Infrastructures critiques. La nouvelle bataille de la souveraineté mondiale
Ports, câbles sous-marins, routes maritimes et ressources stratégiques sont au cœur des nouvelles vulnérabilités géopolitiques. Pour Abdelhak Bassou, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS), la sécurisation de ces infrastructures est devenue un enjeu de souveraineté, notamment pour le Maroc, dont la position au détroit de Gibraltar revêt une importance stratégique.
Mounia Kabiri Kettani
Abdelhak Bassou, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS).
Ports, aéroports, routes maritimes et câbles sous-marins : les infrastructures qui assurent la circulation des marchandises, des données et des ressources occupent une place croissante dans les enjeux de sécurité internationale. Leur vulnérabilité constitue désormais un levier de pression pour des acteurs qui, faute de disposer de capacités militaires conventionnelles importantes, peuvent recourir à des formes de menace asymétrique.
C’est l’un des constats développés par Abdelhak Bassou, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS), à l’occasion de la présentation du 20ᵉ volume des « Dialogues Stratégiques », publication conjointe du PCNS et du Centre HEC de Géopolitique. L’ouvrage rassemble les échanges tenus à Paris au printemps dernier et s’articule autour de deux axes : la sécurisation des infrastructures et des ressources stratégiques, d’une part, et les dynamiques géopolitiques en Méditerranée, d’autre part.
Infrastrutcures critiques
Pour Abdelhak Bassou, la protection des infrastructures essentielles est devenue un enjeu stratégique majeur. Les acteurs qui ne disposent pas nécessairement de moyens militaires conventionnels significatifs peuvent chercher à rendre une attaque particulièrement coûteuse en ciblant les réseaux indispensables au fonctionnement de l’économie mondiale.
Cette logique de pression peut se traduire par des menaces contre les ports, les aéroports, les routes maritimes ou encore les câbles sous-marins et souterrains qui assurent la connectivité. L’objectif est de perturber les échanges et les flux, avec des répercussions susceptibles de dépasser les frontières du pays directement visé.
La question ne relève donc plus uniquement de la défense des installations physiques. Elle touche également à la continuité des chaînes d’approvisionnement, aux communications et à la circulation des ressources stratégiques. La sécurisation de ces infrastructures devient ainsi une composante essentielle de la souveraineté des États.
Dans cette configuration, les enjeux de sécurité maritime dépassent le seul cadre régional. Ils concernent les grandes routes commerciales, les infrastructures de connectivité et les ressources nécessaires au fonctionnement des économies. La Méditerranée apparaît ainsi comme un espace où s’entrecroisent coopération, interdépendances économiques et rivalités de puissance.
Le Maroc n’est pas directement exposé à l’ensemble des tensions qui secouent le Moyen-Orient, estime Abdelhak Bassou, tout en soulignant que le Royaume reste concerné par leurs conséquences. Certaines activités industrielles nationales peuvent notamment subir les effets de pénuries de matières premières provenant de cette région. À cela s’ajoutent les préoccupations liées à la stabilité régionale et aux populations touchées par les crises.
La position géographique du Royaume lui confère également une responsabilité particulière dans la sécurisation du détroit de Gibraltar. Le Maroc partage avec l’Espagne la responsabilité de cet espace stratégique, situé au croisement des routes maritimes reliant l’Atlantique à la Méditerranée.
Pour Abdelhak Bassou, les menaces pesant sur ces passages maritimes soulèvent directement la question de la souveraineté et de la protection des espaces critiques. Une perturbation du détroit pourrait avoir des conséquences sur les intérêts marocains, notamment en raison de la présence d’une partie de cet espace dans les eaux territoriales du Royaume.
Le Maroc doit donc anticiper les risques liés à la sécurité de ces infrastructures et voies de circulation, souligne-t-il, en tenant compte de ses responsabilités géographiques et stratégiques.
La publication examine également les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, les enjeux liés aux minerais critiques et les possibilités de renforcer la place des pays africains dans les chaînes de valeur mondiales, notamment par la transformation locale de leurs ressources.
