Marocains du Monde. Le gouvernement veut transformer les transferts en investissements productifs
Aziz Akhannouch , Chef du gouvernement.

À Tanger, le Forum national sur « l’Investissement et les Marocains du Monde » place la diaspora marocaine au cœur de la stratégie économique du Royaume. Exécutif, institutions financières, acteurs territoriaux et secteur privé affichent une ambition commune : transformer les compétences et les capitaux des Marocains du Monde en un puissant levier de croissance, de création d’emplois et de développement régional.

Tanger a accueilli les 21 et 22 mai le Forum national sur « l’Investissement et les Marocains du Monde », organisé par le ministère de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des politiques publiques et le département des Marocains résidant à l’étranger relevant du ministère des Affaires étrangères.Placée sous le thème « Marocains du Monde : une contribution productive au développement du Royaume », cette rencontre intervient dans un contexte où le Maroc cherche à repositionner le rôle économique de sa diaspora, au-delà des seuls transferts financiers. Avec plus de 6 millions de Marocains établis à l’étranger et des transferts ayant dépassé 122 milliards de dirhams en 2025, les MRE constituent déjà un pilier important de l’économie nationale. Mais pour le gouvernement, l’enjeu consiste désormais à orienter davantage cette capacité financière vers l’investissement productif, créateur de valeur et d’emplois.Devant près de 300 participants, dont plus de 150 investisseurs Marocains du Monde, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a insisté sur la dimension stratégique de cette mobilisation. « L’intérêt porté aux Marocains résidant à l’étranger n’est ni circonstanciel ni ponctuel. Il s’agit d’un choix stratégique profondément ancré », a-t-il affirmé, rappelant que les Hautes Orientations Royales placent les Marocains du Monde au cœur du projet de développement du Royaume.Le Chef du gouvernement a également souligné que la contribution actuelle des MRE à l’investissement privé national reste limitée à environ 10 %, malgré leur poids économique et leurs compétences internationales. « Il s’agit aujourd’hui de transformer les transferts financiers en investissements productifs capables de créer de la richesse, de la valeur ajoutée et des emplois », a-t-il déclaré. Aziz Akhannouch a profité de cette rencontre pour mettre en avant les indicateurs macroéconomiques du Royaume, qu’il considère comme des signaux de confiance pour les investisseurs. Il a notamment cité l’accélération de la croissance économique à 4,8 % en 2025 contre 1,8 % en 2022, le recul de l’inflation à 0,8 %, ainsi que l’amélioration du déficit budgétaire et du compte courant.Le Chef du gouvernement a également rappelé les réformes engagées autour de la nouvelle Charte de l’investissement, présentée comme un levier central pour renforcer l’attractivité du Maroc. Depuis le début du mandat gouvernemental, la Commission nationale des investissements a approuvé 381 projets représentant près de 581 milliards de dirhams d’investissements et plus de 245.000 emplois directs et indirects.De son côté, le ministre délégué chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'Évaluation des Politiques publiques, Karim Zidane a insisté sur la volonté de créer un environnement plus fluide pour les investisseurs MRE. « Notre ambition est de faire du Maroc la destination naturelle des investissements des Marocains du Monde », a-t-il noté. Le ministre a particulièrement mis l’accent sur les nouveaux mécanismes d’accompagnement mis en place par son département pour simplifier le parcours des investisseurs issus de la diaspora. Parmi eux figure notamment le lancement du « Desk MDM » au sein de l’AMDIE, présenté comme une cellule permanente d’information, d’orientation et d’accompagnement des investisseurs marocains établis à l’étranger.
Karim Zidane, ministre délégué chargé de l'Investissement, de la Convergence et de l'Évaluation des Politiques publiques.
Karim Zidane a également annoncé la désignation de points de contact dédiés aux MRE au sein de chaque Centre régional d’investissement (CRI), afin d’assurer un suivi de proximité des projets et de mieux valoriser les opportunités offertes par les différentes régions du Royaume.Au-delà des discours institutionnels, le forum a surtout permis de mettre en avant la territorialisation de la politique d’investissement. Les douze CRI du Royaume étaient mobilisés à travers un espace dédié présentant les banques de projets régionales, les opportunités sectorielles et les dispositifs de financement disponibles localement.Les échanges ont également porté sur les nouveaux secteurs jugés stratégiques pour attirer les investissements des Marocains du Monde : automobile, aéronautique, batteries, énergies renouvelables, industrie pharmaceutique, économie verte, intelligence artificielle ou encore digitalisation.Le gouvernement mise aussi sur les grands projets structurants du Royaume, notamment ceux liés à la Coupe du Monde 2030, pour attirer davantage de capitaux et de compétences marocaines établies à l’étranger.