Societe
Pass vaccinal. La fronde continue
L’imposition du pass vaccinal dans les lieux publics continue de faire des remous. L’Association Marocaine des Droits Humains a adressé, mardi, une lettre ouverte au Chef du gouvernement afin qu'il renonce à cette décision jugée « anticonstitutionnelle » et « illégale ».
Hayat Kamal Idrissi
L'AMDH s'adresse à Aziz Akhenouch pour renoncer à cette décision polémique
Le pass vaccinal ne passe pas ! La décision gouvernementale de l’imposer pour tout accès aux lieux publics et tout déplacement entre provinces ne cesse de provoquer des réactions indignées de part et d’autre. Ainsi après la pétition « Non au pass vaccinal » lancée par un collectif de personnalités et le communiqué revendicatif du Syndicat des Avocats du Maroc (SAM), c’est au tour de l’AMDH de se joindre au mouvement de protestation.
La critique
Dans une lettre ouverte adressée au Chef du gouvernement Aziz Akhenouch, l’association l’appelle à renoncer à une décision « qui n’a fait que susciter la colère d’une large frange de la population, que ce soit parmi les vaccinés ou non. Et spécialement les citoyens dont la vie professionnelle a été complètement chamboulée car n’arrivant plus à accéder à leurs lieux de travail, aussi bien dans le secteur privé que public », note-t-on dans ce courrier. Un pass qui, selon l’AMDH, a profondément affecté la vie des citoyens non vaccinés tout en limitant largement leurs libertés dans l’espace public.
L’argumentaire
Une position que les activistes de l’association expliquent par le lourd impact de cette décision « soudaine » et « mal préparée » sur le cours normal de la vie de la population. Affirmant recevoir un nombre énorme de plaintes d'individus indignés, l’AMDH pointe du doigt les retombées négatives de cette mesure sur la tranquillité des esprits, le bien-être des citoyens. Mais aussi sur le bon déroulement des différents services publics devenus inaccessibles pour un grand nombre à cause du pass vaccinal. Poussant son argumentaire plus loin, l’AMDH note l’aspect « improvisé » et « soudain » d’une mesure aux fortes implications sociales, économiques, légales et constitutionnelles. « Le pass vaccinal a été imposé sans débat public ni concertation avec le parlement, la société civile, les partis politiques, les sociétés scientifiques ou encore les représentations syndicales. Un débat qui aurait pu donner forme à une vision fédératrice et unifiée permettant d'affronter ensemble la pandémie et ses différentes répercussions », ajoute-t-on dans la lettre.
La solution
Toujours dans ce sens, l’AMDH remet en question la légitimité d’une décision qui n’a pas émané du parlement et qui n’a pas été mise en examen sous son hémicycle. « Une situation qui alimente la tension et le manque de confiance régnant actuellement parmi les citoyens, à cause notamment des dernières augmentations des prix des produits alimentaires et de la crise socio-économique liée à la pandémie » met en garde la missive de l'AMDH.
Selon cette dernière, la seule solution pour décongestionner la situation reste l’annulation de la décision. Appelant le chef du gouvernement à y renoncer, l’ONG estime que c’est là l'unique moyen de réinstaurer la confiance et garantir le bon déroulement de la campagne de vaccination. « Dans le respect des libertés et du libre choix, en convainquant les citoyens et non pas en les obligeant malgré eux à se faire vacciner » conclut le document.

