Tindouf occupée. L’Algérie doit entamer des négociations directes avec le Polisario

Lamamra a informé son interlocuteur que son pays appelle à des négociations directes être le Maroc et les séparatistes.
Chaque fois que les Algériens se retrouvent devant un responsables onusien, ils servent le même discours, pour affirmer qu’ils n’y sont vraiment pour rien dans ce conflit. Et c’est aussi ce que répète leur président.
On veut bien les croire mais allons-y doucement quand même, il y a des faits qui semblent dire autre chose. Et surtout soyons objectifs!
Lorsque l’Espagne a clarifié sa position vis-à-vis du dossier du Sahara, l’Algérie a riposté comme si l’action du gouvernement espagnol était une attaque directe contre elle. Pourquoi ce comportement quand on n’est pas partie du conflit? Cela n’a pas de sens. Dans ce cas, il s’agit d’une affaire maroco-espagnole qui intéresse la direction du Polisario. Personne n’a évoqué l’Algérie.
Lorsque l’Algérie oblige le président tunisien à accueillir le chef du Polisario en tant que chef d’Etat à Tunis est-ce que cela va dans le sens de ce que prétend l’Algérie? Mais pas du tout, ça veut dire que le pouvoir algérien, toujours sous la coupe des militaires, essaie de donner plus de visibilité au Polisario et ainsi renforce sa position. Or comme on l’a vu, l’effet escompté n’a pas eu lieu, tout s’est retourné contre les trois parties.
Lorsque le président du sénat Salah Goudjil, 90 ans, affirme que pour l’Algérie l’affaire du Sahara est une question d’être ou de ne pas être, cela explique tout, même si on peut en être étonné, sachant que le peuple algérien n’a absolument pas besoin du Polisario pour être. Au contraire, l’existence du Polisario l’empêche de bien vivre sa vie, avoir des bonnes autoroutes, des logements décents, des TGV, des piscines, des malls, des, zoos, du pain, de la pomme de terre, de l’huile, du lait, des bananes... la liste est encore longue, mais nous n’avons pas le temps.
Ainsi, on peut penser que les meilleures actions en faveur du Maroc sont celles entreprises par l’Algérie elle-même. Tous ses coups se retournent contre elle, le Maroc n’a plus qu’à la laisser faire et prouver ce qu’il a toujours dit, à savoir que le premier acteur de ce conflit c’est l’Algérie. Et elle continue à le démontrer chaque jour. On commende à penser aussi que l’Algérie n’est qu’un pion d’une autre partie qui joue de loin.
Ainsi, si la question est posée aux Nations unies, le Maroc n’aura qu’à sortir ces beaux arguments et, on peut en être sûr, il n’aura pas beaucoup de peine à convaincre.
Dans ces conditions, avec qui devra négocier le Maroc? Avec le Polisario qui n’a pas le droit à la parole ou avec le véritable acteur? La réponse est évidente. Par conséquent la langue de bois de Lamamra ne risque pas de remuer grand-chose, tout le monde sait déjà tout.
Et puis, revoyions un point important ! Même si on admet une négociation entre le Maroc et l’autre partie, de qui on parle au juste? Un mouvement séparatiste ou un Etat déjà constitué? Ce n’est pas la même chose. Le Polisario a déjà sa république qui est, dit-il, sahraouie et arabe, même si aucun pays arabe n’en veut, à part l’Algérie qui essaie d’embrigader la Tunisie.
Le problème a changé de nature il y a longtemps. Au début c’était un problème pour le Maroc, mais aujourd’hui, grâce à l’Algérie et sa force de frappe, nous sommes devant un problème algéro-polisarien. C’est à l’Algérie de savoir comment gérer la présence sur son territoire d’un Etat qui veut son indépendance. Pour le moment, le Polisario jouit d’une certaine souveraineté sur Tindouf et d’une manne financière qui vient d’Alger et des aides internationales même si ces dernières n’atteignent pas les populations retenues de force dans les camps.
C’est pourquoi, s’il y a un conseil raisonnable, rationnel, logique et salutaire à donner à l’Algérie, c’est bien d’entamer sans délai des négociations directes avec le Polisario sur les territoires occupés à Tindouf.

