Fès. Un musée pour célébrer la mémoire juive et l’exception marocaine
C’est un symbole fort que le Maroc vient d’offrir au monde depuis sa capitale spirituelle. L’inauguration du Musée de la Culture Juive Marocaine, sur Hautes Instructions de SM le Roi Mohammed VI, consacre la volonté du Royaume de préserver toutes les composantes de son identité nationale et de transmettre leur héritage aux générations futures.
Au cœur du Mellah de Fès, le musée retrace la présence plurimillénaire des juifs au Maroc. Objets rituels, pièces archéologiques, œuvres artistiques, archives et manuscrits rares racontent une histoire profondément enracinée dans celle du Royaume.
Pour Serge Berdugo, secrétaire général du Conseil des communautés juives du Maroc, le musée et celui des Arts de l’Islam, aménagé au Palais Al-Batha, incarnent la même ambition Royale d’illustrer l’identité marocaine «unique, diverse» et représentative de toutes les composantes du pays. Les deux projets avaient été lancés par le Souverain en avril 2019.
« C'est formidable que ce soit de Fès, la capitale spirituelle de notre pays », s'est réjoui Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des Musées, soulignant le dialogue symbolique entre les deux musées voisins.
« En ces temps difficiles, Fès envoie un message fort au monde», ajoute Qotbi, qualifiant le nouvel établissement d’«hymne à la paix, à la fraternité, à la coexistence et au vivre-ensemble».
Zhor Rehihil, directrice du Musée juif de Casablanca experte en patrimoine juif marocain, a rappelé que le parcours muséal traverse les grandes dynasties marocaines et met en lumière la Constitution de 2011, qui reconnaît l’affluent hébraïque de l’identité nationale.
L’émotion était également palpable chez l’artiste Maxime Karoutchi, qui a pris part à la cérémonie d’inauguration. «On ne peut pas aller de l'avant si on ne connait pas d'où l’on vient.», lance-t-il.
Pour Yossef Israël, grand rabbin de Casablanca, l’enjeu est aussi pédagogique. «Le nouveau musée permet désormais aux jeunes générations de découvrir une longue histoire de coexistence entre Marocains musulmans et juifs».
Bien plus qu’un musée, Fès accueille ainsi un lieu de transmission d’une mémoire commune et de célébration d’un Maroc fidèle à sa diversité.

