Barrages. Le Maroc retrouve un niveau de réserves inédit depuis 2018
Après sept années de sécheresse, les barrages marocains affichent 11,4 milliards de m³ d’eau stockés et un taux de remplissage de 68,5%, offrant une respiration stratégique pour l’alimentation en eau, l’agriculture et la gestion des risques climatiques.
Après plusieurs années de tension extrême sur la ressource en eau, le Maroc enregistre un net redressement de ses réserves hydriques. Au mardi 10 février 2026, les barrages du Royaume stockent 11,4 milliards de mètres cubes d’eau, portant le taux de remplissage global à 68,5%, un niveau jamais atteint depuis 2018. En un an, les volumes disponibles ont bondi de près de 147%, marquant un tournant dans la trajectoire hydrique nationale.Le Nord et le Centre-Ouest en première ligneLes bassins du Sebou, du Loukkos et du Bouregreg concentrent l’essentiel de cette reprise hydrique. Le Sebou affiche un taux de remplissage supérieur à 90%, soutenu par la performance des barrages Al Wahda, Idriss Ier et Allal El Fassi. Dans le Loukkos, les réserves frôlent la pleine capacité, tandis que le Bouregreg dépasse les 92%, sécurisant durablement l’approvisionnement de l’axe Rabat–Salé–Casablanca.Longtemps fragilisé par le stress hydrique, le bassin du Tensift affiche désormais un taux de remplissage supérieur à 82%. Dans le bassin de l’Oum Er-Rbia, les réserves atteignent plus de 41%, une progression significative même si le niveau demeure inférieur à celui des bassins du nord. La remontée des barrages structurants, tels que Bin El Ouidane ou Ahmed El Hansali, contribue toutefois à stabiliser la situation.À l’est, la Moulouya approche les 56%, confirmant une tendance haussière, tandis que le Souss-Massa, malgré des pressions agricoles élevées, dépasse les 54%, traduisant une amélioration réelle mais encore fragile.Dans le Sud et le Sud-Est, les bassins du Guir-Ziz-Rhéris et du Drâa-Oued Noun enregistrent une progression graduelle, avec des taux de remplissage respectifs d’environ 60% et 33%. Si ces niveaux restent modestes, ils témoignent d’un regain hydrique dans des zones structurellement exposées à l’aridité.