Boujloud Film Fest : quand le cinéma fantastique fait frissonner Rabat
Entre fantastique, horreur, documentaire et cinéma de genre, le Boujloud Film Fest fait son entrée sur la scène culturelle marocaine avec un Prologue organisé du 30 octobre au 1er novembre 2026 à Rabat. Porté par une initiative belgo marocaine, cet événement à entrée libre propose trois jours de projections, de rencontres et de débats autour des imaginaires, des mythes et des figures monstrueuses qui traversent les cultures.
Kawtar Firdaous
La 1ère édition du Boujloud Film Fest se tiendra du du 30 octobre au 1er novembre 2026 à Rabat.
Le cinéma fantastique et les films de genre s’offrent un nouvel espace d’expression à Rabat. Du vendredi 30 octobre au dimanche 1er novembre 2026 l’ISMAC, au Cinéma 7ème Art et à Tatmin, le Boujloud Film Fest présente son Prologue, une première rencontre avec le public qui préfigure le lancement de sa première édition, envisagée en 2027.
Organisé à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC), au Cinéma 7ème Art et à Tatmin, cet événement entend faire découvrir des œuvres contemporaines rarement accessibles dans les circuits commerciaux marocains. Au programme, quatre longs métrages, une sélection de courts métrages, des discussions et des rencontres avec des cinéastes, des artistes, des chercheurs et des professionnels du cinéma.
L’ambition est de créer un espace de découverte et de transmission où les productions locales, africaines et internationales dialoguent autour de récits singuliers, entre peur, imaginaire, mémoire et transgression.
Une programmation entre fantastique, horreur et critique sociale
Le programme s’ouvrira le vendredi 30 octobre à l’ISMAC avec une séance de courts métrages à 10h30, suivie d’une rencontre animée par Mustapha Abatane, dit Bandini, en présence du réalisateur Karim Souissi et de l’artiste belgo congolais Nganji Mutiri. La sélection réunira notamment Qu’importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui, MAKR et Yathoom de Hana Kazim, Mauvais Œil, réalisé collectivement avec Karim Akalay, ainsi que Seminal Animals de Karim Souissi.
Après la cérémonie officielle d’ouverture prévue à 17h30, le public découvrira à 19h Reflet dans un diamant mort, réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani. Ce film belge de 2025, d’une durée de 1 h 40, mêle espionnage, esthétique pop et références au giallo, ce courant italien du cinéma policier et horrifique. L’intrigue suit un ancien espion installé sur la Côte d’Azur, dont le passé ressurgit après la disparition de sa mystérieuse voisine. La séance est interdite aux moins de 18 ans.
Le samedi 31 octobre, le Cinéma 7ème Art accueillera à 15h Black Zombie, un documentaire de la réalisatrice canadienne Maya Annik Bedward. Le film remonte aux origines vaudou haïtiennes de la figure du zombie et interroge sa transformation par le cinéma américain. La projection sera suivie d’un débat intitulé « Que disent nos monstres de nous ? », modéré par Bouchra Assou, programmatrice et chercheuse basée à Montréal et fondatrice de Dhakira Collective. La discussion réunira l’anthropologue Lahoucine Bouyaakoubi, dit Anir, spécialiste de la tradition de Bilmawen, la cinéaste et curatrice Sarah Mounia Kachiri et Nganji Mutiri.
À 19h, place à Mārama, long métrage de Taratoa Stappard, sorti en 2025 en Nouvelle Zélande. Situé au XIXe siècle, ce récit gothique suit une jeune Maorie partie au Yorkshire sur les traces de ses parents disparus. Dans un manoir inquiétant, elle découvre les violences subies par les femmes de sa lignée. À travers cette histoire, le film explore les séquelles du colonialisme et les traumatismes transmis entre générations. La séance est déconseillée aux moins de 12 ans.
Le dimanche 1er novembre, les activités débuteront à 11h à Tatmin avec une nouvelle séance de courts métrages, suivie d’un échange avec le public en présence de Karim Souissi, Mustapha Bandini et Nganji Mutiri.
Le Cinéma 7ème Art prendra ensuite le relais. À 17h, une seconde projection de Reflet dans un diamant mort permettra aux spectateurs de découvrir ou de revoir le film d’ouverture. Le festival se clôturera à 19h avec Sicko d’Aitore Zholdaskali, une satire noire kazakhe qui met en scène un couple criblé de dettes décidant d’inventer un cancer pour lancer une cagnotte en ligne. Lorsque leur initiative devient virale, leur stratagème prend une tournure inattendue. Le film est déconseillé aux moins de 12 ans.
