« Par-delà l’horizon » : à Marrakech, trois artistes explorent les frontières de l’invisible
« Par-delà l’horizon » Ibrahim Ballo, Hendrik Beikirch et Mouna Saboni explorent les frontières de l’invisible à la Fondation Montresso.

Le 31 octobre 2026, la Fondation Montresso ouvre les portes de « Par-delà l’horizon », une exposition réunissant Ibrahim Ballo, Hendrik Beikirch et Mouna Saboni. À travers le tissage, la peinture et la photographie, trois démarches singulières se rencontrent autour d’une même intuition : l’horizon n’est pas une limite, mais un passage vers d’autres territoires, d’autres mémoires et d’autres perceptions du monde.

À l’Espace d’art Montresso, près de Marrakech, l’horizon devient un espace de dialogue plutôt qu’une ligne qui sépare. L’exposition réunit trois artistes aux pratiques et aux sensibilités distinctes, dont les œuvres se répondent sans se confondre. Leurs univers dessinent une géographie mouvante, où les paysages, les corps et les matières deviennent autant de manières d’interroger notre rapport au monde.Pensée comme une traversée sensible, « Par-delà l’horizon » privilégie les résonances plutôt que les correspondances immédiates. Les œuvres ne cherchent pas à imposer un discours unique. Elles ouvrent des perspectives, font émerger des tensions et invitent à regarder autrement ce qui semble familier. La sensation précède parfois l’explication, laissant au visiteur la liberté de construire son propre chemin à travers les images et les matières.L’exposition s’inscrit dans la démarche de la Fondation Montresso, qui œuvre depuis 2009 au soutien de la création contemporaine internationale, notamment à travers sa résidence d’artistes Jardin Rouge, ses espaces d’exposition et ses programmes culturels. Elle prolonge également le dialogue engagé avec des artistes dont les recherches interrogent les liens entre territoires, identités et mémoire.Trois écritures artistiques, trois façons de déplacer le regardChez Ibrahim Ballo, né en 1986 au Mali et établi à Bamako, le tissage devient un langage plastique à part entière. Héritée d’un environnement familial lié aux traditions textiles, sa pratique associe fils de coton, broderie et peinture. La surface se construit par strates, entre geste artisanal et composition contemporaine. Derrière la richesse des matières et des textures, ses œuvres abordent aussi les fragilités humaines, les tensions sociales et les formes de marginalisation.Hendrik Beikirch, artiste allemand né en 1974, développe quant à lui une œuvre dominée par le portrait monumental et le noir et blanc. Connu pour ses fresques murales, il donne aux visages une présence frontale, presque silencieuse. Ses figures portent les traces du temps, du travail et de l’expérience. Dans son approche, le portrait dépasse la représentation individuelle pour devenir une réflexion sur la dignité, la mémoire et la place de chacun dans la société.La démarche de Mouna Saboni, artiste franco-marocaine née en 1987, s’élabore à la rencontre de la photographie et de l’écriture. Ses images explorent les relations entre les individus et les territoires, les déplacements, les frontières et les mémoires qui façonnent les identités. Depuis 2018, elle intervient directement sur ses tirages, gravant ou inscrivant des mots sur le papier. L’image se transforme alors en espace de dialogue entre le visible et le langage, entre l’expérience intime et l’histoire collective.Un horizon ouvert sur d’autres imaginairesLa rencontre entre ces trois artistes repose sur une tension féconde entre matière, présence et mémoire. Le tissage d’Ibrahim Ballo fait surgir des récits enfouis dans la matière. Les portraits de Hendrik Beikirch confrontent le regard à la densité des visages. Les photographies de Mouna Saboni, traversées par l’écriture, ouvrent des passages entre les langues, les paysages et les souvenirs.Leurs pratiques dessinent ainsi plusieurs manières d’habiter le monde et d’en éprouver les limites. L’horizon se déplace, se fragmente et se recompose au fil des œuvres. Il devient une expérience intérieure autant qu’un espace géographique, une invitation à dépasser les frontières visibles pour accueillir ce qui échappe aux définitions.Présentée du 31 octobre 2026 au 27 février 2027, à l’Espace d’art Montresso, à Marrakech, l’exposition sera inaugurée le 31 octobre, de 11 h à 17 h. À travers ce dialogue entre trois univers artistiques, la Fondation Montresso propose moins une définition de l’horizon qu’une ouverture : celle d’un regard capable de se déplacer, de douter et de se laisser surprendre.