Barrage Oued El Makhazine. Des niveaux d’eau historiques sous haute surveillance
Le barrage Oued El Makhazine,affiche des niveaux historiques avec 8,31 milliards de m³ d’eau stockée, en hausse de 95 % par rapport à la période précédente. Le Ministère de l’Équipement et de l’Eau avertit toutefois : certaines zones restent vulnérables et nécessitent une gestion prudente pour éviter tout déséquilibre.
Les pluies exceptionnelles enregistrées depuis le début de l’année 2026 ont eu un impact direct sur la situation hydrologique du barrage Oued El Makhazine. Jusqu’au 4 février, les précipitations cumulées ont atteint 145,5 mm, soit 32,5 % au-dessus de la moyenne saisonnière. Le volume total des pluies dépasse 8,73 milliards de m³, dont 61,88 % concentrés dans les zones supérieures, avec des apports atteignant 10,37 milliards de m³ par rapport aux niveaux moyens de 2019.Cette pluviométrie exceptionnelle a permis d’augmenter significativement les réserves du barrage. Au 12 janvier 2026, le niveau de stockage a atteint 8,31 milliards de m³, soit une progression de 95 % par rapport à la période précédente.Un inventaire détaillé réalisé par le ministère de l’Équipement et de l’Eau met en évidence plusieurs évolutions majeures au niveau du bassin. Les réserves d’eau ont enregistré une hausse significative, notamment dans les zones supérieures et moyennes, traduisant l’impact direct des apports pluviométriques exceptionnels. Cette dynamique s’est accompagnée d’une montée notable du niveau de stockage du barrage, malgré des pertes liées à l’évaporation et à des opérations de débordement contrôlé. Dans ce contexte, le volume d’eau effectivement capté dans le bassin principal est passé de 972,9 millions de m³ à 716,8 millions de m³, soit un recul de 73,68 %, principalement imputable aux transferts hydrauliques et aux lâchers régulés. Parallèlement, le débit transféré par les turbines a fortement progressé, enregistrant une hausse de 184 % pour atteindre 988 millions de m³ à la date du 4 février 2026.Malgré ces indicateurs globalement encourageants, le ministère met en garde contre des disparités persistantes entre les différentes zones du bassin. Certaines d’entre elles demeurent en dessous des seuils requis, avec un volume initial jugé faible, estimé à environ 620 millions de m³. Les apports se sont toutefois améliorés progressivement grâce à la constitution d’une réserve supplémentaire de 3 163 millions de m³, renforcée par des apports récents évalués à 1 377 millions de m³. Ces données traduisent une situation encore contrastée, nécessitant un pilotage fin des ressources pour sécuriser l’équilibre hydrique à moyen terme.Le 6 février 2026, une nouvelle hausse des réserves a été enregistrée, liée à l’intensité des précipitations dans les zones de captation. Selon le ministère, ces niveaux sont les plus élevés depuis 1972, offrant à la fois des opportunités d’accumulation et des risques de débordement.Les autorités insistent sur la nécessité d’une gestion vigilante et ciblée. Même si la situation générale est favorable pour l’approvisionnement en eau potable et l’irrigation agricole, des investissements dans les infrastructures de régulation, le drainage et le suivi technique restent essentiels pour éviter tout déséquilibre ultérieur et garantir la résilience du système hydrique.