Hirak en Algérie : Les manifestants contrecarrent la propagande officielle

Cette jeune manifestante riposte aux médias officiels de son pays

Cette jeune manifestante riposte aux médias officiels de son pays

 

En Algérie, le déphasage est criant entre le verbiage des officiels (responsables, agence officielle et médias affidés au pouvoir) et les revendications des manifestants.

 

Voici comment décrit l’agence de presse officielle algérienne le Hirak dans sa première dépêche publié hier, 22 février, alors que les manifestants battaient le pavé et criait à la mort du « Système » :

« Le 2ème anniversaire du Hirak populaire, béni et authentique, ce 22 février, décrété par le président de la République « Journée nationale de la fraternité et de la cohésion Peuple-Armée pour la démocratie », a été célébré à Alger et dans d’autres villes du pays à travers des marches de citoyens scandant des slogans à la gloire de l’unité de l’Algérie et la cohésion Peuple-Armée ».

Réponse des manifestants 

« Nous sommes venus pour « dégager » (ndlr, sous entendu le pouvoir en place) et non pas pour célébrer », souligne ce manifestant en filmant une immense foule qui marchait hier vers le center-ville d’Alger

Ceci est un Hirak et non « Cohésion » précise la pancarte brandie sur la photo en bas à droite.

L’APS ajoute : « Comme attendu, des individus n’ont pas manqué l’occasion pour scander des slogans hostiles à la voie nationaliste, slogans devenus la marque déposée d’un mouvement interdit et d’adeptes d’un parti dissous », relèvent des sources sécuritaires.

Sauf que les slogans dont il est question ont été scandés par des millions d’Algériens à travers tout le pays. Si tous ces manifestants appartiennent au supposé « mouvement interdit », c’est que ce mouvement a un sacré pouvoir.

 

L’APS va encore plus loin : « En dépit des actes de provocation de certains individus, les forces de l’ordre ont fait montre de vigilance et de pondération, à juste titre », ajoute-t-on de même source qui précise que « leur présence et intervention anticipée ont permis de détecter la possession d’armes prohibées, par certains individus dont le sort sera tranché, en toute transparence, par la justice ».

Or, l’agression de Rachid Nekkaz et la vague d’incarcération des opposants, à peine sortis de prison, contraient la propagande officielle

 

Dans une deuxième dépêche publié également hier, lundi 22 février, l’APS écrit : « En plus de nombreuses activités officielles initiées par les autorités locales, des centaines de manifestants ont participé à des marches pacifiques dans les villes d’Oran, Ain Temouchent, Tlemcen, Mostaganem et Sidi Bel Abbes en arborant l’emblème national et scandant plusieurs slogans, notamment « Algérie libre et démocratique », « justice libre et indépendante ».

Sauf que les slogans appelaient tous à la fin de l’Etat militaire et à l’instauration de l’Etat civil. Florilège :

Partout, les protestataires réclamaient l’indépendance de leur pays et donc sa libération des maniant des galonnés.

L’une des meilleures ripostes à la propagande officielle est cette chanson mise en ligne sur Twitter, intitulée : « Libérez l’Algérie »

 

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