Législatives 2026. Les engagements des partis en faveur des femmes recensés
À quelques jours des législatives, la Fédération des Ligues des Droits des Femmes passe au crible les engagements des partis en matière d’égalité. Emploi, autonomie économique, violences et représentation politique : la FLDF pointe surtout la nécessité de passer des principes affichés aux mécanismes capables de produire des résultats concrets.
Mounia Kabiri Kettani
La FLDF passe au crible les engagements des partis en matière d’égalité, d’emploi, d’autonomie économique, de lutte contre les violences et de représentation politique des femmes.
Les élections constituent, selon Fouzia Assouli, présidente d’honneur de la Fédération des Ligues des Droits des Femmes (FLDF), un moment pour évaluer les politiques publiques menées au cours de la précédente législature, mais aussi pour examiner les engagements des formations politiques en vue du prochain mandat.
La lecture menée par la Fédération s’appuie notamment sur les principes constitutionnels relatifs à l’égalité entre les femmes et les hommes, les orientations du Nouveau Modèle de Développement ainsi que les propositions formulées par les partis dans leurs programmes électoraux.
L’objectif, insiste Fouzia Assouli, n’est pas de distribuer des points aux formations politiques en fonction de leur couleur ou de leur idéologie, mais de confronter leurs propositions aux problèmes concrets auxquels les femmes sont confrontées.
Pour la responsable associative, le premier constat est celui d’un décalage persistant entre les principes affichés et leur traduction dans les politiques publiques. La Constitution consacre l’égalité entre les femmes et les hommes et prévoit la lutte contre toutes les formes de discrimination. Mais, selon Fouzia Assouli, ces principes doivent désormais se traduire par des mesures concrètes dans les domaines juridique, économique et social. « Il ne suffit pas de dire égalité », résume en substance la démarche de la Fédération. Encore faut-il identifier les mécanismes et les critères permettant de mesurer sa mise en œuvre.
Le baromètre réalisé par la FLDF a ainsi porté sur neuf formations politiques : le Rassemblement national des indépendants, le Parti authenticité et modernité, le Parti de l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires, le Mouvement populaire, le Parti du progrès et du socialisme, le Parti de la justice et du développement, l’Union constitutionnelle et l’Alliance de la gauche. La Fédération précise que cette lecture est volontairement neutre et ne procède pas à un classement des partis.
Une représentation encore limitée
La représentation des femmes dans les candidatures constitue justement l’un des volets phares du baromètre. Selon les données présentées par la FLDF, 2.658 candidatures féminines ont été enregistrées pour les législatives de 2026, dont 875 femmes candidates dans les circonscriptions locales. Parmi les listes locales, 121 sont conduites par des femmes.
La Fédération considère toutefois que la présence des femmes dans les listes qui leur sont spécifiquement réservées ne suffit pas à mesurer leur véritable place dans la compétition électorale. Latifa Bouachoua, membre du bureau national de la FLDF, estime ainsi que le véritable test de la parité réside dans la capacité des femmes à accéder également aux circonscriptions électorales ordinaires et à occuper des positions éligibles.
La Fédération relève notamment que seules quatre femmes figureraient parmi les 92 têtes de listes locales du Parti de la justice et du développement. Elle appelle également à s’interroger sur les mécanismes de contrôle et de suivi de l’application effective des mesures destinées à favoriser la représentation politique des femmes.
Repenser le modèle face aux nouvelles contraintes
Pour Fouzia Assouli, cette évaluation intervient dans un contexte où les conditions économiques et sociales ont évolué depuis l’élaboration du Nouveau Modèle de Développement. Ce dernier avait fixé l’objectif d’atteindre un taux d’activité des femmes de 45 % à l’horizon 2035. Or, Fouzia Assouli rappelle que le niveau actuel reste très éloigné de cette cible, autour de 19 % selon les chiffres qu’elle cite.
Pour la responsable associative, cette situation appelle un débat de fond sur les politiques publiques mises en œuvre pour favoriser l’emploi féminin.
Au-delà de l'accès à l'emploi, la FLDF met en avant un autre obstacle : le coût réel du travail pour les femmes. Les programmes politiques évoquent notamment les crèches, les aides et différents dispositifs destinés à faciliter l’activité professionnelle des femmes. Mais Fouzia Assouli estime que ces mesures doivent être accompagnées d’une réflexion sur la fiscalité et le revenu disponible.
