Musique
Festival Gnaoua d'Essaouira : une ouverture magistrale entre traditions, fusions et ferveur populaire



Cette procession festive, devenue l'un des moments emblématiques du festival, a une nouvelle fois donné le ton d'une édition placée sous le signe du dialogue des cultures et du partage.
Mehdi Nassouli ouvre le bal avec une création multiculturelle
Premier temps fort de la soirée sur la scène Moulay Hassan, le Maâlem Mehdi Nassouli a proposé une création originale illustrant parfaitement l'esprit du Festival Gnaoua. Entouré de la Troupe rawandaise i Buhoro, de la chanteuse marocaine Sara Moullablad, de la vocaliste indienne Ganavya et du flûtiste irlandais Sylvain Barou, il a donné naissance à une fusion où les rythmes gnaouis ont dialogué avec les traditions musicales africaines, nordiques, indiennes et celtiques.
Une performance riche en émotions, où le guembri, les voix et les instruments traditionnels ont construit un langage musical universel.
Une succession de concerts entre héritage et ouverture
La soirée s'est poursuivie avec le concert du Maâlem Mohamed Kouyou, qui a replongé le public dans la profondeur spirituelle et festive du répertoire gnaoui, avant de laisser place au groupe Badume's Band et à la chanteuse éthiopienne Selamnesh Zéméné.
Leur prestation, nourrie de sonorités africaines contemporaines et d'influences traditionnelles, a préparé le terrain pour une nouvelle rencontre artistique : la fusion entre le Maâlem Mohammed Montari et Badume's Band, accompagnés de Selamnesh Zéméné. Une création où les rythmes gnaouis se sont mêlés aux musiques d'Afrique de l'Ouest et aux chants éthiopiens dans un dialogue musical intense.

Pour clôturer cette première grande soirée sur la scène Moulay Hassan, le groupe Hoba Hoba Spirit a livré un concert explosif, enchaînant ses titres les plus populaires dans une ambiance électrique. Le public, conquis, a repris en chœur les refrains du groupe casablancais, concluant cette ouverture sur une note résolument festive.
Des nuits gnaouies plus intimistes à Dar Souiri et Bayt Dakira
À partir de 23 heures, le festival s'est poursuivi dans une atmosphère plus recueillie avec les traditionnels concerts Gnaoua organisés dans des lieux patrimoniaux de la ville.
À Dar Souiri, le Maâlem Abdelkader Haddada a ouvert la soirée avant de céder la place au Maâlem Abdenbi El Gadari, offrant au public des performances ancrées dans la tradition authentique du répertoire gnaoui.
À Bayt Dakira, les festivaliers ont assisté au concert du Maâlem Khalid Izoubaz, suivi d'une prestation du Maâlem Taieb Dhibi, dans le cadre intimiste de ce haut lieu du dialogue des cultures.
Ces concerts nocturnes ont permis aux amateurs de vivre une expérience plus proche de l'esprit originel des lila, dans une ambiance propice à l'écoute et à la transmission.
Une première soirée fidèle à l'esprit du Festival Gnaoua
Entre la ferveur populaire de la parade, les créations inédites réunissant artistes marocains et musiciens internationaux, les concerts des Maâlems et les performances plus intimistes proposées jusque tard dans la nuit, cette soirée inaugurale a parfaitement incarné la philosophie du Festival Gnaoua et Musiques du Monde.
Pour cette 27e édition, Essaouira confirme une nouvelle fois son statut de carrefour des cultures, où les traditions séculaires continuent de dialoguer avec les expressions musicales contemporaines, offrant au public une expérience artistique aussi singulière qu'universelle.
