Le dernier film « Myopia » de Sanaa Akroud primé à Montréal

L’actrice et cinéaste marocaine Sanaa Akroud a été récompensée lors du 36ème édition -virtuelle- du festival « Vues d’Afrique » pour son dernier long métrage “Myopia”, une coproduction maroco-canadienne qui a remporté le Prix “Regards d’ici”, attribué par TV5 Québec/ Canada, le Prix spécial du jury outre la Mention spéciale pour son interprétation.

 

Connue pour ses rôles dans des séries télévisées populaires comme «Douiba» et «Remana et bertal » et dans des films comme « Termus des anges », « Ahmed Gassiaux » ou encore le long-métrage égyptien « Femmes du Caire », Sanaa Akroud avait réalisé plusieurs courts-métrages et téléfilms avant de sortir son premier long métrage en 2015 Khnifist R’mad.

Ayant immigré depuis quelques années au Canada, l’actrice et réalisatrice marocaine s’est dite « heureuse » de voir son film remporter trois prix honorifiques au festival Vues d’Afrique. « C’est une manière honorable de reconnaître d’abord l’importance de ce film qui traite de l’identité, de la religion, de la patrie et surtout du droit comme fondement d’une vie décente ainsi que du rôle de premier plan que jouent l’éducation, l’enseignement et une condition sociale convenable pour forger un citoyen fort et sûr de lui-même », confie Sanaa Akroud.

 

Donner la parole à la femme rurale dans un univers patriarchal sans merci

 

Le film qui se distingue par un scénario combinant à la fois humour et simplicité du langage incite à la réflexion et au questionnement sur la réalité dure et amère de la femme rurale au Maroc. « Myopia » raconte l’histoire de Fatim, une femme forte, persévérante et opprimée vivant dans un village reculé du Maroc. « Souffrant d’une horrible solitude, l’héroïne semble parler un langage de moralité incompréhensible, cerné uniquement par ceux qui vivent dans l’ombre avec comme seul rêve la reconnaissance de leur droit à la vie, à la liberté et à une vie décente ».

A travers son œuvre, la cinéaste a voulu ainsi donner parole à la femme dans un milieu où elle est pratiquement effacée. « Fatim, femme du village, est à la fois policière, acteur de la société civile et journaliste. Les hommes sont placés en arrière-plan afin de donner à « Myopia » la parole pour faire entendre la voix féminine objectivement et indépendamment du mari, du père et de l’employeur, ou encore de la tribu ou la famille », explique Sanaa Akroud qui se prépare déjà pour la réalisation d’un film canadien.

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