Chômage. Une hausse qui se confirme en 2024
En 2024, le taux de chômage a atteint 13,3% contre 13% un an plus tôt.

L'économie marocaine a enregistré une création nette de plus de 80.000 emplois entre 2023 et 2024, avec par une forte dynamique en milieu urbain et un recul notable en milieu rural. Toutefois, cette progression s’accompagne d’une hausse du chômage, en particulier chez les jeunes et les diplômés.

Selon la dernière note d’information du HCP relative à la situation du marché de travail, l’année 2024 a vu la création de 162.000 emplois en zone urbaine, tandis que 80.000 postes ont été perdus en milieu rural. Cette dynamique repose essentiellement sur une augmentation de l’emploi rémunéré (+177.000 postes), contrastant avec une chute de 95.000 emplois non rémunérés. Les secteurs des services (+160.000 emplois) et de l'industrie (+46.000) ont été les principaux moteurs de cette croissance. En revanche, l’agriculture, la forêt et la pêche ont accusé une perte alarmante de 137.000 postes.Parallèlement, le taux d'emploi a reculé de 38% à 37,7% au niveau national, notamment en raison d'une baisse de 1 point en milieu rural. En dépit d'une légère hausse en zone urbaine (+0,1 point), les perspectives restent incertaines pour certaines catégories de la population active.Une montée du chômage Le nombre de chômeurs a progressé de 58.000 personnes pour atteindre 1.638.000, portant le taux de chômage à 13,3% contre 13% un an plus tôt. Cette hausse concerne aussi bien les hommes (+0,1 point) que les femmes (+1,1 point), les jeunes étant les plus touchés (36,7%). Les diplômés ne sont pas en reste, avec un taux de chômage atteignant 19,6%.Les raisons du chômage restent diverses : 30% des nouveaux chômeurs ont perdu leur emploi suite à un licenciement ou à la fermeture de leur entreprise, tandis que 25,6% ont vu leur situation basculer à la fin de leurs études. En outre, la durée moyenne de chômage s’établit à 31 mois, rendant encore plus difficile l'insertion des chercheurs d'emploi.Outre la progression du chômage, le sous-emploi a gagné du terrain avec un volume total atteignant 1.082.000 personnes, soit une augmentation de 39.000 par rapport à 2023. Cette tendance touche particulièrement le secteur agricole (+0,9 point) et les BTP (+0,4 point). Plus de 595.000 personnes souffrent d'un manque d'heures de travail, et 486.000 occupent un poste inadéquat par rapport à leurs compétences.Des disparités régionales En 2024, cinq régions concentrent 72,4 % de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. La région de Casablanca-Settat arrive en tête avec 22,4 %, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (13,6 %), Marrakech-Safi (13 %), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,8 %) et Fès-Meknès (11,6 %).Quatre régions affichent un taux d’activité supérieur à la moyenne nationale (43,5 %) : Tanger-Tétouan-Al Hoceima (48,3 %), Casablanca-Settat (46 %), les régions du Sud (45,7 %) et Marrakech-Safi (43,8 %). À l’inverse, les taux d’activité les plus faibles sont enregistrés à Drâa-Tafilalet (40,8 %), Souss-Massa (40,3 %), l’Oriental (40,1 %) et Béni Mellal-Khénifra (39,7 %).Par ailleurs, cinq régions concentrent 69,8 % des chômeurs au niveau national. Casablanca-Settat occupe la première place avec 25,2 %, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (12,8 %), Fès-Meknès (12,6 %), l’Oriental (10,1 %) et Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,1 %).Les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions du Sud (22,2 %) et l’Oriental (20,9 %). Avec une intensité moindre, deux autres régions dépassent la moyenne nationale de 13,3 %, à savoir Casablanca-Settat (15 %) et Fès-Meknès (14,4 %). En revanche, les taux les plus bas sont relevés à Marrakech-Safi (8,9 %), Tanger-Tétouan-Al Hoceima (10,2 %) et Drâa-Tafilalet (10,7 %).