Boujloud, une figure populaire au cœur de l’identité du festival
Le nom du festival puise dans l’imaginaire populaire marocain. Boujloud, également appelé Bilmawen en amazighe, est un personnage traditionnel masqué, vêtu de peaux de mouton ou de chèvre, associé à des célébrations populaires et à un univers où se mêlent inquiétude, humour et fascination.
Longtemps associé aux frayeurs enfantines, ce personnage constitue un point de départ symbolique pour le festival. En s’appuyant sur cette figure familière, le Boujloud Film Fest souhaite interroger la place des monstres dans les sociétés, les représentations culturelles de la peur et les récits qui façonnent les imaginaires collectifs.
Cette approche se retrouve dans une programmation qui rapproche les traditions marocaines, les héritages africains et les œuvres internationales. Le fantastique devient ainsi un moyen d’explorer les identités, les mémoires et les tensions historiques, tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes de dialogue culturel.
Une initiative belgo marocaine tournée vers la transmission
Le Boujloud Film Fest est né d’une initiative portée par Mustapha Abatane, dit Bandini, professionnel du cinéma établi à Bruxelles, Christel Schouweiler, consultante culturelle belge installée à Rabat, et Sami Gaidi, consultant en cinéma actif entre la Suisse, la Belgique et le Maroc.
Le projet est porté par l’Association Tatmin et développé en collaboration avec l’ISMAC, membre fondateur du festival. Au delà de cette première manifestation, ses initiateurs souhaitent inscrire leur démarche dans la durée, en développant des actions de formation, de médiation culturelle et d’accès des jeunes au cinéma de genre.
L’ISMAC accueillera la journée d’ouverture, les rencontres autour des courts métrages et des étudiants mobilisés pour l’événement. La Fondation Hiba et la Cinémathèque de Rabat accompagnent également le projet à travers le Cinéma 7ème Art, qui recevra les projections publiques des 31 octobre et 1er novembre.
À Bruxelles, l’association Amana Film, portée par Samira El Mouzghibati, contribue à l’ancrage du projet, aux côtés de Timendotes et de La Cité des Nuages. Saphir Production et Tafra Collective participent à la dynamique de production et de communication, tandis que Bzerba rejoint l’initiative comme partenaire mobilité.
Le Prologue bénéficie également du soutien de la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles Capitale, dite COCOF. Ce partenariat vise notamment à renforcer la participation d’experts bruxellois, à favoriser les échanges avec les étudiants de l’ISMAC et à consolider les liens culturels entre Bruxelles et Rabat.
Organisé à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel et du cinéma (ISMAC), au Cinéma 7ème Art et à Tatmin, cet événement entend faire découvrir des œuvres contemporaines rarement accessibles dans les circuits commerciaux marocains. Au programme, quatre longs métrages, une sélection de courts métrages, des discussions et des rencontres avec des cinéastes, des artistes, des chercheurs et des professionnels du cinéma.
L’ambition est de créer un espace de découverte et de transmission où les productions locales, africaines et internationales dialoguent autour de récits singuliers, entre peur, imaginaire, mémoire et transgression.
Une programmation entre fantastique, horreur et critique sociale
Le programme s’ouvrira le vendredi 30 octobre à l’ISMAC avec une séance de courts métrages à 10h30, suivie d’une rencontre animée par Mustapha Abatane, dit Bandini, en présence du réalisateur Karim Souissi et de l’artiste belgo congolais Nganji Mutiri. La sélection réunira notamment Qu’importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui, MAKR et Yathoom de Hana Kazim, Mauvais Œil, réalisé collectivement avec Karim Akalay, ainsi que Seminal Animals de Karim Souissi.
Après la cérémonie officielle d’ouverture prévue à 17h30, le public découvrira à 19h Reflet dans un diamant mort, réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani. Ce film belge de 2025, d’une durée de 1 h 40, mêle espionnage, esthétique pop et références au giallo, ce courant italien du cinéma policier et horrifique. L’intrigue suit un ancien espion installé sur la Côte d’Azur, dont le passé ressurgit après la disparition de sa mystérieuse voisine. La séance est interdite aux moins de 18 ans.
