Harmattan AI veut faire du Maroc une puissance mondiale de la «TechDefense»
Amir Belmahjoub, directeur général d'Harmattan AI, défend une ambition industrielle particulièrement audacieuse. Développer au Maroc des drones autonomes reposant sur une propriété intellectuelle et une maîtrise technologique nationales.
Le Maroc ne doit pas se contenter de devenir une plateforme de sous-traitance dans l'industrie de défense. Il doit viser directement les premiers rangs mondiaux. C'est le message porté par Amir Belmahjoub, directeur général d'Harmattan AI, devant les participants au Forum de la CGEM.Son intervention a tranché par son ambition et par la nature même des technologies évoquées. L'entreprise développe des systèmes autonomes destinés aux applications militaires. «Nous, on pense que le Maroc va être un leader mondial de la défense, et non régional», a-t-il assuré.Une conviction qu'il fonde sur plusieurs atouts, notamment le capital humain, le positionnement géopolitique, l'expérience industrielle dans l'automobile et l'aéronautique, les capacités d'expérimentation et le professionnalisme des Forces armées marocaines.**related_articles[23485-Mehdi Tazi veut ressusciter la banque de projets industriels]**Pour Amir Belmahjoub, reproduire le modèle classique d'industrialisation, fondé sur la maintenance puis l'assemblage avant d'envisager la conception, reviendrait à perdre un temps précieux.Harmattan AI entend suivre une trajectoire différente, celle du saut technologique.«Ce qu'on va faire, c'est un drone souverain, marocain, avec une IP 100% marocaine, avec un export control 100% marocain », a-t-il détaillé.La propriété intellectuelle et le contrôle des exportations constitueraient ainsi les fondements du nouvel écosystème envisagé.Il s'agit d'une ambition annoncée par l'entreprise, dont la concrétisation devra être appréciée au regard des capacités industrielles effectivement développées et des dispositifs réglementaires applicables.Revenant sur ses expériences passées, Amir Belmahjoub a expliqué comment les innovations de rupture naissent souvent de convictions longtemps jugées irréalistes.Il a défendu la même approche chez Harmattan AI, dont le développement repose sur une vision de systèmes militaires de plus en plus autonomes.Selon lui, l'entreprise a déjà refusé des contrats lorsque les exigences des clients entraient en contradiction avec ses orientations technologiques.Il a évoqué une valorisation de 1,4 milliard de dollars, ainsi qu'une équipe d'une centaine de personnes.La stratégie revendiquée consiste à privilégier une vision industrielle de long terme plutôt qu'à multiplier les adaptations ponctuelles aux demandes commerciales.L'intervention du dirigeant ouvre une réflexion plus large sur le positionnement du Maroc dans les technologies de souveraineté.Le pays dispose déjà d'écosystèmes industriels structurés dans l'automobile et l'aéronautique. Leur expérience pourrait contribuer à l'émergence d'activités plus avancées dans les systèmes autonomes. Mais Amir Belmahjoub insiste sur la nécessité de ne pas reproduire mécaniquement les modèles existants.Pour créer une industrie nouvelle, il faut selon lui accepter de revoir les méthodes, les partenariats et les ambitions.À travers Harmattan AI, c'est donc une conception différente de l'industrialisation qui a été présentée au patronat marocain. Non plus seulement produire pour les grandes entreprises internationales, mais concevoir des technologies et maîtriser leur développement.Un pari exigeant, à la hauteur des transformations qui redessinent aujourd'hui l'industrie mondiale de défense.**related_articles[23487-Mohamed Bachiri : «La CGEM présentera une feuille de route pour développer le Made in Africa»]****related_articles[23488-Forum CGEM. Moulay Hafid Elalamy dynamite les idées reçues sur l'entrepreneuriat[]****related_articles[23489-Richard Attias : «Il faut passer à un Maroc de l’intelligence artificielle et de la robotique»]**