Billet d’humeur « La musique casse les barrières et les codes »

Billet d’humeur

« La musique casse les barrières et les codes »

 

Véritable ovni musical, Billet d’humeur venu présenter son 1eralbum « Hollywood » à Tanjazz 2019 a hypnotisé le public avec leur pop vocale électro. Un opus original à la croisée des genres entre pop-électro, hip-hop et chanson. Constitué de 3 chanteurs urbains et 1 DJ électro, le groupe issu du métro parisien a réussi à se faire remarquer par l’énergie de ses prestations scéniques et l’originalité de ses compositions dansantes créées au Beatbox et à la voix auxquelles s’ajoutent des effets électroniques.

 

 

 

C’est votre 1èrefois au Maroc ?

 

C’est la 1èrefois qu’on vient au Maroc, la 2efois en Afrique. C’est un honneur pour nous de nous produire dans un festival comme Tanjazz, qui célèbre ses 20 ans cette année, c’est assez spécial ! C’est aussi un honneur pour nous de représenter les musiciens du métro et leur structure ici et quelque part la musique française.

 

Vous êtes des amis d’enfance ?

 

Allan et moi, on est des frères jumeaux, Davy est notre ami d’enfance, on était au collège ensemble, on jouait au foot ensemble, et JB (DJ), on l’a rencontré il y a 8 ans dans un bar, il a trouvé que notre musique tournait en rond, et il a apporté cette touche un peu moderne qui nous caractérise assez.

 

Comment s’est constituée votre formation ?

 

JB :Très naturellement, c’est l’amitié qui a pris le pas avant la musique. Quand je les ai rencontré, ils étaient déjà potes entre eux, et humainement ça a marché, et après, on a commencé à parler de musique. La 1ère que je les ai rencontré, je n’ai pas écouté ce qu’ils disaient, je me suis occupé du son, je leur ai organisé le concert. Mais quand j’ai vraiment écouté ce qu’ils chantaient, j’étais impressionné par leur talent et j’étais convaincu qu’avec de la musicalité en plus, ça ne pouvait que cartonner !

 

A l’époque, vous faisiez déjà de la Pop vocale ?

 

Entre nous trois, on ne savait pas forcément ce que c’était, alors on faisait ça avec nos bouches dans les transports, c’est après que JB soit venu que ça s’est solidifié, qu’on a pu être un vrai groupe. Et comme on jouait un peu partout, dans les métros,… les Musiciens du métro nous ont repéré et nous ont proposé de passer par leur label, pour faire les choses dans les normes et c’est grâce à eux, qu’on s’est fait connaitre.

 

Quelle est votre source d’inspiration ?

 

La vie de tous les jours, on n’écrit pas pour nous mêmes, ça reflète vraiment l’humeur générale du groupe et ce que peut vivre notre entourage. C’est un peu une synthèse des idées qui viennent de tout un chacun.

 

Les thèmes qui vous tiennent à cœur ?

 

On parle de racisme, de la perte d’un être cher, de violence conjugale, de la prostitution, des relations entre amis, d’amour, d’égo …En fait, on parle de nos vies puis ça se reflète chez les autres comme ils le sentent et si ça marche, c’est juste parce qu’on parle d’espoir. Il y a toujours une petite touche d’espoir dans nos chansons, et ce sont les retours positifs du public après les concerts qui nous montrent qu’on est sur la bonne voie. On a appelé notre 1eralbum « Hollywood » justement dans cette idée d’espoir, de ne jamais lâcher ses rêves. Ce n’est pas l’Hollywood américain « déplorable » qui nous intéresse, mais plutôt cette idée d’Eldorado, cette image de colline, partir du bas pour aller vers le haut ! C’est un peu ça le billet d’humeur.

 

Vous vous attendiez un jour d’en arriver là ?

 

Non, on jouait du foot, on s’est juste promis qu’à 23 ans, on jouerait à l’Olympia. Et ce qui est hyper drôle c’est qu’à 24 ans, on a joué à l’Olympia, via les Musiciens du métro, au côté d’artistes fabuleux comme Matthieu Chedid ! On nous a beaucoup critiqué parce qu’on n’a pas de formation de musiciens, on ne savait pas bien placer notre voix mais on n’a rien lâché on a beaucoup appris et on a toujours cru en notre potentiel.

