RDC : le FMI salue la stabilité économique malgré les défis sécuritaires
Le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une croissance économique de 5,5 % pour la République démocratique du Congo en 2026.
Lilia Habboul
Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo
D’après Calixte Ahokpossi, cette performance devrait être portée par la vitalité des secteurs de la construction, des services et de l’agriculture, qui compensent le ralentissement observé dans les industries extractives.
Le FMI estime que ces moteurs continueront de soutenir l’économie congolaise au cours de l’année prochaine. L’institution met également en avant la stabilité relative du taux de change depuis la fin de 2025, favorisée par la hausse des recettes issues des exportations minières et la réduction du déficit du compte courant.
Les réserves internationales de la RDC ont atteint 8,8 milliards de dollars à la fin du mois de mars, même si elles demeurent légèrement en dessous du seuil recommandé de trois mois d’importations. L’inflation annuelle, quant à elle, reste maîtrisée à un niveau inférieur ou égal à 2,5 % depuis octobre 2025, bien en dessous de l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale du Congo.
Cette évaluation intervient alors que les services du FMI et les autorités congolaises ont conclu un accord au niveau des services concernant la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), ainsi que la deuxième revue du programme appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner le dossier en juin 2026.
Cette nouvelle phase du programme économique intervient dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans l’Est du pays et par les conséquences des tensions économiques mondiales. Le FMI relève notamment que le plafond du déficit budgétaire intérieur à fin décembre 2025 a été dépassé de 0,6 point de PIB malgré de bonnes performances en matière de recettes publiques.
À ces défis conjoncturels s’ajoutent des fragilités structurelles persistantes, notamment la faiblesse de l’espace budgétaire, la faible mobilisation des recettes internes et l’insuffisance de création d’emplois. Dans un rapport publié en juillet 2025, Banque mondiale estimait déjà que ces facteurs pourraient freiner durablement une croissance inclusive en RDC.
Malgré ces contraintes, les perspectives économiques du pays restent jugées favorables. Le FMI encourage les autorités congolaises à poursuivre les réformes structurelles afin de renforcer la stabilité macroéconomique. L’institution recommande notamment une meilleure mobilisation des recettes publiques, une maîtrise accrue des dépenses et une gestion transparente des ressources issues du premier Eurobond du pays. Le gouvernement prévoit par ailleurs un budget rectificatif pour 2026 afin de soutenir les investissements et d’atténuer l’impact des chocs externes.

