La « drogue du zombie » est-elle vraiment commercialisée au Maroc ?
Suite à l’alerte donnée par rapport à la commercialisation de la "drogue du zombie » au Maroc via internet, nous avons contacté son producteur pour en savoir plus. Les explications
Les faits
Le 5 octobre, « Une_femme_à_la_mer » post sur twitter, un appel à témoins. « Pour dénoncer un produit vendu légalement sous couvert d'aide à l'arrêt du tabac et qui a failli me couter la vie », affirme le tweet. Cette alerte est accompagnée des photos de deux produits nommés « Spicy Inka » et « Cleopatra » commercialisés par la société Herbal Blend.
« J'en consommais depuis un certain moment déjà pour arrêter de fumer », raconte cette consommatrice en colère. Le croyant «parfaitement légal», le produit lui a été conseillé par un membre de sa famille qui ne se doutait pas que « c'était du cannabis de synthèse », affirme-t-elle avant de raconter son calvaire.
« J'ai fait une syncope avec chute brutale sur le visage et amnésie de 24h. J’ai passé le weekend aux urgences pour fracture du nez, fente de la lèvre et dent cassée. Totalement sobre, je n'avais à aucun moment soupçonné ce produit », ajoute le témoignage. Toujours selon les affirmations de la plaignante, les examens sanguins cardiologiques et neurologiques n’ont montré aucune anomalie.
Les accusations
« Jusqu'a ce que je me mette aujourd'hui à fouiner sur le net et je suis très en colère : Contre moi car ne comprenant pas ce qui s'était passé, honteuse car étant une femme seule j'ai eu droit ainsi que le voisin qui est venu à mon secours, aux soupçons des urgentistes. Connaissant les lois de ce bled, cela aurait pu mal finir », conclut-t-elle en grogne. Elle accuse le producteur d’induire les consommateurs en erreur en leur vendant du spice, de « la drogue camouflée ».
Un substitut synthétique du cannabis, cette drogue est également appelée « drogue du zombie ». Hautement dangereuse et néfaste pour la santé, le spice a des effets graves avec des épisodes psychotiques sévères, vomissements, convulsions et hallucinations puissantes. Le Spice a été inventé, accidentellement, par John Huffmann, un chimiste organique de Clemson University en Caroline du Sud, aux États-Unis. Malgré sa déclaration « substance inadaptée à la consommation humaine » en 2006, cette drogue se frayera un chemin pour atteindre ses consommateurs via internet.
La réponse
De graves accusations qui pèsent aujourd’hui sur Herbal Blend et auxquelles le producteur tente de répondre en réfutant tout rapport de ses produits avec le Spice. « Nos différents produits sont d’origine naturelle. Des herbes aux vertus relaxantes, anti-stress et sédatives qui n’ont aucun lien avec le cannabis de synthèse ou le spice. Ils aident tout au contraire à décrocher de l’addiction au tabac et au cannabis », nous affirme Achraf Gadi, le gérant de Herbal Blend. D’après ce dernier, leurs produits se présentant sous forme de sachets d’herbes à fumer. « Ils ne contiennent que des extraits de noix de muscade, extraits de coquelicots, de houblon (humulus lupulus), de la laitue vireuse, de l’huile de Léonures sibiricus... », énumère-t-il.
Un tas d’herbes qui contiennent pour la plupart des alcaloïdes. Ces derniers sont définis par le Petit Robert comme des « substances organiques d'origine végétale, contenant au moins un atome d'azote dans la molécule. Les alcaloïdes ont une puissante action toxique ou thérapeutique (caféine, morphine, quinine, etc. ». « C’est une question de dosage. Sur l’emballage de nos produits, on indique le dosage à respecter : Ne pas dépasser 50 mg par usage. Or cette consommatrice affirme avoir fumé toute une cigarette qui peut contenir jusqu’à 1g de notre produit », ajoute Achraf Gadi en tentant d’expliquer la syncope de la consommatrice en colère. Il pousse son argumentaire plus loin en affirmant « que le témoignage en question ne permet pas de confirmer le lien de cause à effet de la consommation de nos produits avec les malaises et les problèmes de santé de la personne citée ».