Le samedi 31 octobre, le Cinéma 7ème Art accueillera à 15h Black Zombie, un documentaire de la réalisatrice canadienne Maya Annik Bedward. Le film remonte aux origines vaudou haïtiennes de la figure du zombie et interroge sa transformation par le cinéma américain. La projection sera suivie d’un débat intitulé « Que disent nos monstres de nous ? », modéré par Bouchra Assou, programmatrice et chercheuse basée à Montréal et fondatrice de Dhakira Collective. La discussion réunira l’anthropologue Lahoucine Bouyaakoubi, dit Anir, spécialiste de la tradition de Bilmawen, la cinéaste et curatrice Sarah Mounia Kachiri et Nganji Mutiri.
À 19h, place à Mārama, long métrage de Taratoa Stappard, sorti en 2025 en Nouvelle Zélande. Situé au XIXe siècle, ce récit gothique suit une jeune Maorie partie au Yorkshire sur les traces de ses parents disparus. Dans un manoir inquiétant, elle découvre les violences subies par les femmes de sa lignée. À travers cette histoire, le film explore les séquelles du colonialisme et les traumatismes transmis entre générations. La séance est déconseillée aux moins de 12 ans.
Le dimanche 1er novembre, les activités débuteront à 11h à Tatmin avec une nouvelle séance de courts métrages, suivie d’un échange avec le public en présence de Karim Souissi, Mustapha Bandini et Nganji Mutiri.
Le Cinéma 7ème Art prendra ensuite le relais. À 17h, une seconde projection de Reflet dans un diamant mort permettra aux spectateurs de découvrir ou de revoir le film d’ouverture. Le festival se clôturera à 19h avec Sicko d’Aitore Zholdaskali, une satire noire kazakhe qui met en scène un couple criblé de dettes décidant d’inventer un cancer pour lancer une cagnotte en ligne. Lorsque leur initiative devient virale, leur stratagème prend une tournure inattendue. Le film est déconseillé aux moins de 12 ans.
Boujloud, une figure populaire au cœur de l’identité du festival
Le nom du festival puise dans l’imaginaire populaire marocain. Boujloud, également appelé Bilmawen en amazighe, est un personnage traditionnel masqué, vêtu de peaux de mouton ou de chèvre, associé à des célébrations populaires et à un univers où se mêlent inquiétude, humour et fascination.
Longtemps associé aux frayeurs enfantines, ce personnage constitue un point de départ symbolique pour le festival. En s’appuyant sur cette figure familière, le Boujloud Film Fest souhaite interroger la place des monstres dans les sociétés, les représentations culturelles de la peur et les récits qui façonnent les imaginaires collectifs.
Cette approche se retrouve dans une programmation qui rapproche les traditions marocaines, les héritages africains et les œuvres internationales. Le fantastique devient ainsi un moyen d’explorer les identités, les mémoires et les tensions historiques, tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes de dialogue culturel.
Une initiative belgo marocaine tournée vers la transmission
Le Boujloud Film Fest est né d’une initiative portée par Mustapha Abatane, dit Bandini, professionnel du cinéma établi à Bruxelles, Christel Schouweiler, consultante culturelle belge installée à Rabat, et Sami Gaidi, consultant en cinéma actif entre la Suisse, la Belgique et le Maroc.
Le projet est porté par l’Association Tatmin et développé en collaboration avec l’ISMAC, membre fondateur du festival. Au delà de cette première manifestation, ses initiateurs souhaitent inscrire leur démarche dans la durée, en développant des actions de formation, de médiation culturelle et d’accès des jeunes au cinéma de genre.
L’ISMAC accueillera la journée d’ouverture, les rencontres autour des courts métrages et des étudiants mobilisés pour l’événement. La Fondation Hiba et la Cinémathèque de Rabat accompagnent également le projet à travers le Cinéma 7ème Art, qui recevra les projections publiques des 31 octobre et 1er novembre.
À Bruxelles, l’association Amana Film, portée par Samira El Mouzghibati, contribue à l’ancrage du projet, aux côtés de Timendotes et de La Cité des Nuages. Saphir Production et Tafra Collective participent à la dynamique de production et de communication, tandis que Bzerba rejoint l’initiative comme partenaire mobilité.
Le Prologue bénéficie également du soutien de la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles Capitale, dite COCOF. Ce partenariat vise notamment à renforcer la participation d’experts bruxellois, à favoriser les échanges avec les étudiants de l’ISMAC et à consolider les liens culturels entre Bruxelles et Rabat.
