Législatives 2026. Nabil Benabdellah détaille les engagements économiques prioritaires du PPS
Pouvoir d’achat, chômage, retraites : le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, Mohammed Nabil Benabdellah, expose les priorités du PPS pour les législatives 2026. Il détaille ses propositions et défend un programme chiffré à 575 milliards de dirhams supplémentaires.
Mounia Kabiri Kettani
Mohammed Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme.
L'Observateur du Maroc et d'Afrique: Monsieur Nabil Benabdellah, vous êtes secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme. Que proposez-vous concrètement pour améliorer le pouvoir d’achat des Marocains, aujourd’hui fortement affecté par la hausse des prix ?
Nabil Benabdellah: C'est l’un des premiers reproches que nous pouvons faire au gouvernement sortant : ne pas avoir protégé le pouvoir d’achat des Marocains. Bien au contraire, nous avons connu une hausse vertigineuse des prix à la consommation, mais également d’un certain nombre de services.
Nous avons appelé ce gouvernement à changer de politique et à adopter un certain nombre de mesures utilisées dans d’autres pays pour protéger le pouvoir d’achat, notamment en réduisant la TVA sur certains produits et en agissant sur la TIC, la taxe intérieure de consommation.
Concrètement, au-delà de ces mesures de protection, nous proposons une augmentation du SMIG de 15 %, en deux temps : 7,5 % au début de la législature, puis une deuxième augmentation l’année suivante.
Nous proposons également une réduction de la fiscalité pour les entreprises, afin de ramener le taux applicable aux PME et aux TPME à 10 %, plutôt qu’à 20 % comme l’a fait le gouvernement actuel.
Nous projetons également de faire en sorte que tous les revenus inférieurs à 60 000 dirhams par an soient exonérés d’impôt.
Nous proposons aussi des mesures de soutien aux Marocains et aux Marocaines, notamment en matière de scolarité, avec une aide de 1 000 dirhams à la rentrée scolaire pour chaque enfant issu d’une famille défavorisée. Cela permettra de maintenir le lien avec la scolarité et d’éviter les déperditions scolaires.
À cela s’ajoutent, bien sûr, les mesures que nous pouvons mettre en œuvre pour améliorer l’économie, créer des emplois et permettre notamment à un certain nombre de jeunes de sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent.
En parlant justement des jeunes, il y a la problématique du chômage. Le HCP fait état d’un taux de chômage de 9,5 % au deuxième trimestre 2026. Quelles solutions concrètes proposez-vous pour sortir de cette situation ?
Le Wali de Bank Al-Maghrib, devant Sa Majesté, a parlé de 13 % de chômage. Il y a donc un vrai problème. Nous considérons que, sur les cinq années à venir, il faut d’abord améliorer le climat de confiance, lutter contre toutes les pratiques de corruption, les conflits d’intérêts, l’économie de rente et les marchés publics qui ne sont pas suffisamment transparents.
Tout cela permettra de créer une nouvelle confiance dans l’économie nationale et dans l’investissement, d’améliorer notre capacité à produire des richesses et à mieux les répartir, mais également de sortir notre pays de la régression que nous connaissons en matière économique.
Dans ce sens, nous pensons également qu’il faut renforcer cette capacité à travers un investissement public fort, mais aussi à travers l’amélioration du climat de l’investissement privé. Nous proposons notamment la création d’une banque publique d’investissement qui permettrait de drainer quelque chose comme 50 milliards de dirhams par an vers l’investissement et l’accompagnement des entreprises, mais également des régions.
Il s’agit de lancer un certain nombre de nouveaux chantiers, notamment d’industrialisation, qui ne concernent pas uniquement Casablanca et Tanger, comme c’est le cas aujourd’hui. Nous voulons une véritable industrialisation, qui fasse passer la part de l’industrie de 15 % du PIB aujourd’hui à 20 % du PIB. Cela permettra de créer 500 000 emplois.
Nous voulons également investir massivement dans l’économie numérique, notamment dans le cadre de la préservation de notre souveraineté numérique. Cela peut permettre de créer 150 000 emplois. Je reconnais qu’il y aura également des pertes d’emplois.
