Marocains du Monde: « La diaspora marocaine représente un formidable réservoir de compétences » Mehdi Tazi
Alors que les transferts des Marocains du Monde atteignent des niveaux records, la CGEM veut désormais accélérer leur orientation vers des investissements productifs. En marge du Forum national de Tanger, Mehdi Tazi a plaidé pour une mobilisation plus forte des compétences, des réseaux et des capitaux de la diaspora afin d’accompagner la montée en puissance économique du Royaume.
En marge du Forum national sur « l’Investissement et les Marocains du Monde » tenu à Tanger, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, a expliqué que la diaspora constitue aujourd’hui « un moteur essentiel du développement et de la souveraineté économique du Royaume». Un potentiel déjà tangible, mais encore sous-exploité dans sa dimension d’investissement.En effet, les transferts des Marocains résidant à l’étranger ont atteint des niveaux records, estimés à plus de 122 milliards de dirhams. Pour Mehdi Tazi, ces flux témoignent avant tout de la solidité du lien entre le Maroc et sa diaspora, parfois installée à l’étranger depuis plusieurs générations. « Cela veut dire que le lien de génération en génération entre les Marocains et leur pays reste fort », a-t-il affirmé, estimant que les efforts engagés depuis plusieurs décennies ont permis de structurer et de stabiliser cette relation économique et humaine. Le président de la CGEM a salué les dispositifs déjà en place, citant notamment la présence des banques marocaines à l’international, les programmes d’accueil saisonniers ou encore l’opération Marhaba, qu’il qualifie de « très bien organisée et forte ».Selon lui, le Maroc dispose aujourd’hui de l’une des politiques de diaspora les plus avancées au niveau international : « la relation que nous entretenons avec les Marocains du monde est sophistiquée et probablement l’une des plus abouties au monde ». Mais cette reconnaissance n’exclut pas une marge de progression. « Bien sûr qu’on peut faire plus », a-t-il nuancé.Une nouvelle génération de talents à mobiliserAu-delà des flux financiers, Mehdi Tazi insiste sur un autre levier devenu central : les compétences. La diaspora marocaine est aujourd’hui composée d’une nouvelle génération de profils qualifiés, présents dans des secteurs stratégiques comme les énergies renouvelables, la technologie ou l’innovation.Pour lui, cette évolution change profondément la nature du rapport entre le Maroc et ses talents à l’étranger. Il ne s’agit plus uniquement de transferts financiers, mais aussi de transfert de savoir-faire, d’expertise et de réseaux.Dans cette perspective, la CGEM mise sur une stratégie d’accompagnement renforcé des entrepreneurs issus de la diaspora, en lien avec les autorités publiques et les partenaires institutionnels. L’objectif est de faciliter le parcours des investisseurs MRE et consolider la position du Maroc comme plateforme régionale d’investissement et hub technologique. « Les Marocains vivent à l’étranger, mais leur pays continue à se renforcer », résume Mehdi Tazi, appelant à une synergie plus forte entre institutions, secteur privé et partenaires internationaux pour transformer ce potentiel en projets concrets.Le président de la CGEM a surtout défendu une idée centrale : faire évoluer la nature des flux financiers issus de la diaspora. Il s’agit, selon lui, de passer progressivement d’une logique de solidarité familiale à une logique d’investissement productif, créateur de valeur ajoutée et d’emplois.Une transformation qui ne part pas de zéro, mais qui doit désormais franchir un nouveau cap pour répondre aux ambitions économiques du Royaume. En conclusion, Mehdi Tazi estime que les fondations sont déjà solides, mais que l’enjeu réside désormais dans l’accélération.