À travers ces travaux, les deux institutions entendent nourrir la réflexion sur les politiques publiques et les conditions d’une coopération régionale plus équilibrée. La protection des infrastructures, la maîtrise des ressources stratégiques et la sécurisation des voies de circulation s’imposent ainsi comme des questions étroitement liées aux enjeux de souveraineté et de développement.
C’est l’un des constats développés par Abdelhak Bassou, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS), à l’occasion de la présentation du 20ᵉ volume des « Dialogues Stratégiques », publication conjointe du PCNS et du Centre HEC de Géopolitique. L’ouvrage rassemble les échanges tenus à Paris au printemps dernier et s’articule autour de deux axes : la sécurisation des infrastructures et des ressources stratégiques, d’une part, et les dynamiques géopolitiques en Méditerranée, d’autre part.
Infrastrutcures critiques
Pour Abdelhak Bassou, la protection des infrastructures essentielles est devenue un enjeu stratégique majeur. Les acteurs qui ne disposent pas nécessairement de moyens militaires conventionnels significatifs peuvent chercher à rendre une attaque particulièrement coûteuse en ciblant les réseaux indispensables au fonctionnement de l’économie mondiale.
Cette logique de pression peut se traduire par des menaces contre les ports, les aéroports, les routes maritimes ou encore les câbles sous-marins et souterrains qui assurent la connectivité. L’objectif est de perturber les échanges et les flux, avec des répercussions susceptibles de dépasser les frontières du pays directement visé.
La question ne relève donc plus uniquement de la défense des installations physiques. Elle touche également à la continuité des chaînes d’approvisionnement, aux communications et à la circulation des ressources stratégiques. La sécurisation de ces infrastructures devient ainsi une composante essentielle de la souveraineté des États.
La Méditerranée, carrefour géopolitique stratégique
Le second axe abordé dans le volume concerne la Méditerranée, espace de circulation et de rivalités qui relie plusieurs ensembles géographiques et économiques. Abdelhak Bassou la décrit comme un pont entre l’Afrique et l’Europe, mais aussi entre l’Orient et l’Occident.
Dans cette configuration, les enjeux de sécurité maritime dépassent le seul cadre régional. Ils concernent les grandes routes commerciales, les infrastructures de connectivité et les ressources nécessaires au fonctionnement des économies. La Méditerranée apparaît ainsi comme un espace où s’entrecroisent coopération, interdépendances économiques et rivalités de puissance.
Le Maroc face aux enjeux de sécurité du détroit de Gibraltar
Le Maroc n’est pas directement exposé à l’ensemble des tensions qui secouent le Moyen-Orient, estime Abdelhak Bassou, tout en soulignant que le Royaume reste concerné par leurs conséquences. Certaines activités industrielles nationales peuvent notamment subir les effets de pénuries de matières premières provenant de cette région. À cela s’ajoutent les préoccupations liées à la stabilité régionale et aux populations touchées par les crises.
La position géographique du Royaume lui confère également une responsabilité particulière dans la sécurisation du détroit de Gibraltar. Le Maroc partage avec l’Espagne la responsabilité de cet espace stratégique, situé au croisement des routes maritimes reliant l’Atlantique à la Méditerranée.
Pour Abdelhak Bassou, les menaces pesant sur ces passages maritimes soulèvent directement la question de la souveraineté et de la protection des espaces critiques. Une perturbation du détroit pourrait avoir des conséquences sur les intérêts marocains, notamment en raison de la présence d’une partie de cet espace dans les eaux territoriales du Royaume.
Le Maroc doit donc anticiper les risques liés à la sécurité de ces infrastructures et voies de circulation, souligne-t-il, en tenant compte de ses responsabilités géographiques et stratégiques.
La publication examine également les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, les enjeux liés aux minerais critiques et les possibilités de renforcer la place des pays africains dans les chaînes de valeur mondiales, notamment par la transformation locale de leurs ressources.
À travers ces travaux, les deux institutions entendent nourrir la réflexion sur les politiques publiques et les conditions d’une coopération régionale plus équilibrée. La protection des infrastructures, la maîtrise des ressources stratégiques et la sécurisation des voies de circulation s’imposent ainsi comme des questions étroitement liées aux enjeux de souveraineté et de développement.

