Mozambique. Evasion massive de détenus à Maputo
Plus de 1.500 détenus se sont évadés mercredi d'une prison de haute sécurité de Maputo, profitant de l'agitation au troisième jour des troubles au Mozambique qui ont éclaté après la confirmation de la victoire du Frelimo au pouvoir, alors que l'opposition dénonce des fraudes.
Lilia Habboul
Plus de 1.500 détenus se sont évadés, mercredi, d’une prison de la capitale mozambicaine a annoncé le ministère de la Justice.
«Nous confirmons l’évasion d’un grand nombre de détenus de la prison de haute sécurité de Maputo, à la suite d’une rébellion», a déclaré le Secrétaire permanent du ministère de la Justice, Justino Tonela.
Il a précisé que le pénitencier de haute sécurité de Maputo, situé à un peu plus de 14 kilomètres du centre de la capitale mozambicaine, abrite plus de 3.000 détenus dans son aile de haute sécurité, dont des prisonniers condamnés et des suspects de crimes graves, principalement d’homicides.
Parmi les évadés, 33 ont été tués et quinze blessés lors des affrontements qui ont suivi avec le personnel pénitentiaire, a précisé pour sa part Bernardino Rafael, chef de la police nationale lors d'une conférence de presse.
Les opérations de recherche dans la foulée, appuyées par l'armée, ont permis d'arrêter quelque 150 de ces fugitifs. Parmi les prisonniers évadés, figurent une trentaine de détenus liés aux groupes armés jihadistes qui sèment la terreur depuis sept ans dans la province septentrionale du Cabo Delgado.
«Nous sommes particulièrement préoccupés par cette situation », a commenté le chef de la police.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements entre des détenus et les forces de sécurité de la prison, qui ont tiré plusieurs coups de feu pour tenter de contenir la rébellion.
Le Mozambique est en proie à des manifestations qui ont provoqué le chaos dans plusieurs villes, principalement à Maputo, après l’annonce des résultats définitifs des élections générales du 9 octobre, avec des pillages, des actes de vandalisme et des barricades routières.
Le Conseil constitutionnel a proclamé, lundi, Daniel Chapo, candidat soutenu par le parti au pouvoir, le Frelimo, Président élu, avec 65,17% des suffrages. Chapo succède à Filipe Nyusi à la tête du pays, le Frelimo conservant également la majorité parlementaire aux élections générales contestées.
Cette annonce a déclenché des troubles dans tout le pays, les partisans du candidat de l’opposition, Venâncio Mondlane, qui, selon le Conseil constitutionnel, n’a obtenu que 24% des voix, étant descendus dans la rue, érigeant des barricades, pillant et affrontant les forces de police.
Avec AFP et Faapa