Doutes ?
Une explication qui ne semble pas apaiser l’inquiétude des clients de Herbal Blend. D’après son gérant, beaucoup de consommateurs ont contacté l’entreprise suite à cet incident en réclamant des explications. « Certains veulent même nous attaquer en justice en nous accusant de leur proposer de la drogue alors que ce n’est qu’un simple malentendu », soutient le gérant de Herbal Blend. Un malentendu ? « Oui, en effet, sur notre page facebook, nous mettons en vedette les vertus de l’huile de Léonures sibiricus communément appelée Marijuanilla. Les gens en découvrant cette appellation ont fait confusion », argumente Gadi.
Egalement appelée « petite marijuana », cette plante contient un principe actif légèrement sédatif et relaxant. Elle est utilisée en médecine asiatique pour se détendre. « Si elle est légale, sa consommation est toutefois déconseillée aux personnes ayant des antécédents psychiques car ayant des propriétés psycho-actives similaires au cannabis » (Source : drogues-info-service.fr).
Produits Autorisés ?
« Nous n’avons jamais mentionné sur l’emballage, comme il nous est reproché, que nos produits sont autorisés par le ministère de la santé. Nous avons notre licence légale et nous indiquons juste qu’ils sont conformes à l’arrêté du ministère de la santé n°1850.96 abrogeant et remplaçant le tableau B de l'arrêté du ministre de la santé publique n° 171-66 modifiant et complétant la composition des tableaux A, B et C des substances vénéneuses destinées à l'usage de la médecine humaine ou vétérinaire », se défend Achraf Gadi en réponse aux accusations de « publicité mensongère » sur l’autorisation de la gamme Kinnikinnick.
A la question « Etes-vous prêts à soumettre vos produits aux analyses pour définir leur véritable composition ?», le gérant affirme que le producteur n’a aucun problème à ce faire. « Ceci même si nos différents produits sont systématiquement analysés avant d’être commercialisés », conclut-il. Contient ou ne contient pas de cannabinoïdes de synthèse ? En attendant le verdict des laboratoires, affaire à suivre !
Le 5 octobre, « Une_femme_à_la_mer » post sur twitter, un appel à témoins. « Pour dénoncer un produit vendu légalement sous couvert d'aide à l'arrêt du tabac et qui a failli me couter la vie », affirme le tweet. Cette alerte est accompagnée des photos de deux produits nommés « Spicy Inka » et « Cleopatra » commercialisés par la société Herbal Blend.
« J'en consommais depuis un certain moment déjà pour arrêter de fumer », raconte cette consommatrice en colère. Le croyant «parfaitement légal», le produit lui a été conseillé par un membre de sa famille qui ne se doutait pas que « c'était du cannabis de synthèse », affirme-t-elle avant de raconter son calvaire.
« J'ai fait une syncope avec chute brutale sur le visage et amnésie de 24h. J’ai passé le weekend aux urgences pour fracture du nez, fente de la lèvre et dent cassée. Totalement sobre, je n'avais à aucun moment soupçonné ce produit », ajoute le témoignage. Toujours selon les affirmations de la plaignante, les examens sanguins cardiologiques et neurologiques n’ont montré aucune anomalie.
Les accusations
« Jusqu'a ce que je me mette aujourd'hui à fouiner sur le net et je suis très en colère : Contre moi car ne comprenant pas ce qui s'était passé, honteuse car étant une femme seule j'ai eu droit ainsi que le voisin qui est venu à mon secours, aux soupçons des urgentistes. Connaissant les lois de ce bled, cela aurait pu mal finir », conclut-t-elle en grogne. Elle accuse le producteur d’induire les consommateurs en erreur en leur vendant du spice, de « la drogue camouflée ».
