée. La suspension à compter du 7 octobre « ne signifie nullement un recul par rapport aux revendications professionnelles ni une quelconque acceptation des dispositions contestées de la loi », affirme-t-elle.L’ABAM explique cette décision par la volonté de donner aux « nouvelles institutions constitutionnelles » la possibilité d’assumer leurs responsabilités dans la correction des dysfonctionnements qu’elle estime avoir marqué le processus législatif relatif à la profession d’avocat. Le Bureau réaffirme, dans ce cadre, son attachement à « l’indépendance de la profession, son autonomie et son auto-administration », ainsi qu’à la préservation de ses acquis.Le choix du 7 octobre n’est d’ailleurs pas fortuit. L’Association lui attribue une « forte portée constitutionnelle ». Cette date intervient deux jours seulement après le discours d’ouverture du Souverain de la nouvelle année législative et après les élections qui donneront naissance à une nouvelle majorité politique et à un nouveau gouvernement. Selon l’ABAM, ce dernier sera appelé à « mettre en œuvre les grandes orientations du pays, conformément à la vision de Sa Majesté le Roi ».Cadre législatifAu-delà de la suspension temporaire du mouvement, le Bureau maintient donc ses réserves sur le cadre législatif régissant la profession. Il affirme vouloir laisser aux futures institutions la possibilité de prendre en charge « la correction des dysfonctionnements qui ont marqué le parcours législatif de la loi relative à la profession d’avocat ». L’Association rappelle à cette occasion que son objectif demeure la préservation de l’indépendance et de l’autonomie de la profession, mais aussi la garantie de la place qu’elle estime lui revenir dans « l’État démocratique ».Elle évoque également le respect des principes de « démocratie participative » et la nécessité de dépasser les « problématiques constitutionnelles » qui, selon elle, ont caractérisé l’élaboration de la loi. Le Bureau considère enfin cette suspension provisoire comme une période permettant aux avocats et aux avocates de se préparer à la prochaine phase.Celle-ci pourrait, prévient-il, nécessiter « une lutte prolongée dans le temps », en défense de ce qu’il présente comme la cause fondamentale de la profession : la préservation de sa place constitutionnelle en tant que garantie de la justice et de la primauté du droit. Le communiqué se conclut sur une formule qui résume la position affichée par l’Association : « La profession d’avocat restera libre, indépendante et digne».