Nous voulons également faire passer une partie importante des 2 millions d’entreprises qui existent dans l’informel vers l’économie formelle. Cela permettra également de créer de l’emploi, dans la transparence et dans le respect des conditions de travail.
À cela s’ajoutent tout ce que nous prévoyons pour les secteurs importants qui peuvent porter l’économie de demain et contribuer à la préservation de nos richesses : l’économie verte, l’économie bleue, ainsi que la question énergétique, sur laquelle nous faisons des propositions extrêmement avancées.
Il y a également l’économie sociale et solidaire, le tourisme, l’artisanat, mais aussi la possibilité de valoriser un certain nombre de productions qui s’expriment au niveau des territoires et d’améliorer leurs conditions.
La culture peut également être une source de création d’emplois à travers les industries créatives et culturelles. Nous avons tout un certain nombre de propositions à ce niveau.
Le monde du sport est également un secteur dans lequel nous pouvons investir, d’abord pour en faire un outil de promotion de la société et de performance, mais également un espace d’investissement productif à différents niveaux.
Monsieur Benabdellah, il y a les jeunes, mais il y a aussi les retraités. Quelle place accordez-vous à cette catégorie dans votre programme électoral ?
Ce que nous considérons comme fondamental, c’est d’améliorer la situation des retraités. Aujourd’hui, c’est un véritable problème. Nous avons environ six millions de personnes à l’âge de la retraite, et nous avons devant nous un dossier majeur : celui de la réforme des retraites.
Nous prenons l’engagement d’entamer des négociations dans les six premiers mois du gouvernement, si tant est que nous puissions diriger ce gouvernement ou y participer de manière conséquente.
Nous considérons qu’il n’est pas acceptable aujourd’hui que le montant minimum d’une retraite soit inférieur au SMIG. Vous avez des retraités qui touchent 500, 800 ou 1 000 dirhams par mois, selon l’endroit où ils ont travaillé. Vous avez également d’anciens militaires qui se trouvent dans des situations extrêmement précaires.
Il est donc impératif d’améliorer la situation de ces retraités et de porter progressivement le minimum de retraite au niveau du SMIG, c’est-à-dire autour de 3 400 à 3 500 dirhams.
Par ailleurs, ceux qui perçoivent moins de 60 000 dirhams par an seront exonérés d’impôt, puisque nous proposons cette exonération pour tous les revenus inférieurs à ce seuil.
Nous considérons également qu’il faut supprimer cette mesure qui fait que, lorsqu’un travailleur décède, sa veuve ne perçoit plus que 50 % de sa retraite.
C’est aussi une injustice. Nous voulons donc faire en sorte que les retraités puissent vivre dans de meilleures conditions et bénéficier d’un niveau de vie plus satisfaisant.
D’où viendra l’argent pour financer ces engagements ?
Nous avons chiffré ce programme et nous considérons que toutes les mesures que nous présentons sont précisément évaluées. Nous estimons que leur coût s’élèvera à quelque 575 milliards de dirhams supplémentaires.
Je voudrais simplement préciser que cela représente à peu près le montant des recettes fiscales dégagées par le gouvernement actuel, même si une part importante est constituée d’impôts indirects.
Nous pensons pouvoir mobiliser ces ressources à travers les différentes mesures dont je vous parle : l’industrialisation, le numérique et les différents secteurs d’investissement.
Nous pouvons également dégager des ressources grâce à l’amélioration du climat de confiance. Un climat de confiance va permettre de booster l’économie et de stimuler l’investissement, notamment l’investissement privé marocain, mais également l’investissement privé étranger.
Cela signifie davantage de création de richesses, davantage d’emplois et, par conséquent, davantage de recettes fiscales, grâce notamment à l’élargissement de l’assiette fiscale. Nous pouvons notamment faire entrer dans le champ de la fiscalité une partie des entreprises qui en sont aujourd’hui exclues et les associer progressivement à l’effort fiscal. Mais il faut d’abord les intéresser et leur permettre de se développer.
Lorsque nous parlons d’élargir l’assiette fiscale, cela signifie également faire en sorte que les contribuables paient réellement leurs impôts et qu’il n’y ait pas de fraude. En créant de nouvelles possibilités pour l’économie, nous allons générer de nouvelles recettes, augmenter notre taux de croissance et accroître notre PIB.
