Abdellatif Lasri, quarante ans de peinture à l’épreuve du temps
Avec « L’Empreinte du temps », so.artgallery consacre une rétrospective à Abdellatif Lasri, artiste peintre marocain installé à Paris depuis près d’un demi-siècle. Réunissant des œuvres réalisées entre 1983 et 2025, l’exposition retrace plus de quarante ans de recherche plastique, où la matière, la couleur et le geste composent une réflexion sensible sur l’être humain et son rapport au monde.
Né à Casablanca en 1957, Abdellatif Lasri vit et travaille à Paris depuis 1978. Avec cette exposition, l’artiste retrouve sa ville natale à travers un parcours qui témoigne de la richesse et de la continuité de sa démarche. Loin des conventions, sa peinture s’est construite au fil des années autour d’une même exigence : explorer les possibilités de l’abstraction pour traduire les tensions humaines, les mouvements intérieurs et les traces laissées par le temps.Chez Lasri, la peinture est avant tout une expérience de la matière. Le couteau devient un prolongement de la main, déposant, déplaçant et superposant les couleurs sur la toile. Les surfaces se chargent de reliefs, de strates et de traces, comme autant de fragments d’une mémoire en construction. Les contrastes chromatiques, parfois incisifs, parfois subtils, dialoguent avec la spontanéité du geste. De cette liberté naissent des compositions vivantes, traversées par des équilibres fragiles et des tensions maîtrisées.La matière comme mémoire, l’abstraction comme langageAu fil de son parcours, plusieurs motifs s’imposent et se renouvellent. Les visages, épurés jusqu’à leurs lignes essentielles, interrogent l’identité et la singularité de l’individu. Les grilles et les compartiments dessinent des espaces fragmentés, évocateurs d'une société où les rapprochements cohabitent avec les séparations. Les persiennes, quant à elles, suggèrent le secret, l'intériorité et cette frontière incertaine entre ce qui se donne à voir et ce qui demeure inaccessible.Ces formes ne sont jamais figées. Elles évoluent, se déplacent et se réinventent au gré des recherches de l’artiste. L’abstraction devient alors un langage à part entière, capable de faire surgir une présence humaine sans passer par la représentation directe. Sous les lignes, les accumulations de matière et les contrastes se dessinent des sentiments de solitude, des tensions intimes et des élans de vie. Une peinture qui, derrière sa liberté formelle, conserve une profonde dimension humaine.Quatre décennies de création, une même libertéL’Empreinte du temps propose ainsi une lecture rétrospective d’une œuvre en constante transformation. Les variations de couleurs, les évolutions de la matière et les métamorphoses du geste rendent visible le passage des années. Si les formes changent, une même énergie créatrice traverse les différentes périodes. Chaque toile porte la mémoire d'une recherche antérieure tout en ouvrant de nouvelles perspectives.En réunissant des œuvres réalisées entre 1983 et 2025, so.artgallery met en lumière la cohérence d’un parcours artistique singulier, façonné par l’expérimentation et l’indépendance du regard. Plus qu'une rétrospective, l'exposition est une invitation à parcourir le temps à travers la peinture, à observer ce qui demeure et ce qui se transforme. Une œuvre où la matière devient mémoire et où l’abstraction révèle, avec justesse, les multiples dimensions de l’expérience humaine.Le vernissage de « L’Empreinte du temps » aura lieu le jeudi 12 novembre 2026 à partir de 18h30 à so.artgallery, à Casablanca.