Libye : De faibles perspectives de paix

Par Ahmed Charaï

 

La situation en Libye est un véritable désastre. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi et de sa dictature, la reconstruction est impossible, pour diverses raisons, la principale étant que l’opposition était fractionnée, tribale, sans perspective, sans réel projet alternatif. Depuis, les choses n’ont fait qu’empirer. Entre le gouvernement Al Sarraj, pourtant reconnu par la communauté internationale, et les forces réunies autour de l’ancien général Haftar, le pays est divisé en deux, avec deux parlements et le refus de toute solution politique.

Dans ce contexte il y a eu plusieurs interventions externes, chacune d’un point différent, mais renforçant toute la confrontation. L’Egypte, soutenue par les pays du Golf, est en croisade contre les frères musulmans et considère que le gouvernement de Tripoli est tenu par les milices islamistes. La Russie veut reprendre pied en Afrique du Nord. La Turquie, alléchée par les ressources énergétiques, fait appel à Barberousse pour trouver une justification historique à son intervention. La France, principal acteur de la chute de Kadhafi et c’est tant mieux, prend en considération la position géostratégique de la Libye, l’Italie veut freiner les flots migratoires.

C’est dans ce contexte que s’est tenu dimanche dernier le sommet de Berlin. L’une de ses grandes conclusions c’est qu’il s’attache à un processus onusien, qui n’existe que par les visites de Ghassan Salamé, le représentant du secrétaire général de l’ONU.

La déclaration de Berlin réclame le respect de l’embargo sur les armes. Celui-ci a été proclamé par le conseil de sécurité il y a des années et ni la Turquie, ni la Russie, et bien d’autres, ne le respectent et ils sont signataires de cette déclaration.

Cette déclaration recherche un vote du conseil de sécurité de l’ONU. La Russie n’oublie pas qu’elle a autorisé l’intervention pour interdire le ciel à Kadhafi et que cela s’est terminé par l’intervention directe. Les perspectives d’une véritable solution internationale ne sont pas évidentes.

Le peuple Libyen et sa jeunesse, après avoir rêvé d’une émancipation réelle, ne peuvent se réjouir du choix entre une dictature militaire et un régime aux mains des factions islamistes. Cela mérite l’attention de la communauté internationale.

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