Tout cela doit nous permettre de dégager davantage de moyens pour les investir dans le social, dans l’humain et dans les secteurs capables de renforcer l’égalité que nous souhaitons entre les territoires, mais également entre les différentes catégories sociales.
Nabil Benabdellah: C'est l’un des premiers reproches que nous pouvons faire au gouvernement sortant : ne pas avoir protégé le pouvoir d’achat des Marocains. Bien au contraire, nous avons connu une hausse vertigineuse des prix à la consommation, mais également d’un certain nombre de services.
Nous avons appelé ce gouvernement à changer de politique et à adopter un certain nombre de mesures utilisées dans d’autres pays pour protéger le pouvoir d’achat, notamment en réduisant la TVA sur certains produits et en agissant sur la TIC, la taxe intérieure de consommation.
Concrètement, au-delà de ces mesures de protection, nous proposons une augmentation du SMIG de 15 %, en deux temps : 7,5 % au début de la législature, puis une deuxième augmentation l’année suivante.
Nous proposons également une réduction de la fiscalité pour les entreprises, afin de ramener le taux applicable aux PME et aux TPME à 10 %, plutôt qu’à 20 % comme l’a fait le gouvernement actuel.
Nous projetons également de faire en sorte que tous les revenus inférieurs à 60 000 dirhams par an soient exonérés d’impôt.
Nous proposons aussi des mesures de soutien aux Marocains et aux Marocaines, notamment en matière de scolarité, avec une aide de 1 000 dirhams à la rentrée scolaire pour chaque enfant issu d’une famille défavorisée. Cela permettra de maintenir le lien avec la scolarité et d’éviter les déperditions scolaires.
À cela s’ajoutent, bien sûr, les mesures que nous pouvons mettre en œuvre pour améliorer l’économie, créer des emplois et permettre notamment à un certain nombre de jeunes de sortir de la situation dans laquelle ils se trouvent.
En parlant justement des jeunes, il y a la problématique du chômage. Le HCP fait état d’un taux de chômage de 9,5 % au deuxième trimestre 2026. Quelles solutions concrètes proposez-vous pour sortir de cette situation ?
Le Wali de Bank Al-Maghrib, devant Sa Majesté, a parlé de 13 % de chômage. Il y a donc un vrai problème. Nous considérons que, sur les cinq années à venir, il faut d’abord améliorer le climat de confiance, lutter contre toutes les pratiques de corruption, les conflits d’intérêts, l’économie de rente et les marchés publics qui ne sont pas suffisamment transparents.
Tout cela permettra de créer une nouvelle confiance dans l’économie nationale et dans l’investissement, d’améliorer notre capacité à produire des richesses et à mieux les répartir, mais également de sortir notre pays de la régression que nous connaissons en matière économique.
Dans ce sens, nous pensons également qu’il faut renforcer cette capacité à travers un investissement public fort, mais aussi à travers l’amélioration du climat de l’investissement privé. Nous proposons notamment la création d’une banque publique d’investissement qui permettrait de drainer quelque chose comme 50 milliards de dirhams par an vers l’investissement et l’accompagnement des entreprises, mais également des régions.
Il s’agit de lancer un certain nombre de nouveaux chantiers, notamment d’industrialisation, qui ne concernent pas uniquement Casablanca et Tanger, comme c’est le cas aujourd’hui. Nous voulons une véritable industrialisation, qui fasse passer la part de l’industrie de 15 % du PIB aujourd’hui à 20 % du PIB. Cela permettra de créer 500 000 emplois.
Nous voulons également investir massivement dans l’économie numérique, notamment dans le cadre de la préservation de notre souveraineté numérique. Cela peut permettre de créer 150 000 emplois. Je reconnais qu’il y aura également des pertes d’emplois.
Nous voulons également faire passer une partie importante des 2 millions d’entreprises qui existent dans l’informel vers l’économie formelle. Cela permettra également de créer de l’emploi, dans la transparence et dans le respect des conditions de travail.
