Mia la sainte, Mia « la salope »

 

 

 

L’ex star du porno libano-américaine Mia Khalifa créée la polémique. Après avoir réussi à collecter d’importantes sommes pour soutenir son pays d’origine dans sa crise suite aux explosions de Beyrouth, elle fait le buzz sur la toile.

 

Par Hayat Kamal Idrissi

 

Saluée d’une part et huée d’une autre, de nombreuses voix s’élèvent pour maudire la jeune femme. Le président libanais Michel Aoun l’a déjà bloqué sur Instagram, annonce-t-elle. D’autres hommes politiques libanais ne veulent rien entendre la concernant ou concernant ses actions humanitaires. Trop jaloux de son succès ou juste gênés par son passé d’actrice pornographique ? En tout cas Mia semble gagner beaucoup de points suite à ses bonnes actions citoyennes. Des initiatives que des stars et des hommes politiques beaucoup plus  influents et plus puissants n’ont pas eu l’idée de mener.

 

Mia l’engagée

 

Ses fameuses lunettes qu’elle porte habituellement dans ses films, ont été vendues aux enchères à plus de 100.000 dollars sur Ebay. Les recettes sont déjà reversées à la Croix rouge au Liban.  Née le 10 février 1993 à Beyrouth, Mia Khalifa  est devenue une influenceuse et une personnalité médiatique suivie par des millions de followers. Après une assez courte carrière en tant qu’actrice de films pornographiques (Octobre 2014 – février 2015), Mia est devenue une grande célébrité.

A la fois très suivie et largement dénigrée, l’ex star de porno affirme toutefois que ses anciennes vidéos sont principalement  visualisées par  ses détracteurs en Moyen et Proche-Orient. Véritable cas de schizophrénie, le phénomène Mia revient au devant de la scène après le drame de Beyrouth.

Profondément engagée, la jeune femme multiplie les initiatives sur ses différents comptes sur les réseaux sociaux. Avec un discours simple et des mots émouvants, elle réussit à mobiliser les internautes et à collecter de belles sommes. Ces dernières seront, selon Mia Khalifa, consacrées au soutien de son pays d’origine et serviront à la renaissance économique de Beyrouth.

 

Eternelle stigmatisation

 

Des actions qui ne font pas l’unanimité sur les réseaux sociaux mais aussi dans la vie réelle. Incapable d’oublier son passé ou de l’accepter tout simplement, des internautes, partout dans le monde arabe, n’ont pas hésité à l’attaquer. Tournant en dérision ses manœuvres humanitaires, les commentaires sarcastiques pullulent. Le dénigrement est le maitre mot. Pas de salut pour l’ex actrice X.

Si certains internautes saluent son engagement et appellent à en prendre exemple, ses détracteurs, eux, n’ont pas de répit. Un déni total et une stigmatisation tenace qui n’arrivent pas à voir au-delà du passé de la jeune femme. Pour eux, Mia « reste une pute », ses actions de « sainte », ne sont nullement convaincantes et ne pourront jamais racheter « son passé souillé ». « Si c’était un homme, il aurait suffit qu’elle laisse pousser sa barbe pour qu’on lui pardonne. Mais non, c’est une femme ! Le stigmate est éternel », résume, résigné, Ahmed Arfat, influenceur égyptien sur son compte facebook.

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