Jouer à l’Olympia c’était juste impressionnant, car il y a une proximité incroyable avec le public que tu ne retrouves pas dans les grandes salles. On a vraiment l’impression d’être sous le regard de tout le monde et c’est ce qui fait monter l’adrénaline. Et comme on est d’anciens sportifs, on veut toujours voir le terrain avant d’y mettre les pieds. A Tanger, on a joué à la Kasbah, il y a une proximité assez folle d’en bas, et du coup une intimité qui fait monter un peu la pression. On ressent le gens, il y a un échange immédiat très fort qui se produit.

 

Le fait d’avoir commencé dans le métro, ça vous a aidé ?

 

C’est la meilleure école, car dans les métros, c’est très difficile d’attirer l’attention des gens.  Sur scène, il y a aussi des moments où le public n’a plus d’attention et là, il y a la petite touche métro qui ressort, cette théâtralité dans notre show qui permet de réinstaller l’atmosphère.

 

Cette théâtralité vous la travaillez avant où ça s’improvise ?

 

On la travaille énormément, mais c’est aussi dans le quotidien, c’est dans le discours, le dialogue. On la travaille aussi en répétition dans le studio, mais on se laisse toujours une marge d’improvisation ; après, quelque chose que tu ne fais pas dans la vie, tu ne la feras pas sur scène, c’est une cohérence entre ce que tu es dans la vie. Quand tu montes sur scène, tu es la finalité de ce que t’es dans la vie. On doit être cohérent quant à l’image qu’on véhicule.

 

Quel style voulez-vous développer ?

 

Le Beatbox est une base qui nous sert pour composer et ensuite il y a une mutation vers l’électronique, après on ne renie pas le côté organique, nos voix, nos bases, nos racines, et on sait que dans notre prochain album, c’est l’évolution de ce qu’on est en fait. On se concentre beaucoup sur les thèmes, les humeurs, les textes, et c’est une chose qu’on s’est interdit dans le 1eralbum, on découvrait, on était un peu timides, mais aujourd’hui, on a plus de choses à dire, on apprend du milieu autrement et il nous tarde de sortir un nouvel album.

 

C’est votre manière à vous de vous exprimer ?

 

Oui, c’est une raison de vivre, on ne se voit pas autre part, on a essayé pourtant le foot, mais bon…on est entre nous, on est une famille en fait, ce qui est magique avec notre musique, c’est qu’on arrive à ressembler, on a un groupe constitué de 3 noirs et un blanc, on est d’origine martiniquaise, africaine, franco-irlandaise, et donc, Billet d’humeur n’a pas de couleurs, c’est notre grande force. Sauf que c’est la plus grande difficulté dans le paysage musical parce qu’on subit des fois le racisme. La musique c’est une façon de casser les codes, les barrières,et avec la musique, on est accepté partout. En plus, on a appris qu’il y a une responsabilité artistique derrière, on aime bien transmettre.

 

Bientôt un nouvel album ?

 

Oui, « Hollywood » c’était un peu les rêves qu’on avait. On nous a un peu démolis face à nos rêves, mais on est toujours là.  On a aussi pris conscience de certaines difficultés, du coup, on a beaucoup de revendications. Ce n’est pas une musique contestataire, c’est plus brut, moins édulcoré, on rentre plus vite dans l’essentiel. Dans le 2ealbum, on garde toujours ce brin d’espoir mais on s’assume plus en tant qu’artistes et en tant qu’hommes. Aujourd’hui, on se sent plus responsables, avant, on assumait moins, on était un peu timides, plus naïfs et on manquait de maturité, on allait dans tous les styles de musique, là, on reste cohérents. Désormais, on assume le fait de vouloir rentrer dans l’histoire musicale, alors qu’avant on trouvait cela prétentieux. On n’a plus peur de briller et d’être N°1. Bien sûr, il ne s’agit pas d’écraser les autres mais de se prouver à nous-mêmes qu’on peut être meilleurs et devenir une meilleure version de nous-mêmes.

 

Accroche

Notre prochain album sera plus brut, moins édulcoré !

 

 

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