Mehdi Bensaid, une génération préparée pour le Maroc de demain

Il y a des responsables politiques que les circonstances mettent en avant. Et il y en a d’autres que les années préparent progressivement aux responsabilités.
Mohamed Mehdi Bensaid appartient à cette seconde catégorie.
À 41 ans, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication incarne une génération politique marocaine qui a grandi avec son époque : jeune, connectée au monde, confrontée très tôt aux bouleversements technologiques et sociétaux, mais aussi formée aux réalités du terrain et profondément attachée aux institutions du Royaume.
Pour comprendre son parcours, il faut d’abord revenir à sa première école : sa famille.
Né le 26 octobre 1984 à Rabat, Mehdi Bensaid grandit dans un environnement où la politique, les convictions et l’engagement ne sont pas des notions abstraites.
Son père, Samir Bensaid, appartient à l’histoire de la gauche radicale marocaine et fut une figure de l’organisation marxiste Ila al-Amam (« En avant »), avant de connaître l’exil en France. Sa mère, Samira Kinani, s’est elle aussi engagée dans le militantisme des droits humains et au sein de la gauche marocaine.
Le jeune Mehdi reçoit ainsi très tôt une formation qui ne s’apprend dans aucune université : celle de la conviction, du débat et de l’engagement.
Mais hériter d’une culture politique ne signifie pas nécessairement en reproduire les choix. Mehdi Bensaid empruntera son propre chemin.
Formé en sciences politiques, en droit, en relations internationales et aux questions africaines entre Toulouse et Paris, il s’engage très jeune dans la vie publique. En 2008, lorsqu’est créé le Parti Authenticité et Modernité, il n’a que 23 ans.
Commence alors sa deuxième grande école politique : celle de Fouad Ali El Himma.
Au contact d’un Grand Homme d’Etat qui connaît profondément les fondamentaux et les réalités du Maroc, le jeune Bensaid découvre une autre dimension de l’action politique : le terrain, l’écoute, le pragmatisme, la responsabilité, mais aussi la compréhension de ce qui constitue l’une des constantes fondamentales du modèle marocain : la loyauté envers la Monarchie et les institutions du Royaume.
Ces deux écoles auraient pu être contradictoires. Elles constituent peut-être, au contraire, l’une des clés de son parcours.
De sa famille, il hérite la culture de l’engagement. Au contact d’El Himma et de la politique de terrain, il acquiert la culture de l’État.
La suite sera rapide.
Élu député en 2011, à seulement 27 ans, il prend progressivement des responsabilités importantes au Parlement, jusqu’à présider la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques et des Marocains résidant à l’étranger.
En octobre 2021, à 36 ans, Sa Majesté le Roi Mohammed VI le nomme ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.
L’épreuve des actes
Mais un parcours, aussi prometteur soit-il, ne suffit pas. La véritable mesure d’un responsable politique commence lorsqu’il reçoit les moyens d’agir.
Et c’est peut-être là que le parcours de Mehdi Bensaid devient le plus intéressant.
À la Communication, il s’est attaqué à un dossier particulièrement sensible : la réforme de la presse et de son autorégulation. Le chantier du Conseil national de la presse aura été long, difficile, parfois conflictuel. Il aura fallu écouter les professionnels, négocier, amender les textes, répondre aux oppositions, tenir compte des observations de la Cour constitutionnelle et revenir devant le Parlement. Bensaid a défendu jusqu’au bout l’idée d’un Conseil renouvelé, plus moderne, avec des règles de gouvernance, de transparence et de représentativité adaptées aux transformations profondes du métier de journaliste.
Dans la culture, la même volonté de transformation s’est manifestée.
Le cinéma marocain a été pensé non seulement comme un art à soutenir, mais comme une véritable industrie. La réforme du cadre juridique de l’industrie cinématographique et du Centre cinématographique marocain a cherché à renforcer la gouvernance, la transparence, la compétitivité et l’attractivité du Maroc pour les productions et les investissements.
Dans le même temps, Bensaid a accordé une place importante à la protection et à la valorisation du patrimoine marocain. Sites historiques, patrimoine matériel et immatériel, archéologie, restauration : l’objectif n’est plus seulement de conserver la mémoire, mais de la protéger, de la transmettre et d’en faire également un levier culturel et économique.
Et puis il y a le pari le plus inattendu : le gaming.
Là où certains continuent à voir dans le jeu vidéo un simple divertissement pour adolescents, Bensaid y a vu une industrie mondiale, des emplois qualifiés, de la création, de la technologie et une opportunité pour la jeunesse marocaine. Le Morocco Gaming Expo et la stratégie engagée pour structurer un véritable écosystème national traduisent cette volonté de positionner le Royaume sur une industrie qui pèsera de plus en plus lourd dans l’économie créative mondiale.
La presse, le cinéma, le patrimoine, le gaming : quatre univers très différents, mais une même logique. Moderniser ce qui doit l’être, protéger ce qui constitue notre identité et investir dans les industries de demain.
C’est aussi cela, Mehdi Bensaid.
Une génération face au monde de demain
Car le Maroc entre dans une décennie où la question générationnelle devient stratégique.
Modernes sans être déracinés. Audacieux sans être imprudents. Ouverts sur le monde, mais profondément conscients de ce qu’ils représentent.
Mehdi Bensaid est l’un des visages de cette génération.
Parce que le Maroc de demain se prépare aujourd’hui.

