La multiplication des signalements du Frelon oriental au nord fait craindre le pire pour les ruchers et la sécurité des riverains. L’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques tire la sonnette d’alarme et réclame une traque urgente des nids avant que le phénomène ne s’emballe.
L’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger vient de lancer une alerte à la prolifération du Frelon oriental (Vespa orientalis). Face aux données enregistrées ces derniers temps concernant l’apparition de cette espèce invasive dans plusieurs zones du nord du Royaume, notamment à Tanger, Tétouan, M’diq et Fnideq, l’Observatoire appelle à une intervention urgente sur le terrain. Son objet ? Déterminer l’étendue de la présence de l’insecte hautement dangereux et recenser les foyers où il a été observé.InquiétudesCette alerte intervient alors que les observations du frelon oriental se multiplient dans différents secteurs des quatre villes, certaines à proximité de quartiers résidentiels et d’établissements scolaires. Des inquiétudes ont également été exprimées par les apiculteurs quant à l’impact de ce prédateur sur les ruches d’abeilles mellifères.Dans un communiqué, l’Observatoire indique qu’une étude scientifique publiée en 2026, consacrée au recensement du genre Vespa au Maroc et fondée sur des opérations de collecte et des observations de terrain réalisées en 2025, a confirmé la présence et l’installation du frelon oriental (Vespa orientalis) et du frelon européen (Vespa crabro) dans le nord du Maroc.Un redoutable prédateurSur un ton alerte, l’Observatoire met en garde contre les conséquences potentielles du frelon oriental sur le secteur apicole. « Cet insecte social prédateur est capable d’attaquer les abeilles mellifères. La pression de prédation peut entraîner la mort des abeilles, affaiblir leurs colonies et réduire leur activité de butinage », énumère le communiqué. Des données scientifiques indiquent également qu’il pourrait contribuer à la transmission de certains agents pathogènes entre les ruchers.Selon la même source, les préoccupations ne concernent pas uniquement les ruchers. Le frelon oriental peut en effet établir ses nids dans des fissures, des cavités et des constructions humaines, y compris à proximité des zones urbaines. Ses piqûres multiples peuvent également présenter un risque sanitaire, notamment pour les personnes souffrant d’une hypersensibilité aux venins d’insectes.Portrait-robotBrun-roux, robuste et reconnaissable à ses bandes jaunes sur l’abdomen, le frelon oriental (Vespa orientalis) peut atteindre 25 à 35 millimètres. Mais c’est surtout son comportement qui attire l’attention. L’espèce installe ses nids dans des cavités sombres, notamment sous terre, dans des fissures ou des espaces protégés.Pour se nourrir, les adultes recherchent notamment des aliments sucrés, tandis que les larves ont besoin de protéines. Les abeilles domestiques peuvent ainsi devenir des proies privilégiées. Le frelon patrouille autour des ruches, intercepte les butineuses à leur arrivée ou leur départ et emporte les parties riches en protéines vers la colonie.Des observations scientifiques ont également documenté son comportement de prédation directement à l’entrée des ruches, notamment lorsque les colonies sont affaiblies. S’il n’est généralement pas agressif envers l’homme lorsqu’il butine, il peut en revanche devenir très défensif lorsque son nid est menacé, avec des attaques pouvant être collectives.Surveillance en urgenceDe son côté, l’Observatoire considère que les signalements et les observations récentes provenant de différentes zones constituent un « signal d’alerte» qui nécessite une vérification scientifique urgente. Il souligne toutefois que les données actuellement disponibles ne permettent pas encore de déterminer avec certitude l’ampleur de la présence de cette espèce ni son évolution géographique.
Surveiller et repérer les nids pour freiner la prolifération
L’organisme appelle ainsi au lancement d’une opération urgente et coordonnée de surveillance sur le terrain à Tanger et dans les autres zones du nord du Royaume. Celle-ci devrait comprendre le recensement des nids, la documentation de leur localisation et l’élaboration d’une première cartographie des foyers de présence, en accordant la priorité aux ruchers, aux quartiers résidentiels, aux établissements scolaires et aux espaces naturels sensibles.Il préconise également la mise en place d’un mécanisme régional de surveillance et d’alerte précoce associant les autorités, les services compétents, les universités, les organismes scientifiques, les professionnels de l’apiculture et la société civile. L’objectif serait de vérifier les signalements et de suivre l’évolution de la présence de cet insecte.Lutte organiséeL’Observatoire insiste par ailleurs sur la nécessité d’éviter toute lutte désordonnée contre le frelon oriental. Il recommande de privilégier des interventions professionnelles, après localisation des nids et évaluation du niveau de risque, tout en apportant un soutien aux apiculteurs et en surveillant les éventuelles pertes subies par les ruchers.Une mise en garde directe a également été adressé aux citoyens, appelés à ne pas s’approcher des nids de frelons ni tenter de les brûler ou de les enlever par leurs propres moyens, en raison des risques encourus. L’Observatoire demande, en parallèle, la mise en place d’un canal de signalement clairement identifié pour permettre aux citoyens de déclarer la présence de nids ou de signaler des observations, afin que les services compétents puissent intervenir.Enfin, l’Observatoire pour la protection de l’environnement et des monuments historiques de Tanger souligne que l’intervention précoce et le repérage des foyers de reproduction sont plus efficaces que l’attente d’une extension du phénomène. Il appelle à associer l’université, les institutions scientifiques spécialisées et les professionnels de l’apiculture à un programme régional de suivi du frelon oriental et d’évaluation de ses effets potentiels sur les plans environnemental, économique et sanitaire.