CGEM. Les priorités du secteur privé à l’horizon 2035
Simplification administrative, accès au financement, compétitivité fiscale et adaptation de la formation aux besoins des entreprises : le patronat marocain place la relance de l’investissement privé au cœur de ses priorités. Devant le Conseil des conseillers, le président du groupe CGEM, Youssef Alaoui, a défendu quatre axes d’action pour renforcer le secteur privé et faire de l’investissement un moteur majeur de la croissance à l’horizon 2035.
« Une véritable accélération » : c’est ce que le patronat attend du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri. Lors de la présentation du programme gouvernemental, mercredi 21 octobre 2026, Youssef Alaoui, président du groupe de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) à la Chambre des conseillers, a exposé les priorités du secteur privé pour renforcer l’investissement, améliorer la compétitivité des entreprises et soutenir la création d’emplois.L’objectif affiché est de faire de l’investissement privé un levier central de la croissance, avec l’ambition qu’il représente les deux tiers de l’investissement total à l’horizon 2035. Pour y parvenir, la CGEM plaide pour une action simultanée sur les procédures administratives, le financement, la fiscalité, les compétences et l’environnement concurrentiel des entreprises.Simplifier les procédures et faciliter l’accès au financementPremier chantier : réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les entreprises. La CGEM préconise notamment de passer d’une logique d’autorisation préalable à un système davantage fondé sur le respect d’un cahier des charges. Une évolution destinée à simplifier les démarches et à raccourcir les délais nécessaires au lancement des projets.Le patronat demande également de faciliter l’accès au financement pour les entreprises, notamment les startups et les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). L’accès à la commande publique constitue un autre enjeu, dans un contexte où les petites structures cherchent à consolider leur activité et à élargir leurs débouchés. Pour la CGEM, la simplification administrative doit ainsi s’accompagner de conditions plus favorables à la mobilisation des capitaux privés et au développement des entreprises nationales.Fiscalité : agir sur la TVA et les prélèvementsLa compétitivité fiscale figure parmi les autres priorités mises en avant par Youssef Alaoui. La CGEM appelle notamment à garantir la neutralité de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), à instaurer un mécanisme de restitution des retenues à la source et à réformer la fiscalité locale.Ces mesures visent à réduire les distorsions fiscales et à alléger les contraintes qui affectent la trésorerie des entreprises. Le patronat insiste également sur la nécessité de renforcer l’équité concurrentielle, notamment à travers la poursuite de la lutte contre le secteur informel.Selon cette approche, la réduction de l’informalité doit permettre de limiter les écarts entre les entreprises opérant dans le cadre légal et celles qui échappent aux obligations fiscales et réglementaires, tout en élargissant les recettes publiques.Énergie, logistique et intégration industrielleLa CGEM place aussi les coûts de production au centre de ses préoccupations. Elle demande de faciliter l’accès des entreprises aux énergies renouvelables et d’améliorer les services logistiques et portuaires, considérés comme des facteurs déterminants pour la compétitivité des opérateurs marocains.Le patronat plaide par ailleurs pour une hausse du taux d’intégration locale et l’émergence de champions nationaux capables de se positionner sur les marchés internationaux. Dans cette perspective, il appelle à adapter la politique douanière aux besoins du développement industriel, notamment en révisant les droits appliqués aux intrants et aux matières premières qui ne sont pas produits localement.L’enjeu est de renforcer les chaînes de valeur nationales, de réduire certains coûts supportés par les producteurs et d’améliorer la capacité des entreprises marocaines à affronter la concurrence extérieure.Formation et emploi Autre priorité : la disponibilité des compétences. Youssef Alaoui a relevé un décalage entre les jeunes à la recherche d’un emploi et les entreprises qui peinent à trouver les profils correspondant à leurs besoins.Pour y remédier, la CGEM préconise de renforcer l’offre de formation professionnelle continue et de mieux l’adapter à l’évolution des métiers. Le responsable a notamment souligné que seulement 1 % des entreprises bénéficieraient du dispositif de formation professionnelle, selon les chiffres cités lors de son intervention.Le patronat réclame également une révision du Code du travail ainsi que l’accélération de la publication des décrets d’application encore attendus concernant la loi relative au droit de grève. Ces évolutions sont présentées comme des éléments de visibilité juridique et d’adaptation du cadre de l’emploi aux réalités économiques.À travers ces quatre axes, la CGEM défend une approche qui associe simplification administrative, compétitivité, développement des compétences et ouverture des marchés. Le cap fixé est de renforcer le poids de l’investissement privé jusqu’à ce qu’il représente les deux tiers de l’investissement total en 2035.La concrétisation de cette ambition dépendra de la traduction des orientations annoncées en mesures opérationnelles, notamment pour l’accès au financement, la fiscalité, la formation et les coûts de production. Pour le patronat, l’enjeu est désormais d’accélérer les réformes afin que les entreprises puissent investir, se développer et contribuer davantage à la création d’emplois.