Liberté de la presse. L’Algérie épinglée par des experts de l’ONU
Des experts de l'ONU ont exprimé vendredi leur "profonde inquiétude" au sujet du journaliste algérien Hassan Bouras, détenu depuis mi-avril et selon eux affaibli par plusieurs semaines de grève de la faim.

"Nous sommes profondément préoccupés par la poursuite de la détention arbitraire de M. Bouras, ainsi que par les risques sérieux qui pèsent sur sa santé, son intégrité physique et sa vie", ont déclaré dans un communiqué quatre experts onusiens.
M. Bouras a été selon eux arrêté le 12 avril par des agents en civil devant son domicile à El Bayadh, dans le nord-ouest de l'Algérie, "apparemment sans mandat ni explications". Le lendemain, un tribunal a ordonné sa détention provisoire notamment pour "appartenance à une organisation terroriste et diffusion de publications considérées comme portant atteinte à l'intérêt national", soulignent-ils.
Selon ces experts, mandatés par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, mais qui ne s'expriment pas au nom de l'organisation, "sa détention semble être liée à l'exercice pacifique de ses droits à la liberté d'expression, à la promotion, à la protection et à la défense des droits de l'homme ainsi qu'à la participation à la vie publique".
Les experts expliquent que, le 2 mai, M. Bouras a été placé à l'isolement pour avoir entamé une grève de la faim "afin de protester contre sa détention et les violations de ses droits humains".
"Au cours de cette grève de la faim, qui a duré 26 jours, il (...) a développé de graves complications de santé sans recevoir de soins médicaux adéquats, ce qui est particulièrement préoccupant compte tenu de ses troubles cardiaques et respiratoires préexistants", écrivent-ils.
Le 22 juin, son dossier a été renvoyé devant un tribunal criminel et demeure en attente de jugement.
Selon les experts, cette situation "intervient dans un contexte de préoccupations croissantes concernant les restrictions aux droits civils et politiques" et à "la liberté de la presse" en Algérie.
"Nous demandons la libération immédiate de M. Bouras et appelons à mettre fin au schéma plus large de harcèlement et de poursuites visant les journalistes et les défenseurs des droits de l'homme en Algérie", ont-ils déclaré, expliquant être "en communication" avec le gouvernement algérien à ce sujet.
Hassan Bouras, ancien membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), aujourd'hui dissoute, a déjà été détenu et condamné à plusieurs reprises pour son travail de journaliste, le plus récemment en novembre 2022, selon Amnesty.
Dans le classement mondial de la liberté de la presse, l’Algérie est à la 145e place sur 180 pays et territoires.
Avec AFP

