Burkina Faso : une croissance portée par l’or et l’agriculture
Malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et la hausse de certains coûts, l’économie burkinabè poursuit sa progression. La croissance du pays devrait atteindre 5,7% en 2026, contre 5,3% en 2025, selon la Note de conjoncture économique d’août 2026 de la Direction générale de l’économie et de la planification (DGEP).
Cette dynamique repose principalement sur deux secteurs : l’agriculture et l’activité minière, avec une contribution particulièrement importante de la production aurifère.La production d’or poursuit sa hausseLe secteur de l’or confirme son rôle central dans l’économie burkinabè. À fin juillet 2026, la production industrielle d’or s’établissait à 31,857 tonnes, en hausse de 12,8% sur un an.La progression s’est notamment accélérée en juillet. Avec 5,105 tonnes produites au cours du mois, la production a augmenté de 27,4% par rapport à juillet 2025.Cette performance se reflète directement dans les échanges commerciaux du pays.L’or représente près de 94% des exportationsÀ fin juillet 2026, les exportations de biens ont atteint 5 418,4 milliards de FCFA, soit une progression de 61,4% sur un an.L’or représente à lui seul 93,8% de la valeur totale des exportations, contre 88,1% un an auparavant. Cette forte progression permet au Burkina Faso d’afficher un excédent commercial de 2 639,1 milliards de FCFA, tandis que le taux de couverture des importations par les exportations atteint 195%.Ces chiffres illustrent toutefois une réalité majeure : l’économie extérieure du pays reste fortement concentrée sur les ressources minières.Les produits transformés ne représentent que 1,5% des exportations, ce qui souligne l’importance du défi de la diversification et de la transformation locale des matières premières.Les prix alimentaires reculentSur le marché intérieur, plusieurs indicateurs montrent également une évolution favorable. En juillet 2026, le prix du kilogramme de maïs blanc a diminué de 39,8% sur un an. Le sorgho blanc a enregistré une baisse de 30%, tandis que le mil local a reculé de 28,7%.Le prix du kilogramme de niébé s’est établi à 426 FCFA, soit une baisse de 31,4% sur un an.Cette évolution constitue un signal positif pour les ménages, notamment dans un contexte où le coût de la vie demeure un enjeu important pour les économies de la région.Les recettes publiques progressentLes finances publiques affichent également une amélioration. À fin juillet, les recettes mobilisées atteignent 2 527,9 milliards de FCFA, en hausse de 19,2% sur un an.Les recettes fiscales représentaient à elles seules 2 120,2 milliards de FCFA, confirmant la progression des ressources mobilisées par l’État.Le secteur de la microfinance présente lui aussi une évolution favorable. L’épargne a progressé de 25,2% sur un an, pour atteindre 659,1 milliards de FCFA, tandis que l’encours des crédits s’établissait à 474,6 milliards de FCFA.Autre indicateur positif : le taux de créances en souffrance est passé à 6,83%, contre 7,27% au trimestre précédent.Le défi de la diversification reste entierDans l’ensemble, les indicateurs disponibles à fin juillet 2026 traduisent une dynamique positive de l’économie burkinabè. La progression de la production aurifère, la hausse des recettes publiques, le recul des prix de plusieurs produits alimentaires et l’augmentation de l’épargne témoignent d’une évolution favorable sur plusieurs fronts.Mais derrière ces performances se dessine également un défi majeur : réduire la dépendance aux produits miniers et accroître la transformation locale.Avec près de 94% des exportations concentrées sur l’or, le Burkina Faso devra poursuivre ses efforts pour diversifier sa base productive, développer les chaînes de valeur locales et mieux valoriser ses ressources agricoles et minières.La croissance de 2026 confirme ainsi une dynamique encourageante, mais sa durabilité dépendra largement de la capacité du pays à transformer cette performance en une économie davantage diversifiée et créatrice de valeur.**related_articles[23137-Sahara marocain : Le Burkina Faso maintient sa position en faveur du Maroc]**