L’ONU comprend enfin que pour lutter contre la pauvreté, il faut savoir où vivent les pauvres

Le concept traditionnel de pauvreté serait actuellement dépassé, en ce sens que de nouvelles données démontrent clairement que catégoriser des pays – ou même des ménages – en fonction de leur richesse ou de leur pauvreté relève d’une simplification excessive, selon un rapport publié jeudi à New York.

Il ressort ainsi de cette étude, réalisée par le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) et l’Oxford Poverty and Human Development Initiative, que sur les 1,3 milliard de personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle, plus des deux tiers, soit 886 millions, vivent désormais dans des pays à revenu intermédiaire, tandis que 440 millions d’entre elles habitent dans des pays à faible revenu.

Ces données montrent que, dans les deux groupes, de simples moyennes nationales peuvent masquer de fortes inégalités dans l’évolution de la pauvreté au sein des pays, selon les auteurs du rapport.

Aussi, les conclusions de l’Indice de la pauvreté multidimensionnelle (IPM) de 2019 mettent en lumière les disparités du vécu de la pauvreté, révélant de fortes inégalités entre pays mais aussi parmi les pauvres.

« Pour lutter contre la pauvreté, il faut savoir où vivent les pauvres. Ils ne sont pas répartis uniformément dans un pays, pas même au sein d’un ménage », a noté, à cette occasion, Achim Steiner, administrateur du PNUD.

Selon lui, l’Indice mondial de la pauvreté multidimensionnelle de 2019 fournit « les informations détaillées nécessaires aux décideurs pour cibler plus efficacement leurs politiques » en matière de lutte contre la pauvreté.

L’IPM n’utilise pas uniquement le revenu comme critère de pauvreté, et analyse le vécu des pauvres en matière de soins de santé, d’éducation et de niveau de vie.

En Ouganda, par exemple, 55% de la population vit dans une pauvreté multidimensionnelle similaire à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Mais la capitale, Kampala, a un taux d’IPM de 6%, tandis que la région de Karamoja, atteint un taux de 96%. Ceci démontre que les situations extrêmes observées au niveau de l’Afrique subsaharienne se reproduisent dans certaines régions de l’Ouganda, relève le rapport.

L’inégalité existe aussi sous un même toit. En Asie du Sud, près du quart des enfants de moins de cinq ans vit dans des ménages où au moins un enfant est sous-alimenté, et où au moins un enfant ne l’est pas.

Les inégalités existent aussi parmi les pauvres. Les conclusions de l’IPM mondial pour 2019 brossent un tableau détaillé des nombreuses variations, en termes de gravité, du vécu de la pauvreté. Les situations de privations varient énormément, et généralement, un taux d’IPM élevé est associé à une plus grande intensité de la pauvreté.

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