À cela s’ajoutent tout ce que nous prévoyons pour les secteurs importants qui peuvent porter l’économie de demain et contribuer à la préservation de nos richesses : l’économie verte, l’économie bleue, ainsi que la question énergétique, sur laquelle nous faisons des propositions extrêmement avancées.
Il y a également l’économie sociale et solidaire, le tourisme, l’artisanat, mais aussi la possibilité de valoriser un certain nombre de productions qui s’expriment au niveau des territoires et d’améliorer leurs conditions.
La culture peut également être une source de création d’emplois à travers les industries créatives et culturelles. Nous avons tout un certain nombre de propositions à ce niveau.
Le monde du sport est également un secteur dans lequel nous pouvons investir, d’abord pour en faire un outil de promotion de la société et de performance, mais également un espace d’investissement productif à différents niveaux.
Monsieur Benabdellah, il y a les jeunes, mais il y a aussi les retraités. Quelle place accordez-vous à cette catégorie dans votre programme électoral ?
Ce que nous considérons comme fondamental, c’est d’améliorer la situation des retraités. Aujourd’hui, c’est un véritable problème. Nous avons environ six millions de personnes à l’âge de la retraite, et nous avons devant nous un dossier majeur : celui de la réforme des retraites.
Nous prenons l’engagement d’entamer des négociations dans les six premiers mois du gouvernement, si tant est que nous puissions diriger ce gouvernement ou y participer de manière conséquente.
Nous considérons qu’il n’est pas acceptable aujourd’hui que le montant minimum d’une retraite soit inférieur au SMIG. Vous avez des retraités qui touchent 500, 800 ou 1 000 dirhams par mois, selon l’endroit où ils ont travaillé. Vous avez également d’anciens militaires qui se trouvent dans des situations extrêmement précaires.
Il est donc impératif d’améliorer la situation de ces retraités et de porter progressivement le minimum de retraite au niveau du SMIG, c’est-à-dire autour de 3 400 à 3 500 dirhams.
Par ailleurs, ceux qui perçoivent moins de 60 000 dirhams par an seront exonérés d’impôt, puisque nous proposons cette exonération pour tous les revenus inférieurs à ce seuil.
Nous considérons également qu’il faut supprimer cette mesure qui fait que, lorsqu’un travailleur décède, sa veuve ne perçoit plus que 50 % de sa retraite.
C’est aussi une injustice. Nous voulons donc faire en sorte que les retraités puissent vivre dans de meilleures conditions et bénéficier d’un niveau de vie plus satisfaisant.
D’où viendra l’argent pour financer ces engagements ?
Nous avons chiffré ce programme et nous considérons que toutes les mesures que nous présentons sont précisément évaluées. Nous estimons que leur coût s’élèvera à quelque 575 milliards de dirhams supplémentaires.
Je voudrais simplement préciser que cela représente à peu près le montant des recettes fiscales dégagées par le gouvernement actuel, même si une part importante est constituée d’impôts indirects.
Nous pensons pouvoir mobiliser ces ressources à travers les différentes mesures dont je vous parle : l’industrialisation, le numérique et les différents secteurs d’investissement.
Nous pouvons également dégager des ressources grâce à l’amélioration du climat de confiance. Un climat de confiance va permettre de booster l’économie et de stimuler l’investissement, notamment l’investissement privé marocain, mais également l’investissement privé étranger.
Cela signifie davantage de création de richesses, davantage d’emplois et, par conséquent, davantage de recettes fiscales, grâce notamment à l’élargissement de l’assiette fiscale. Nous pouvons notamment faire entrer dans le champ de la fiscalité une partie des entreprises qui en sont aujourd’hui exclues et les associer progressivement à l’effort fiscal. Mais il faut d’abord les intéresser et leur permettre de se développer.
Lorsque nous parlons d’élargir l’assiette fiscale, cela signifie également faire en sorte que les contribuables paient réellement leurs impôts et qu’il n’y ait pas de fraude. En créant de nouvelles possibilités pour l’économie, nous allons générer de nouvelles recettes, augmenter notre taux de croissance et accroître notre PIB.
Tout cela doit nous permettre de dégager davantage de moyens pour les investir dans le social, dans l’humain et dans les secteurs capables de renforcer l’égalité que nous souhaitons entre les territoires, mais également entre les différentes catégories sociales.