Pour la FLDF, l’enjeu est donc de regarder non seulement le nombre de femmes qui accèdent à l’emploi, mais aussi ce que leur activité professionnelle leur rapporte réellement une fois déduits les coûts liés à la garde et aux tâches domestiques. Cette question renvoie directement à l’autonomie économique des femmes et, plus largement, à leur capacité à participer pleinement à la vie économique. Dans son analyse, la Fédération ne limite pas l’égalité à la représentation politique. Le baromètre intègre également des critères comme le pouvoir d’achat des femmes, la lutte contre la corruption, la lutte contre le favoritisme et les mécanismes permettant de garantir une véritable autonomie économique. Pour Fouzia Assouli, ces dimensions ont un impact direct sur les droits des femmes
La violence numérique, nouvel obstacle à la participation politique
Autre préoccupation soulevée par la FLDF : la participation des femmes à la vie politique. Alors que davantage de femmes cherchent à investir l’espace public et à exercer leurs droits politiques, Fouzia Assouli dénonce la montée de la violence numérique à leur encontre.
Les réseaux sociaux, qui pourraient contribuer à renforcer la sensibilisation et le débat public autour de l’égalité, peuvent aussi devenir des espaces d’attaques contre les femmes engagées en politique.
La FLDF affirme avoir dénoncé plusieurs cas et interpellé les autorités compétentes ainsi que les formations politiques concernées. Fouzia Assouli estime également que les partis doivent prendre leurs responsabilités lorsque des comportements de ce type proviennent de leurs propres rangs.
Cette question prend une dimension particulière dans le contexte électoral actuel, marqué, selon la Fédération, par une montée de la violence politique et électorale en ligne.
Des programmes à suivre après les élections
Pour Samira Muheya, présidente de la FLDF, le baromètre constitue avant tout un outil de lecture des programmes politiques à partir des principes d’égalité, de parité, de lutte contre les discriminations et les violences, ainsi que des orientations du Nouveau Modèle de Développement. La Fédération affirme vouloir aller au-delà de la publication de cette analyse.
Latifa Bouachoua annonce ainsi que le baromètre « aura une suite », avec des mécanismes destinés à suivre les engagements pris par les partis. L’objectif est de mesurer, au-delà des déclarations de campagne, la traduction effective des engagements en politiques publiques.
Elle appelle ainsi à réexaminer certaines de ses orientations à la lumière de nouvelles contraintes : changement climatique, pression environnementale, évolutions géopolitiques et transformation numérique.
L’enjeu dépasse, selon elle, la seule question des femmes. Il concerne également les hommes, les enfants et les générations futures.
La lecture menée par la Fédération s’appuie notamment sur les principes constitutionnels relatifs à l’égalité entre les femmes et les hommes, les orientations du Nouveau Modèle de Développement ainsi que les propositions formulées par les partis dans leurs programmes électoraux.
L’objectif, insiste Fouzia Assouli, n’est pas de distribuer des points aux formations politiques en fonction de leur couleur ou de leur idéologie, mais de confronter leurs propositions aux problèmes concrets auxquels les femmes sont confrontées.
Pour la responsable associative, le premier constat est celui d’un décalage persistant entre les principes affichés et leur traduction dans les politiques publiques. La Constitution consacre l’égalité entre les femmes et les hommes et prévoit la lutte contre toutes les formes de discrimination. Mais, selon Fouzia Assouli, ces principes doivent désormais se traduire par des mesures concrètes dans les domaines juridique, économique et social. « Il ne suffit pas de dire égalité », résume en substance la démarche de la Fédération. Encore faut-il identifier les mécanismes et les critères permettant de mesurer sa mise en œuvre.
Le baromètre réalisé par la FLDF a ainsi porté sur neuf formations politiques : le Rassemblement national des indépendants, le Parti authenticité et modernité, le Parti de l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires, le Mouvement populaire, le Parti du progrès et du socialisme, le Parti de la justice et du développement, l’Union constitutionnelle et l’Alliance de la gauche. La Fédération précise que cette lecture est volontairement neutre et ne procède pas à un classement des partis.
Une représentation encore limitée
La représentation des femmes dans les candidatures constitue justement l’un des volets phares du baromètre. Selon les données présentées par la FLDF, 2.658 candidatures féminines ont été enregistrées pour les législatives de 2026, dont 875 femmes candidates dans les circonscriptions locales. Parmi les listes locales, 121 sont conduites par des femmes.
