Cameroun : « AgriConnect » pour transformer le secteur agricole

Le gouvernement camerounais, en partenariat avec la Banque mondiale, a lancé le Pacte AgriConnect, une initiative destinée à moderniser les systèmes alimentaires, à stimuler la création d’emplois et à renforcer la sécurité alimentaire.

Ce programme ambitionne de faire de l’agriculture un moteur majeur de croissance économique et de réduction de la dépendance du pays aux importations alimentaires.Le secteur agroalimentaire occupe une place importante dans l’économie nationale. Il représente environ 17 % du produit intérieur brut (PIB) et fournit des emplois à près de 4,7 millions de personnes, soit 42 % de la population active, principalement au sein de petites exploitations agricoles. L’agriculture génère également plus de la moitié des recettes d’exportation hors pétrole du Cameroun.Huit filières prioritaires cibléesLe Pacte AgriConnect entend concentrer les investissements sur huit chaînes de valeur stratégiques : le maïs, le riz, le manioc, le palmier à huile, le cacao, le soja, les produits laitiers, ainsi que la pêche et l’aquaculture.Le programme prévoit d’améliorer les infrastructures et les services agricoles, de renforcer les politiques publiques du secteur et de faciliter l’accès au financement. L’objectif est d’accroître la productivité des exploitations, d’attirer davantage d’investissements privés et de favoriser la création d’emplois, tout en augmentant la production locale pour répondre aux besoins alimentaires de la population.Un dispositif aligné sur les priorités nationalesLe Pacte s’inscrit dans le prolongement de la Stratégie nationale de développement du Cameroun à l’horizon 2030 (SND30), de la Stratégie de développement du secteur rural 2020-2030 et du Programme intégré de substitution des importations agricoles et halieutiques (PIISAH).Il constitue un cadre de coordination réunissant les pouvoirs publics, le Groupe de la Banque mondiale, les partenaires techniques et financiers, les acteurs privés et les organisations de producteurs. Sa gouvernance repose sur un comité de pilotage coprésidé par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural et le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales.Le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire veille, pour sa part, à la cohérence du programme avec les priorités nationales.Trois piliers pour accélérer la transformation agricoleLa mise en œuvre du Pacte repose sur trois axes complémentaires : le renforcement des bases productives de l’agriculture, la réforme des politiques sectorielles et le développement de l’écosystème financier.À travers cette approche, le Cameroun entend améliorer les conditions de production, faciliter le financement des activités agricoles et mobiliser davantage de capitaux privés. L’enjeu est de renforcer durablement les filières nationales, de soutenir les producteurs et de faire de la production locale un levier de sécurité alimentaire et de développement économique.**related_articles[23273-Cameroun : la croissance sous pression face au recul des hydrocarbures ]**