Fruits et légumes. Prix élevés mais correction attendue
À la veille du Ramadan, les fortes pluies et inondations ont perturbé temporairement l’acheminement des fruits et légumes vers les marchés, provoquant des tensions ponctuelles sur les prix, notamment de la tomate. Mais selon le président de la FIFEL, la production reste abondante et les hausses devraient s’estomper avec le retour à la normale des circuits logistiques.
À quelques jours du Ramadan, période marquée par une forte consommation de fruits et légumes, les récentes pluies et inondations ont suscité des inquiétudes sur l’approvisionnement et les prix. Si des hausses ponctuelles ont été observées, notamment sur la tomate, les professionnels appellent à la prudence dans l’analyse. Pour Lahoucine Aderdour, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la production et de l’exportation des fruits et légumes (FIFEL), le bilan global reste encourageant. « Ces pluies sont salvatrices. Leur impact est plus positif que négatif », affirme-t-il.Les intempéries ont provoqué des dégâts variables selon les régions. Dans certaines zones du Gharb, connues pour leurs cultures maraîchères et leurs agrumes, l’accès aux exploitations a été temporairement entravé par les inondations. « Les dégâts diffèrent selon les régions, mais globalement la production sera positive », assure le président de la FIFEL. Après plusieurs années marquées par la sécheresse, ces précipitations devraient, à moyen terme, soutenir les rendements et améliorer les perspectives de la campagne agricole.Des blocages logistiques à l’origine des hausses de prixLes tensions observées sur les marchés tiennent moins à un manque de production qu’à des difficultés d’acheminement. Routes impraticables, fermes inaccessibles, ralentissement du transport vers les marchés de gros : la chaîne logistique a été perturbée au moment même où la demande commence à s’intensifier à l’approche du mois sacré. « Le producteur ne peut parfois pas pénétrer dans sa ferme à cause des inondations. À cela s’ajoute le problème du transport vers les marchés », explique Lahoucine Aderdour. Cette désorganisation temporaire a réduit l’offre disponible sur certains étals, entraînant une hausse des prix.Le cas de la tomate illustre ce paradoxe. Le Souss, principal bassin de production hivernale, approvisionne près de 90 % des grands marchés durant cette période. Pourtant, malgré une production abondante, les difficultés logistiques ont freiné l’alimentation des circuits commerciaux. « La production est importante, la tomate est très présente. Le problème réside dans la difficulté d’alimenter les marchés », insiste-t-il.À l’international également, les intempéries ont laissé leur empreinte. Les orages ont entraîné l’arrêt temporaire de certaines traversées maritimes, occasionnant des retards pouvant atteindre cinq jours. Pour la FIFEL, ces épisodes confirment la nécessité d’adapter les infrastructures et la logistique aux effets croissants du changement climatique.Une correction attendue après les perturbationsMalgré les tensions observées à la veille du Ramadan, la fédération se veut rassurante. « Si les prix ont augmenté à l’heure actuelle, ils finiront par baisser en raison de l’abondance de l’offre », rappelle Lahoucine Aderdour, invoquant la loi de l’offre et de la demande.À mesure que les conditions météorologiques se stabiliseront et que les circuits de distribution retrouveront leur fluidité, l’offre importante devrait exercer une pression à la baisse sur les prix.En définitive, si les inondations ont provoqué des perturbations logistiques sensibles dans un moment clé de consommation, elles pourraient, à plus long terme, contribuer à consolider une campagne agricole jugée prometteuse par les professionnels.