La Fédération considère toutefois que la présence des femmes dans les listes qui leur sont spécifiquement réservées ne suffit pas à mesurer leur véritable place dans la compétition électorale. Latifa Bouachoua, membre du bureau national de la FLDF, estime ainsi que le véritable test de la parité réside dans la capacité des femmes à accéder également aux circonscriptions électorales ordinaires et à occuper des positions éligibles.
La Fédération relève notamment que seules quatre femmes figureraient parmi les 92 têtes de listes locales du Parti de la justice et du développement. Elle appelle également à s’interroger sur les mécanismes de contrôle et de suivi de l’application effective des mesures destinées à favoriser la représentation politique des femmes.
Repenser le modèle face aux nouvelles contraintes
Pour Fouzia Assouli, cette évaluation intervient dans un contexte où les conditions économiques et sociales ont évolué depuis l’élaboration du Nouveau Modèle de Développement. Ce dernier avait fixé l’objectif d’atteindre un taux d’activité des femmes de 45 % à l’horizon 2035. Or, Fouzia Assouli rappelle que le niveau actuel reste très éloigné de cette cible, autour de 19 % selon les chiffres qu’elle cite.
Pour la responsable associative, cette situation appelle un débat de fond sur les politiques publiques mises en œuvre pour favoriser l’emploi féminin.
Au-delà de l'accès à l'emploi, la FLDF met en avant un autre obstacle : le coût réel du travail pour les femmes. Les programmes politiques évoquent notamment les crèches, les aides et différents dispositifs destinés à faciliter l’activité professionnelle des femmes. Mais Fouzia Assouli estime que ces mesures doivent être accompagnées d’une réflexion sur la fiscalité et le revenu disponible.
Pour la FLDF, l’enjeu est donc de regarder non seulement le nombre de femmes qui accèdent à l’emploi, mais aussi ce que leur activité professionnelle leur rapporte réellement une fois déduits les coûts liés à la garde et aux tâches domestiques. Cette question renvoie directement à l’autonomie économique des femmes et, plus largement, à leur capacité à participer pleinement à la vie économique. Dans son analyse, la Fédération ne limite pas l’égalité à la représentation politique. Le baromètre intègre également des critères comme le pouvoir d’achat des femmes, la lutte contre la corruption, la lutte contre le favoritisme et les mécanismes permettant de garantir une véritable autonomie économique. Pour Fouzia Assouli, ces dimensions ont un impact direct sur les droits des femmes
La violence numérique, nouvel obstacle à la participation politique
Autre préoccupation soulevée par la FLDF : la participation des femmes à la vie politique. Alors que davantage de femmes cherchent à investir l’espace public et à exercer leurs droits politiques, Fouzia Assouli dénonce la montée de la violence numérique à leur encontre.
Les réseaux sociaux, qui pourraient contribuer à renforcer la sensibilisation et le débat public autour de l’égalité, peuvent aussi devenir des espaces d’attaques contre les femmes engagées en politique.
La FLDF affirme avoir dénoncé plusieurs cas et interpellé les autorités compétentes ainsi que les formations politiques concernées. Fouzia Assouli estime également que les partis doivent prendre leurs responsabilités lorsque des comportements de ce type proviennent de leurs propres rangs.
Cette question prend une dimension particulière dans le contexte électoral actuel, marqué, selon la Fédération, par une montée de la violence politique et électorale en ligne.
Des programmes à suivre après les élections
Pour Samira Muheya, présidente de la FLDF, le baromètre constitue avant tout un outil de lecture des programmes politiques à partir des principes d’égalité, de parité, de lutte contre les discriminations et les violences, ainsi que des orientations du Nouveau Modèle de Développement. La Fédération affirme vouloir aller au-delà de la publication de cette analyse.
Latifa Bouachoua annonce ainsi que le baromètre « aura une suite », avec des mécanismes destinés à suivre les engagements pris par les partis. L’objectif est de mesurer, au-delà des déclarations de campagne, la traduction effective des engagements en politiques publiques.
Elle appelle ainsi à réexaminer certaines de ses orientations à la lumière de nouvelles contraintes : changement climatique, pression environnementale, évolutions géopolitiques et transformation numérique.
L’enjeu dépasse, selon elle, la seule question des femmes. Il concerne également les hommes, les enfants et les générations futures.