Un substitut synthétique du cannabis, cette drogue est également appelée « drogue du zombie ». Hautement dangereuse et néfaste pour la santé, le spice a des effets graves avec des épisodes psychotiques sévères, vomissements, convulsions et hallucinations puissantes. Le Spice a été inventé, accidentellement, par John Huffmann, un chimiste organique de Clemson University en Caroline du Sud, aux États-Unis. Malgré sa déclaration « substance inadaptée à la consommation humaine » en 2006, cette drogue se frayera un chemin pour atteindre ses consommateurs via internet.
La réponse
De graves accusations qui pèsent aujourd’hui sur Herbal Blend et auxquelles le producteur tente de répondre en réfutant tout rapport de ses produits avec le Spice. « Nos différents produits sont d’origine naturelle. Des herbes aux vertus relaxantes, anti-stress et sédatives qui n’ont aucun lien avec le cannabis de synthèse ou le spice. Ils aident tout au contraire à décrocher de l’addiction au tabac et au cannabis », nous affirme Achraf Gadi, le gérant de Herbal Blend. D’après ce dernier, leurs produits se présentant sous forme de sachets d’herbes à fumer. « Ils ne contiennent que des extraits de noix de muscade, extraits de coquelicots, de houblon (humulus lupulus), de la laitue vireuse, de l’huile de Léonures sibiricus... », énumère-t-il.
Un tas d’herbes qui contiennent pour la plupart des alcaloïdes. Ces derniers sont définis par le Petit Robert comme des « substances organiques d'origine végétale, contenant au moins un atome d'azote dans la molécule. Les alcaloïdes ont une puissante action toxique ou thérapeutique (caféine, morphine, quinine, etc. ». « C’est une question de dosage. Sur l’emballage de nos produits, on indique le dosage à respecter : Ne pas dépasser 50 mg par usage. Or cette consommatrice affirme avoir fumé toute une cigarette qui peut contenir jusqu’à 1g de notre produit », ajoute Achraf Gadi en tentant d’expliquer la syncope de la consommatrice en colère. Il pousse son argumentaire plus loin en affirmant « que le témoignage en question ne permet pas de confirmer le lien de cause à effet de la consommation de nos produits avec les malaises et les problèmes de santé de la personne citée ».
Doutes ?
Une explication qui ne semble pas apaiser l’inquiétude des clients de Herbal Blend. D’après son gérant, beaucoup de consommateurs ont contacté l’entreprise suite à cet incident en réclamant des explications. « Certains veulent même nous attaquer en justice en nous accusant de leur proposer de la drogue alors que ce n’est qu’un simple malentendu », soutient le gérant de Herbal Blend. Un malentendu ? « Oui, en effet, sur notre page facebook, nous mettons en vedette les vertus de l’huile de Léonures sibiricus communément appelée Marijuanilla. Les gens en découvrant cette appellation ont fait confusion », argumente Gadi.
Egalement appelée « petite marijuana », cette plante contient un principe actif légèrement sédatif et relaxant. Elle est utilisée en médecine asiatique pour se détendre. « Si elle est légale, sa consommation est toutefois déconseillée aux personnes ayant des antécédents psychiques car ayant des propriétés psycho-actives similaires au cannabis » (Source : drogues-info-service.fr).
Produits Autorisés ?
« Nous n’avons jamais mentionné sur l’emballage, comme il nous est reproché, que nos produits sont autorisés par le ministère de la santé. Nous avons notre licence légale et nous indiquons juste qu’ils sont conformes à l’arrêté du ministère de la santé n°1850.96 abrogeant et remplaçant le tableau B de l'arrêté du ministre de la santé publique n° 171-66 modifiant et complétant la composition des tableaux A, B et C des substances vénéneuses destinées à l'usage de la médecine humaine ou vétérinaire », se défend Achraf Gadi en réponse aux accusations de « publicité mensongère » sur l’autorisation de la gamme Kinnikinnick.
A la question « Etes-vous prêts à soumettre vos produits aux analyses pour définir leur véritable composition ?», le gérant affirme que le producteur n’a aucun problème à ce faire. « Ceci même si nos différents produits sont systématiquement analysés avant d’être commercialisés », conclut-il. Contient ou ne contient pas de cannabinoïdes de synthèse ? En attendant le verdict des laboratoires, affaire à suivre !