Renault Group résiste à la pression du marché et maintient ses objectifs financiers pour 2026
Renault Group mise sur le renouvellement de ses gammes et l’accélération de l’électrification pour soutenir son activité et confirmer ses objectifs financiers en 2026.

Malgré le recul de ses ventes au troisième trimestre et une concurrence toujours plus intense, Renault Group affiche un chiffre d’affaires en progression sur les neuf premiers mois de 2026. Porté par la dynamique de ses services financiers, la montée en puissance de l’électrique et la complémentarité de ses trois marques, le constructeur confirme ses ambitions financières pour l’ensemble de l’année.

Au terme des neuf premiers mois de 2026, Renault Group démontre la résilience de son modèle économique dans un environnement automobile marqué par une forte pression concurrentielle, l’évolution rapide des attentes des consommateurs et l’accélération de l’électrification. Le chiffre d’affaires du groupe atteint 41,8 milliards d’euros, en hausse de 7,1 % par rapport à la même période de 2025, et de 7,6 % à taux de change constants.Cette progression intervient alors que les volumes de ventes accusent un léger repli. Entre janvier et septembre, le groupe a commercialisé 1,66 million de véhicules dans le monde, soit une baisse de 2,2 % sur un an. Au troisième trimestre, les ventes se sont établies à 497 799 unités, en recul de 6 %. Dans ce contexte, Renault Group mise sur la discipline commerciale, la maîtrise des stocks, l’amélioration de la valeur de ses ventes et le renouvellement de ses gammes pour préserver ses performances.Un chiffre d’affaires solide malgré le repli des volumesSur le seul troisième trimestre, le chiffre d’affaires du groupe s’élève à 11,6 milliards d’euros, en progression de 1,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. À taux de change constants, la hausse atteint 1,4 %. Cette performance repose notamment sur la contribution croissante de Mobilize Financial Services, dont les revenus ont progressé de 11 % à 1,76 milliard d’euros.En revanche, l’activité automobile affiche un chiffre d’affaires stable, à 9,84 milliards d’euros. La baisse des immatriculations a pesé sur les résultats, avec un effet volume négatif de 5,9 points. Cet impact a toutefois été compensé par plusieurs facteurs, notamment les ventes à des partenaires, qui ont contribué positivement à hauteur de 4,9 points, ainsi que par un mix produit favorable de 2,3 points.La progression des ventes de véhicules utilitaires, le succès des modèles électriques et la montée en gamme de certaines offres ont également soutenu les revenus. L’effet prix a contribué positivement à hauteur de 1,1 point, tandis que le mix géographique a apporté 0,5 point. À l’inverse, l’effet « autres », notamment lié à la normalisation des stocks de Retail Renault Group, a pesé sur la performance à hauteur de 3,1 points.Le groupe poursuit parallèlement une gestion rigoureuse de ses stocks. Au 30 septembre 2026, ceux-ci totalisaient 532 000 véhicules, dont 220 000 au niveau du groupe et 312 000 chez les concessionnaires indépendants. En Europe, le carnet de commandes représente environ deux mois de ventes prévisionnelles.Renault progresse, Dacia marque le pas et Alpine accélèreLes performances commerciales des trois marques du groupe reflètent des trajectoires contrastées. Renault tire son épingle du jeu avec 1,18 million de véhicules vendus sur les neuf premiers mois de l’année, en hausse de 1,1 %. La marque bénéficie notamment d’une progression de ses ventes en Europe, où elle occupe la deuxième place du marché sur la période.L’électrification constitue l’un de ses principaux leviers de croissance. À fin septembre, les véhicules électrifiés représentent 68 % des ventes de voitures particulières de Renault en Europe, en progression de 8,6 points. Les ventes de véhicules électriques ont augmenté de 75,2 %, soutenues par le renouvellement de la gamme. Le segment des véhicules utilitaires contribue également à cette dynamique, avec une progression des ventes de 8,1 % en Europe.