Stress hydrique. Les barrages marocains à un niveau alarmant
Au 10 novembre 2025, le taux de remplissage des barrages au Maroc ne dépasse pas les 30,8 %.

Le Maroc fait face à une nouvelle alerte hydrique. Au 10 novembre 2025, les barrages du Royaume ne sont remplis qu’à 30,8 %, confirmant une pression croissante sur les ressources en eau et des déséquilibres inquiétants entre les bassins.

La situation hydrique au Maroc continue de susciter l’inquiétude. Selon les dernières données du ministère de l’Équipement, de l’Eau et de la Logistique, le volume d’eau stocké dans les barrages s’élève à 5,17 milliards de mètres cubes, soit un taux global de remplissage de 30,8 %. Une moyenne qui masque de fortes disparités entre bassins, certains affichant encore des niveaux critiques.Le bassin de l’Oum Er-Rbia demeure le plus préoccupant, avec un taux de remplissage de seulement 8,6 %, illustrant une vulnérabilité extrême face à la sécheresse. Les deux grands ouvrages du bassin, Bin El Ouidane et Al Massira, ne contiennent respectivement que 14 % et 2 % de leur capacité. Ce dernier, pourtant l’un des plus importants du pays, peine à se relever d’années successives de déficit pluviométrique.À l’inverse, le bassin du Loukkos, dans le nord du Royaume, affiche une situation plus favorable. Le barrage Oued El Makhazine est rempli à 73 %, tandis que Cherif El Idrissi atteint 81 %. Ces niveaux, proches de la normale saisonnière, traduisent la meilleure répartition des précipitations dans cette zone.Le bassin du Sebou présente une situation contrastée : Al Wahda, le plus grand barrage du pays, atteint 42 %, alors que Allal El Fassi se distingue avec 97 % de remplissage. En revanche, Idriss Ier se stabilise à 33 %, traduisant un équilibre précaire entre apports et consommation.Dans le bassin du Tensift, la situation est plus tendue. Le barrage Yacoub El Mansour n’atteint que 28 %, Lalla Takerkoust tombe à 15 %, tandis que Moulay Abderrahmane fait figure d’exception relative avec 48 %. Des niveaux insuffisants pour répondre durablement aux besoins d’irrigation et d’alimentation urbaine de la région de Marrakech.