Aid Al ADHA. Les moutons seront plus chers
Rencontrés lors du SIAM 2023, les éleveurs d’ovins sont exaspérés par la hausse des coûts de production. Quels impacts sur les prix de vente au public ? Comment compte agir le ministère de tutelle pour stopper l'hémorragie?
Mounia Kabiri Kettani
Selon l’un des éleveurs, les moutons seront plus chers de 10% voire même 15% cette année.
Les avis des éleveurs d’ovins sollicités par l’Observateur du Maroc et d’Afrique en marge du SIAM 2023, sont unanimes : «Les prix de moutons augmenteront cette année ». Selon l’un des éleveurs, la hausse des prix sera de l'ordre de 10% voire même 15% par rapport à l’année dernière. Cette augmentation s’explique par la flambée des coûts des intrants et de l'alimentation du bétail, qui ont alourdit les charges des éleveurs et ont fait donc exploser les coûts de production. Le professionnel confie qu’il produit 40% plus cher qu’avant.
Un autre éleveur, lui, estime que l’offre est suffisante et pourra satisfaire les besoins des marocains lors de cette période. Il reconnait dès lors que le mouton sera plus cher avec une différence de prix estimée à 2.000 DH en comparaison à 2022.
Les professionnels craignent pour leur avenir. Ils veulent que leur ministère de tutelle leur vienne en aide. Pour eux les mesures mises en place jusque là restent très insuffisantes surtout dans un contexte marqué par la sécheresse et une flambée vertigineuse des coûts de production.
De son côté le ministre rassure quant à la disponibilité du cheptel. «L’opération de l’identification du cheptel destiné à l’abattage pour Aid Al Adha est en cours. Et le bilan de l’opération sera annoncé bientôt par l’ONSSA », explique Sadiki avant d’ajouter «nous avons importé deux millions d’ovins pour assurer l’approvisionnement du marché national. L’objectif est de non seulement préserver le cheptel national mais aussi permettre de rester à un niveau plutôt raisonnable par rapport aux prix ».
Le ministre admet par ailleurs que la filière traverse une crise profonde suite à la flambée des prix des aliments pour le bétail. Selon lui, cela impacte directement les prix des ovins. Toutefois, il confie que le travail est en cours pour trouver les solutions adéquates capables de soutenir directement les éleveurs en matière d’alimentation de bétail. «Nous espérons que d’ici Aid Al Adha, les prix soient stables voire même réduits », conclut le chef du département de l’agriculture.