À l’inverse, Dacia traverse une phase de transition de son offre. La marque a écoulé 471 007 véhicules dans le monde sur les neuf premiers mois de 2026, soit un recul de 9,7 %. Au troisième trimestre, ses ventes ont diminué de 12,8 %, dans un contexte de concurrence accrue et d’accélération de la demande pour les véhicules électrifiés. La marque entend relancer sa dynamique commerciale grâce à l’arrivée de nouvelles offres, notamment Sandero hybride, la nouvelle Spring et Striker.Alpine confirme, pour sa part, sa montée en puissance. Avec 12 269 immatriculations depuis le début de l’année, la marque sportive enregistre une progression de 65,6 %. Sa croissance s’appuie notamment sur le succès de l’A290 électrique, qui totalise 8 618 immatriculations, ainsi que sur le développement progressif de l’A390.À l’échelle internationale, Renault Group enregistre des évolutions positives sur plusieurs marchés stratégiques. Au Maroc, les ventes du groupe ont progressé de 6,9 % sur les neuf premiers mois de 2026, tandis que la marque Renault affiche une hausse de 3,3 %. Le marché marocain demeure ainsi un débouché important pour le constructeur, qui y bénéficie d’une position commerciale solide.L’électrification s’impose comme un moteur de croissanceFace à l’évolution rapide du marché européen, Renault Group accélère sa stratégie d’électrification en combinant véhicules 100 % électriques et motorisations hybrides. Au troisième trimestre 2026, les ventes de véhicules électriques du groupe ont bondi de 84,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.Les modèles électriques représentent désormais 25,8 % des ventes de voitures particulières du groupe sur le trimestre, soit une progression de 12,2 points. En intégrant les motorisations hybrides et hybrides rechargeables, la part des véhicules électrifiés atteint 54,9 % des ventes de voitures particulières.Cette évolution témoigne de la capacité du constructeur à adapter son offre aux nouvelles attentes des consommateurs tout en s’appuyant sur la flexibilité de son outil industriel et de sa chaîne d’approvisionnement. La stratégie repose également sur une politique commerciale privilégiant les ventes aux particuliers et les canaux les plus rentables.En Europe, les ventes aux clients particuliers ont progressé de 5 % au troisième trimestre et représentent 64,8 % des ventes du groupe, soit une hausse de 4,6 points sur un an. Parallèlement, les ventes aux loueurs de courte durée et les véhicules de démonstration ont reculé de 18 %. Les valeurs résiduelles des véhicules Renault Group restent, quant à elles, supérieures de 5 à 13 points à la moyenne du marché, contribuant à préserver leur attractivité et leur valeur à la revente.Le groupe poursuit également son offensive produit au second semestre 2026, avec plusieurs nouveautés destinées à renforcer sa présence sur les segments stratégiques. Renault prépare notamment le déploiement de la nouvelle Mégane E-Tech électrique et du Trafic Van E-Tech électrique, tandis que Dacia mise sur le renouvellement de sa gamme et sur de nouvelles solutions électrifiées.Des objectifs financiers confirmés pour l’ensemble de 2026Malgré les incertitudes économiques, la hausse du coût des matières premières et les pressions inflationnistes, Renault Group maintient ses perspectives financières pour 2026. Le constructeur vise une marge opérationnelle d’environ 5,5 % du chiffre d’affaires et un free cash-flow de l’activité automobile proche d’un milliard d’euros.Le groupe anticipe une légère amélioration de sa marge opérationnelle au second semestre par rapport au premier. Toutefois, l’effet saisonnier habituellement favorable sur cette période devrait être moins marqué que les années précédentes, sous l’effet de la hausse des coûts et de l’inflation.Pour Duncan Minto, directeur financier de Renault Group, la résilience du chiffre d’affaires au troisième trimestre confirme la solidité et l’agilité du modèle opérationnel du constructeur. La complémentarité des trois marques, la flexibilité industrielle, la qualité du réseau de distribution et la contribution de Mobilize Financial Services constituent, selon lui, des atouts déterminants pour faire face aux évolutions du marché.La poursuite des lancements de nouveaux modèles et les efforts de réduction des coûts doivent ainsi permettre au groupe de préserver sa compétitivité tout en améliorant la qualité de ses revenus. Dans un secteur automobile en pleine transformation, Renault Group entend conjuguer croissance disciplinée, électrification accélérée et maîtrise financière afin d’atteindre les objectifs annoncés pour la fin de l’année 2026.